Les théâtres

Théâtre de la Contrescarpe 

© Fabienne Rappeneau
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Temporairement fermé
Nous sommes actuellement fermés en raison de l'épidemie.
Pour toute demande d'information, merci de nous contacter par mail : contact@theatredelacontrescarpe.fr
Nous serons ravis de vous accueillir au Théâtre de la Contrescarpe, dès que cela sera à nouveau possible !
En attendant, portez-vous bien !

5 rue Blainville 75005 Paris
 

T : 01 42 01 81 88

Directrice Artistique : Maud MAZUR

Directeur : Dominique GOSSET

Inscrit dans un environnement vivant, intellectuel, chargé d’histoire, à deux pas du Panthéon, du Jardin du Luxembourg, de la Sorbonne,… le Théâtre de la Contrescarpe met à l’honneur le théâtre contemporain (historique, philosophique, sociétal, jeune public…), avec une sélection exigeante de spectacles tous publics !

Le Théâtre de la Contrescarpe abrite et participe également à la création d’œuvres théâtrales inédites. 

 

L’intimité avec le public et l’acoustique sont particulièrement appréciées, en théâtre, mais aussi lors des spectacles musicaux et concerts ! Musique baroque, concerts internationaux de guitare Fingerstyle, artistes Pop/Rock,… ont déjà choisi le Théâtre de la Contrescarpe pour des représentations exclusives ! (Imany, Oldelaf, Ben Mazué, Austin Brown…)

 

Le Théâtre de la Contrescarpe, écrin rouge et noir de 110 places, se niche dans une petite rue pittoresque du quartier mythique du Quartier Latin et de la rue Mouffetard.

La presse parle du Théâtre de la Contrescarpe

picto De la cour au jardin

Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo !

Une très jolie fable à la fois drôle et écologique !

Naincroyable mais vrai ! C'est Nainporte quoi ! Rien ne va plus au Pays des contes ! 
Tel est le constat que sont obligés de dresser Atésouhè, Eduquenate et Ravi, trois nains, dont un qui est géant. Si si...

Arrivant sur le plateau de manière tout à fait naintempestive, ils vont... Lire plus

Naincroyable mais vrai ! C'est Nainporte quoi !
Rien ne va plus au Pays des contes !



Tel est le constat que sont obligés de dresser Atésouhè, Eduquenate et Ravi, trois nains, dont un qui est géant. Si si...

Arrivant sur le plateau de manière tout à fait naintempestive, ils vont constater un phénomène jusqu'alors nainpensable : Blanche-Neige ne peut plus se réveiller !

Il faut donc enquêter !



L'infâme Toutéfini a encore fait des siennes. Il a refilé à la méchante sorcière un pesticide qui rend les pommes empoisonnées toutes bleues, empêchant tout réveil d'une bienaimée par un quelconque prince, fût-il charmant...



Mais s'il n'y avait que cela...
Ariel, vous savez, la petite sirène, Ariel ne peut plus remonter à la surface...
L'ignoble Toutéfini, encore lui, a vendu à Eric, le chéri d'Ariel, un projet de décharge dans les océans.
Dorénavant, ce sont des tonnes de déchets de PVC et de matière plastique qui polluent les eaux marines...



Mais ce n'est pas tout !
Ce décidément scélérat Toutéfini a réussi à faire en sorte que Pinocchio ne puisse sortir de son corps de bois.
Il a vendu à son créateur une gigantesque usine rejetant des tonnes et des tonnes de dioxyde de carbone et autres vapeurs toxiques.

Plus de contes, donc !


Sans ces histoires, les enfants seront-ils réduits à regarder en bloucle Cyril Hanounain ?

Vous l'aurez compris, c'est une très jolie fable à la fois drôle et écologique qui attend petits et grands à la Contrescarpe.


Fanny Roche a concocté la base de ce texte militant (l'écriture plateau a fait le reste), un texte qui parle aux têtes plus ou moins blondes à partir de cinq ans, ainsi qu'à leurs accompagnants en raison des nombreux degrés de lecture proposés.

Par le biais des personnages et des situations auxquelles ils sont confrontés, un vrai message passe.
Nous allons donc beaucoup rire.
Les trois comédiennes et comédien Carole Borderieux, Pauline Prévost et le très costaud Quentin Morillère sont excellents, à incarner tous les personnages, nains ou pas, de ce spectacle.
Dans des costumes très réussis, visuellement très beaux, ils déclenchent souvent l'hilarité générale, pour mieux enfoncer le clou écologique.

Les contrastes entre eux, les oppositions de caractère, de taille, de voix, tout ceci fait mouche.
Augustes et clown blanc, le trio fonctionne à merveille !
Les trois camarades s'amusent beaucoup sur le plateau, c'est évident. De beaux moments de comédie émaillent cette heure de spectacle.

Ils nous régalent également d'un RAP engagé :
« Pas de plastique
Dans l'Océan atlantique, 
Pas de déchets,
Dans la Méditerranée ! » Yo man !

Bien entendu, la résolution finale viendra donner une lueur d'espoir, concluant de bien belle façon le message pédagogique adressé mine de rien aux petits.

Très subtilement, sans avoir l'air d'y toucher, on nous a parlé de l'hyper-capitalisme qui conduit au dérèglement climatique de notre planète.
 
La méchante sorcière adoptera donc un comportement écologiquement très responsable. Je vous laisse évidemment découvrir cette hilarante conclusion.

J'ai donc passé une excellente après-midi dans laquelle petits et grands, tous captivés, ne perdent pas une miette de ce qui se joue sur scène.
On entendait les mouches voler, tout le monde riait de bon cœur aux bons endroits, une vraie complicité s'installant très vite entre le public et les comédiens.



Je vous recommande chaudement ce spectacle qu'il serait d'ailleurs dommage de laisser aux seuls petits !

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Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo !

Trouvailles scénaristiques, dialogues cocasses et inventivité tant de la scénographie que des costumes !

Pourquoi Blanche Neige ne se réveille Pas ? Le théâtre pour enfant est un exercice si ce n’est périlleux, à tout le moins délicat. Je parle bien ici de théâtre et non de cirque. Faire le clown en multipliant gags, chutes et guignoleries est une chose. Maintenir l’attention... Lire plus

Pourquoi Blanche Neige ne se réveille Pas ?
Le théâtre pour enfant est un exercice si ce n’est périlleux, à tout le moins délicat. Je parle bien ici de théâtre et non de cirque. Faire le clown en multipliant gags, chutes et guignoleries est une chose. Maintenir l’attention du jeune public et distiller un message à sa portée mais porteur de sens en est une autre. Les plus grands auteurs d’une littérature parfois trop rapidement qualifiées d’enfantine étaient détenteurs de ce talent-là. De La Fontaine à Perrault en passant par Grimm, ils savaient tenir le lecteur en haleine et dire quelque chose de leur époque, du monde dans laquelle leurs personnages évoluaient. Leurs textes étaient empreints d’une dimension sociale et sociétale et c’est dans leurs pas que cette sympathique et joyeuse équipe pose ses pieds, avec humilité, drôlerie et fraîcheur.
Proposer une énième adaptation d’un conte connu de tous eut été une entreprise louable mais… rebattue. Ici, l’auteur et les deux metteurs en scène mêlent subtilement plusieurs histoires où tout est partie en vrille. Plus rien ne fonctionne, le rêve a refermé ses paupières au grand dam des petits comme des plus grands. On ne s’ennuie pas une seule seconde à suivre les aventures de trois nains qui tentent désespérément de ranimer une Blanche Neige tombée dans le piège non pas d’une sorcière jalouse, mais comme nous tous, dans celui de la… surconsommation.
L’écologie au cœur du récit, est abordée sans grandiloquence, pour mettre le spectateur devant ses responsabilités individuelles et collectives, tout particulièrement le jeune enfant à qui il est grand temps d’insuffler une pédagogie et une prise de conscience qui manquèrent cruellement aux générations qui l’ont précédé.
On se surprend à rire à gorge déployée tant les trouvailles scénaristiques, les dialogues cocasses et l’inventivité tant de la scénographie que des costumes absolument hilarants, nous embarquent dans l’univers des contes où tout fout le camp. Mais peut-être n’est-il pas encore trop tard ? Les méchants pollueurs –qui sont eux mais que nous sommes aussi à notre échelle- auront-ils encore le temps d’inverser la flèche du temps pour sauver ce qui peut l’être ? La pièce ne répond bien entendu pas à la question mais présente le mérite incommensurable de la poser. La Fontaine s’en serait sans doute amusé tout comme il en aurait salué l’ambition, à n’en point douter, messeigneurs.
Le pitch : La planète des contes s'est détraquée... et les héros n'arrivent plus à finir leurs histoires. Les nains mènent l'enquête...
Au Pays des contes, les histoires vont bon train. Chacune se répète invariablement, pour le plus grand bonheur de ses jeunes lecteurs. Un jour, alors que les personnages vivent tranquillement leurs aventures, survient un drame : Blanche Neige ne se réveille pas... du tout !
L'histoire ne peut pas se terminer : ni prince charmant, ni joyeuse noce, ni " ils vécurent heureux et eurent beaucoup... ". L'un après l'autre, les contes s'arrêtent : la Petite Sirène ne remonte plus à la surface, la Fée Bleue reste coincée dans les nuages, Pinocchio est prisonnier de son corps en bois...
Affolés par cette situation, les nains de Blanche Neige décident de résoudre au plus vite les problèmes qui détraquent leur belle planète. Avec l'aide des lecteurs, sauront-ils à mener à bien leur enquête, relever les défis, et libérer les héros ?
Un indice : les solutions seraient d'ordre écologique...
David Fargier – Vents d’Orage

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Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo !

Une pièce de théâtre engagée, sensible et drôle pour tous !

Une pièce de théâtre engagée: "Pourquoi Blanche Neige" ne se réveille pas La pièce jouée au Théatre de la Contrescarpe à Paris offre un voyage au pays des contes, celui de Pinocchio, de la Petite Sirène et de Blanche Neige. Mais c’est une tragédie:... Lire plus

Une pièce de théâtre engagée: "Pourquoi Blanche Neige" ne se réveille pas
La pièce jouée au Théatre de la Contrescarpe à Paris offre un voyage au pays des contes, celui de Pinocchio, de la Petite Sirène et de Blanche Neige. Mais c’est une tragédie: l’éco- système du pays est complètement bouleversé !  Trois nains sur sept de Blanche-Neige ne supportent plus cette situation et décident de résoudre les problèmes qui détraquent leur belle Planète. Questionnements, enquêtes, expériences en temps réel…



Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas, en résumé
Les deux nains Éduquenat et Atessoué se préparent à partir au boulot. Éduquenat envoie Atessoué dire à Blanche Neige que c’est l’heure de recommencer l’histoire. 
Il revient paniqué avec un mot signé du Prince : 
“ Impossible de la réveiller malgré tous mes efforts ! Mes baisers ne fonctionnent pas, j’ai les lèvres gercées, je rentre au Château !” 
Les deux frères réalisent aussi que la petite sirène n’est pas remontée à la surface, coincée sous une masse de choses étranges, et que Pinocchio attend la Fée bleue perdue dans des nuages très bizarres et nauséabonds. Au même moment arrive Ravi, leur frère, lui aussi affolé. Il a étonnamment grandi pendant la nuit et est devenu nain géant : ses habits sont carrément trop petit pour lui ! Quand ils réalisent qu’il a mangé le cageot de pommes de Blanche Neige, ils comprennent qu’il y a un problème avec celles-ci.  En interrogeant la sorcière, ils découvrent qu’elle a été démarchée il y a plusieurs mois par l’engrais TOUTESTFINI, et qu’elle arrose depuis ses pommiers avec. À la suite de cet aveu, les trois nains décident de mener l’enquête. Qui est ce TOUTESTFINI ? D’où vient-il ? Comment réparer le Pays des contes pour qu’ils continuent de nous être racontés ? 



Une pièce de théâtre sensible et drôle, pour tous
A travers une actualisation « environnementale » des contes de Blanche-Neige, de La Petite Sirène et de Pinocchio, la compagnie ‘le vent se lève il faut vivre »   met en lumière les différents problèmes écologiques. Elle les rend accessibles aux enfants, sans les culpabiliser. Comme l’expliquent Emilie Letoffe et Amandine Rousseau, co-metteures en scène :« Les enfants n’y sont pour rien dans le monde actuel. Nous pensons que c’est l’amour pour la planète qui fait agir, et non un fatalisme contraint. » 
Elles ajoutent que le message qu’elles souhaitent faire passer est le suivant: « nous appartenons à la Terre » et non « La Terre nous appartient ».

 

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Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo !

Comédie tonique et engagée ! Efficace !

Blanche-Neige, la Petite sirène et la Fée bleue luttent contre des pesticides, détritus et autre pluies acides. Un spectacle écolo actuellement à l’affiche au théâtre de la Contrescarpe (Ve). Blanche-Neige a mangé une pomme aux pesticides toxiques. La Petite sirène est... Lire plus

Blanche-Neige, la Petite sirène et la Fée bleue luttent contre des pesticides, détritus et autre pluies acides. Un spectacle écolo actuellement à l’affiche au théâtre de la Contrescarpe (Ve).


Blanche-Neige a mangé une pomme aux pesticides toxiques. La Petite sirène est bloquée au fond de l’océan par un magma de détritus en plastique. La Fée bleue se retrouve coincée sous les pluies acides. Décidément, rien ne va plus au pays des contes !


Trois nains vont donc tenter de débloquer cette ignoble situation. Les petits spectateurs ne manquent pas, eux non plus, de venir en aide aux personnages en répondant à leurs questions. Les décors et surtout les costumes sont très réussis.

Cette comédie tonique et engagée de la compagnie Le Vent se lève, qui aborde les thèmes du recyclage et de l’amour de la planète, ne manque ni d’humour, ni de musique. Pour preuve, ce petit rap qui fait mouche : « Pas de plastique/Dans l’océan Atlantique/Pas de déchets/dans la Méditerranée ». Efficace.

Note de la rédaction : 4/5

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Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo !

Une façon très intelligente, subtile et instructive de nous éveiller à l’écologie !

Pourquoi Blanche neige ne se réveille pas? Théâtre de la contrescarpe   Naincroyable mais vrai ! C'est Nainporte quoi ! Rien ne va plus au Pays des contes ! Tel est le constat que sont obligés de dresser Atésouhè, Eduquenate et Ravi, trois nains, dont un... Lire plus

Pourquoi Blanche neige ne se réveille pas? Théâtre de la contrescarpe

 

Naincroyable mais vrai ! C'est Nainporte quoi !

Rien ne va plus au Pays des contes !

Tel est le constat que sont obligés de dresser Atésouhè, Eduquenate et Ravi, trois nains, dont un qui est géant. Si si... Arrivant sur le plateau de manière tout à fait naintempestive, ils vont constater un phénomène jusqu'alors nainpensable : Blanche-Neige ne peut plus se réveiller !

Il faut donc enquêter !

”Pourquoi Blanche neige ne se réveille pas” est un très joli spectacle pour enfants, mis en scène par Amandine Rousseau et Emilie Letoffe, fait pour plaire également aux adultes. Il est très agréable de passer d’un conte à l’autre afin de mener l’enquête et de régler les problèmes écologiques du pays des contes.

Une façon très intelligente, subtile et instructive de nous éveiller à l’écologie et l’arrivée de Sami est une très belle idée.

Je ne savais pas que le plastique était un dérivé du pétrole (oups), par exemple.

Cette proposition théâtrale est belle. Le rythme est soutenu et les comédiens ont une énergie folle.

Le spectacle idéal pour une après-midi de vacances scolaires au théâtre de la contrescarpe. Nainpossible de manquer ça !

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Pourquoi Blanche Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo !

Les messages sont posés avec humour et pédagogie dans ce joli conte !

Tout comme l’offre théâtrale dans son ensemble, les propositions de spectacles pour enfant sont très nombreuses à Paris et en Ile-de-France. Toutefois, bien qu’ayant gardé une part d’âme de grande enfant, il est rare qu’ils éveillent ma curiosité. Cela a pourtant... Lire plus

Tout comme l’offre théâtrale dans son ensemble, les propositions de spectacles pour enfant sont très nombreuses à Paris et en Ile-de-France. Toutefois, bien qu’ayant gardé une part d’âme de grande enfant, il est rare qu’ils éveillent ma curiosité. Cela a pourtant été le cas de « Pourquoi Blanche-Neige ne se réveille pas ? et autres contes recyclables », appréciant d’une manière générale que l’on s’amuse et que l’on prenne des libertés avec ces histoires qui ont bercé mon enfance (et sans doute la vôtre). J’avais ainsi dévoré avec délectation le livre « Politiquement correct : contes d’autrefois pour lecteurs d’aujourd’hui » il y a quelques années. Traitant d’une nouvelle forme de politiquement correct qu’est aujourd’hui devenue la question environnementale, cette pièce visant à sensibiliser petits et grands à l’écologie avec humour et malice m’a donné envie de (re)venir au Théâtre de la Contrescarpe.

Dès l’extinction des lumières côté public, nous sommes plongés dans l’antre des nains de la plus célèbre mangeuse de pommes de l’univers des contes (bien avant la campagne politique d’un certain Jacques dans les années 1990), qui, malgré toute l’énergie déployée par le prince, semble ne pas vouloir se réveiller, tandis qu’un de ses 7 colocataires s’est transformé en géant. Rien ne va plus donc, et les nains (ou ex-nains) mènent l’enquête pour comprendre l’origine de ces fâcheux dysfonctionnements.

Consultant le livre des contes (version 2.0), ils découvrent que d’autres contes sont victimes de l’horrible erreur 404 et sont ainsi bloqués sans espoir apparent de résolution. Ils vont donc retrousser leurs manches et partir en voyage pour comprendre ce qui se passe et trouver des solutions. Ils croiseront ainsi la sorcière et sa méthode pour accroître le rendement de ses champs de pommiers, la petite sirène coincée par un déferlement de plastique à l’entrée de sa grotte, la fée bleue, Bob l’éponge et autres personnages tous coincés dans un immense complot qui semble être l’œuvre d’un certain « Toutéfini ».

Les 3 comédiens nous entraînent ainsi dans leurs aventures rocambolesques, sur la base d’un texte bien construit, écrit par Fanny Roche, faisant la part belle aux jeux de mots et aux références pour les petits et les grands. Caroline Borderieux est excellente sous le bonnet de lutin d’Eduquenat, canalisant ses compagnons tout en sachant les surprendre lorsqu’elle se lâche pour un rap des océans « incorayable », Amandine Rousseau nous fait bien rire en petite sirène reine « d’instacrabe » et Quentin Morillère en nain de la taille de Gulliver mais aussi en tante maléfique repentie ou chef d’atelier fourbe. Les messages incitant à consommer moins de plastique, de pesticides et de pétrole sont posés avec humour et pédagogie dans ce joli conte où tout est bien qui ne fait que commencer… puisque c’est aux spectateurs de continuer en adoptant les bons gestes.

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Fausse Note

Un tête-à-tête fiévreux se met en place dans cette pièce à suspense...

France Culture

Fausse Note

Sans fausse note !

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Fausse Note

La salle, captée, vit le suspens et les retournements. C’est bouleversant. Et jouissif.

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Fausse Note

Un vrai thriller (…). À chaque phrase, on se dit qu’est-ce qui va se passer ?

Logo BFM

Fausse Note

L’intrigue est excellente, rondement menée.

Logo Théâtral magazine

Fausse Note

Intéressant, intense, fiévreux, mis en scène avec rigueur et exigence.

logo Le Dauphine

Fausse Note

On ne ressort pas indemne de ce spectacle.

Fausse Note

Un face à face saisissant.

Fausse Note

Un thriller haletant.

Logo-Critikator

Fausse Note

Un formidable jeu de piste qui mérite un 10 sur 10.

Logo Paris Match

Fausse Note

Du grand art !

Logo Toute la culture

Fausse Note

Un duel aussi fascinant que délétère, à l’intrigue puissante !

« Fausse note » : un thriller haletant au théâtre de la Contrescarpe Un duel aussi fascinant que délétère, à l’intrigue puissante digne d’Harold Pinter.   Didier Caron, qui nous a habitués aux comédies jusqu’alors, nous surprend ici avec ce... Lire plus

« Fausse note » : un thriller haletant au théâtre de la Contrescarpe

Un duel aussi fascinant que délétère, à l’intrigue puissante digne d’Harold Pinter.
 
Didier Caron, qui nous a habitués aux comédies jusqu’alors, nous surprend ici avec ce drame psychologique mené tambour battant.
 
Hans Peter Miller (Pierre Azéma), illustre Chef d’orchestre du Philharmonique de Genève, de renommée internationale, rentre dans sa loge exaspéré à la fin d’un concert car les musiciens étaient médiocres.  Il a pour ambition de rentrer chez lui et de retrouver sa femme pour dîner mais c’est sans compter sur l’apparition d’un admirateur obséquieux et insistant qui tient absolument à féliciter le Maître. 
 
Nous sommes en 1989, peu après la chute du mur de Berlin. Le visiteur dit s’appeler Léon Dinkel (Pierre Deny), venu spécialement de Belgique et demande une photo dédicacée : il promet une « soirée inoubliable ».
 
Partant d’une scène a priori anodine, on se retrouve progressivement happé dans un huis clos machiavélique. L’intensité dramatique monte crescendo et les deux personnages se dévoilent à tour de rôle. 
 
Dinkel semble connaître tous les détails de la vie du chef d’orchestre et lui offre un cadeau qui va le faire replonger dans un passé enfoui. Qui est ce visiteur oppressant? Quel est l’objet de sa visite? Que cherche-t-il? Pourquoi s’acharne-t-il sur Peter Miller et que va-t-il en ressortir?
C’est brillant, bien mené avec des retournements de situation ingénieux sur fond de musique classique. «Si tu veux savoir où habite Dieu, écoute Mozart»

Les rapports de force vont s’inverser et les coups de théâtre se succéder.  Après avoir vu cette pièce, vous n’écouterez plus une petite musique de nuit comme avant… Ce spectacle nous parle de musique classique, de pères et de leurs fils, de vengeance et de pardon mais aussi du devoir de mémoire et de la responsabilité de nos choix et de nos actes.
 
Vous n’en ressortirez pas indemne, on vous aura prévenus.

 

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Fausse Note

Une pièce d’une grande intensité, interprétée avec brio !

Le Théâtre de la Contrescarpe propose souvent une programmation à la fois originale et éclectique, avec une exigence de qualité forte, ce que confirme la reprise de Fausse Note, pièce de Didier Caron créée en 2017 au Théâtre Michel (qu’il dirigeait alors avant de le... Lire plus

Le Théâtre de la Contrescarpe propose souvent une programmation à la fois originale et éclectique, avec une exigence de qualité forte, ce que confirme la reprise de Fausse Note, pièce de Didier Caron créée en 2017 au Théâtre Michel (qu’il dirigeait alors avant de le vendre en 2018, mais passons sur la biographie de l’auteur qui n’est pas le réel sujet de cette chronique). Forte de son succès sans hiatus musical, le spectacle se joue donc avec une nouvelle distribution, à savoir Pierre Azéma dans le rôle du chef d’orchestre de renommée mondiale H.P. Miller et Pierre Deny dans celui de son mystérieux admirateur Léon Dinkel. Soit 2 pierres angulaires pour porter ce duel au sommet avec la force de véritables rocs (oui, mon humour du dimanche soir est discutable, j’en conviens).

La scène se déroule donc à huis clos dans la loge de H.P. Miller, sortant de concert furieux contre ses musiciens ne s’étant pas montrés à la hauteur de sa très forte exigence. Pressé de rentrer chez lui retrouver sa femme, il va recevoir la visite inattendue d’un homme qu’il ne connaît pas. Lequel se montre d’abord très affable, lui demandant un simple autographe, avant de revenir quelques minutes plus tard, toujours très souriant, pour obtenir également qu’il pose sur une photo. L’on devine rapidement, qu’a l’instar d’un célèbre inspecteur, Léon Dinkel et son imperméable ne vont pas s’en tenir à ces deux petites incursions en loge et que l’homme a encore un certain nombre de questions et/ou de révélations à faire sur les vraies raisons de sa présence.

S’ensuit un face à face réellement haletant, d’où surgiront, l’on s’en doute, des vérités enfouies. Mais où l’on verra surtout la maestria des 2 hommes dans l’art de mener autrui à la baguette. Et à chaque retournement de situation, de nouvelles surprises surviendront, sans que l’on ne parvienne à anticiper qui sortira vainqueur, à la fois de l’autre et de ses propres démons. Une pièce d’une grande intensité, interprétée avec brio, et dont personne ne sort totalement indemne, et surtout pas le public. Un grand moment de théâtre pour finir votre journée sur une note juste et poignante.

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Fausse Note

Une interprétation magistrale !

Pour sa première incursion dans le registre dramatique, Didier Caron, auteur de comédies à succès, ne choisit pas la facilité avec l'opus "Fausse note" conçu comme un face-à-face sous haute tension qui ne ressort pas au théâtre de conversation mais au drame. Sur fond de... Lire plus

Pour sa première incursion dans le registre dramatique, Didier Caron, auteur de comédies à succès, ne choisit pas la facilité avec l'opus "Fausse note" conçu comme un face-à-face sous haute tension qui ne ressort pas au théâtre de conversation mais au drame.

Sur fond de résurgence du passé, ce drame en un huis-clos tragique est délivré comme un thriller autour de la dialectique du bourreau et de la victime et des dualismes y afférant telles vengeance ou pardon, résilience ou ressassement, responsabilité ou culpabilité, oubli ou déni, mettant les concepts moraux à l'épreuve de la réalité sensible.

Respectant la règle classique des trois unités et bien menée en termes de de cohérence fictionnelle et de gestion du suspense, la partition met en présence deux personnages douloureux, douleur de chaque instant pour l'un, par bouffée traumatique pour l'autre.

Tout commence mezzo-voce avec, à l'issue d'un concert, un admirateur mélomane, dont le comportement singulièrement insistant va revêtir une inquiétante étrangeté, qui s'incruste dans la loge d'un chef d’orchestre de renommée internationale et se révèle investigateur, procureur et juge à titre personnel en quête d'une révélation qui va se décliner de crescendo en confrontation violente.

Dans la mise en scène sobre de Didier Caron et Christophe Luthringer, deux comédiens au talent et à la puissance expressive comparables s'affrontent avec une intense présence physique et un jeu incarné.

Pierre Deny campe le visiteur apparemment inoffensif qui, une fois sa proie ferrée, ne la lâchera pas même si sa démarche court à leur perte commune et Pierre Azéma s'avère magistral en personnalité publique obséquieuse dont la superbe se délite au fil des preuves rapportées.

Une interprétation magistrale pour un époustouflant pas de deux mortifère.

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Fausse Note

Un grand moment de théâtre, profond, sensible et nécessaire !

Le rideau se lève sur la loge du chef d'orchestre H. P. Miller, nommé à la tête du philharmonique de Berlin pour remplacer le grand Herbert Von Karajan. Avec fracas, Léon Dinkel entre dans la loge à la fin du concert donné à Genève. Grand admirateur du chef d'orchestre, il s'impose... Lire plus

Le rideau se lève sur la loge du chef d'orchestre H. P. Miller, nommé à la tête du philharmonique de Berlin pour remplacer le grand Herbert Von Karajan.
Avec fracas, Léon Dinkel entre dans la loge à la fin du concert donné à Genève. Grand admirateur du chef d'orchestre, il s'impose avec insistance.
Son admiration devient rapidement oppressante, ne serait-elle qu'un prétexte ?
Mais pourquoi ?

La tension monte crescendo dans la loge du chef d'orchestre.
Dans un suspens haletant, les questions se bousculent. Que veut cet homme ? Est-il vraiment qu'un simple admirateur ?

Didier Caron construit un huis clos angoissant qui tient le spectateur en halène jusqu'aux dernières répliques.
La rencontre de ces deux hommes qui n'arriveront pas à accorder leurs violons touche par la profondeur du propos.

Le passé et le présent se confrontent sur fond de notes de musique qui illuminent l’indicible.
Didier Caron donne un visage humain à L'Histoire et joue sur les accords et désaccords de jeunes hommes qui se sont construit sur des blessures.

Pierre Azéma et Pierre Deny interprètent sans fausse note une partition qui mêle l'intime à la grande histoire.
Un grand moment de théâtre, profond, sensible et nécessaire !

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Fausse Note

MAESTROSO. « Fausse note » est un spectacle remarquable.

« FAUSSE NOTE » : MAESTROSO CRITIQUE. « Fausse note », écrit par Didier Caron, mis en scène par Didier Caron et Christophe Luthringer, assistés par Bénédicte Bailby, avec Pierre Deny et Pierre Azema. Au théâtre de la Contrescarpe du mercredi au samedi à 21h... Lire plus

« FAUSSE NOTE » : MAESTROSO

CRITIQUE. « Fausse note », écrit par Didier Caron, mis en scène par Didier Caron et Christophe Luthringer, assistés par Bénédicte Bailby, avec Pierre Deny et Pierre Azema. Au théâtre de la Contrescarpe du mercredi au samedi à 21h jusqu’au 4 janvier 2020.

« Fausse note » est un spectacle remarquable. Didier Caron et Christophe Luthringer ont trouvé ce point de bascule indéfinissable, qui place une œuvre à l’endroit juste, où l’émotion, le rythme, le texte, le jeu et l’espace scénique se rencontrent exactement, et fusionnent par un phénomène de l’ordre de l’attraction, de la gravité, voire de la nécessité.

C’est un travail d’horloger : le dispositif est si parfaitement pensé que le mécanisme théâtral, qu’on prête souvent au mystère, s’enclenche, et pas seulement par magie. Didier Caron entendait proposer une « nouvelle version, plus poignante, plus juste, exactement ce que je cherchais et que je n’avais pas encore trouvé. » Qu’on ait ou non assisté à cette progression dans le processus de création, on assiste à la Contrescarpe à un accomplissement, au sens glorieux non plus de l’éclosion, mais de la maturité.

« Fausse note » propose une synthèse impeccable des dispositifs théâtraux, sans prétention, sans provocation, sans exagération des formes. Moderne sans verser à outrance dans la contemporanéité, sorte d’œuvre « semi-bourgeoise » à mi-chemin entre le divertissement et une démarche esthétique populaire au sens anobli par Vilar et Barthes, la pièce ne boude aucun des plaisirs d’aucun des publics. C’est un petit exploit.

J’ai rapidement lâché mon calepin et mon crayon, et, chose rare, je n’ai plus vu des acteurs jouer, j’ai cessé d’adhérer à un décor, d’épier les astuces scénographiques, d’apprécier les effets lumineux, et j’ai passé un de ces moments de gaieté théâtrale à me laisser surprendre et embarquer, séduite et confiante. La dramaturgie repose sur l’effet de surprise, le rebondissement, et le suspense. C’est pourquoi il faut éviter d’être un spectateur averti.

Le rythme, crescendo, n’essouffle ni les comédiens, ni le texte, ni un public haletant et avide. La tension est sensible, parfaitement entretenue par Pierre Deny et Pierre Azema. Ils forment un duo qui doit tenir d’une complicité plus que professionnelle. Les passes d’arme oratoires sont comme chorégraphiées : « Fausse note » est de ces textes pensés comme des partitions, qui jouissent de cette force musicale qui sous-tend l’élan dramaturgique en lui prêtant la balance des andante et des allegro, et en garantissant la mélodie des dissonances.

Se rendre à la Contrescarpe à 21h un jeudi, vendredi, samedi ou dimanche à 16h30 c’est l’occasion de vous offrir, pendant une heure et demie, le confort bien rare du lâcher prise. Il n’y a pas la moindre raison de résister aux invitations de Didier Caron, Christophe Luthringer et de leurs deux Pierre de comédiens. Laissez-vous porter.

C’est même l’occasion, et c’est moi qui vous y invite, d’emmener cette personne de votre entourage qui résiste encore au genre théâtral ; qui en a un souvenir scolaire douloureux ; qui en a une idée à la fois trop classieuse et trop artificielle. « Fausse note » est une création populaire, accessible, simple et qui fait de la sobriété de sa mise en scène un parti pris d’élégance -ce qui n’est l’apanage ni de l’érudition, ni de la complexité, ni d’aucune forme d’élitisme. Bien au contraire.

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Un pur régal théâtral !

Cette semaine, je vous parle de la pièce de théâtre « Fausse note », écrite par Didier Caron, mise en scène par ce dernier et Christophe Luthringer, et interprétée par Pierre Azéma et Pierre Deny, au Théâtre de la... Lire plus

Cette semaine, je vous parle de la pièce de théâtre « Fausse note », écrite par Didier Caron, mise en scène par ce dernier et Christophe Luthringer, et interprétée par Pierre Azéma et Pierre Deny, au Théâtre de la Contrescarpe(Paris 5e).
 
À la fin d’un de ses concerts, le chef d’orchestre renommé H. P. Miller reçoit la visite d’un de ses admirateurs, Léon Dinkel. D’abord fan un brin envahissant, il devient l’homme omniscient inquiétant.
 
En toute honnêteté : Je me rendais à cette représentation à reculons car j’ai quelques difficultés avec les pièces d’époque. Je redoute le côté poussiéreux qu’elles peuvent dégager. Mais ici, l’idée de voir Pierre Deny sur scène avait attisé ma curiosité.
Dès les premières secondes, avec l’arrivée de Pierre Azéma sur scène interprétant ce chef d’orchestre qui en impose, toutes mes craintes se sont envolées comme par magie. Et les 90 minutes qui ont suivi n’ont jamais cessé d’être un pur régal théâtral !
La mise en scène de Didier Caron et Christophe Luthringer est totalement fluide et va droit au but. Le rythme installé est soutenu mais n’enferme pas les comédiens dans une mécanique redondante. Elle met en valeur les comédiens et le texte tout en mettant l’être humain au centre de ce spectacle.
 
Si Didier Caron traite d’une époque à la cruauté innommable, sa plume n’est jamais lourde ou moralisatrice. Au contraire, elle est minutieusement dosée pour rester accessible et limpide. Allez, n’ayons pas peur des mots, le texte de Didier Caron est tout bonnement génial, parsemé de pépites çà et là pour nourrir nos réflexions personnelles.
 
Je vais faire quelque chose de très rare sur le blog en détaillant la distribution, mais comment ne pas en parler ?!
Pierre Azéma interprète donc ce chef d’orchestre à la renommée internationale, H. P. Miller. Cet homme respecté n’a plus rien à prouver à personne, il est magistral, son charisme est au zénith. Mais au fur et à mesure que l’intrigue avance, Pierre Azéma nous livre un homme inquiet, fragile et désarçonné.
Pierre Deny incarne ce mélomane belge un peu lourd, Léon Dinkel. D’abord terriblement drôle, notamment dans sa maladresse volontaire, le voile de mystère qu’il installe progressivement le fait basculer dans un registre inquiétant, même dérangeant.
Ce duo d’acteurs nous donne une belle leçon de théâtre avec cette performance. Leur jeu m’a touchée en plein cœur par la précision de leurs intentions, l’interprétation authentique de chaque mot et geste, et encore plus par leur humanité.
Leurs partitions se complètent à merveille. Ils créent dans ce face à face un équilibre d’une telle harmonie que la tension qui en nait est palpable pour le spectateur.
Je ne peux que vous conseiller cette pièce remplie d’émotions et de justesse, « Fausse note », qui a été pour moi un total coup de cœur !
Pour l’anecdote, en sortant du Théâtre de la Contrescarpe, je me suis fait la réflexion que c’était pour des moments de théâtre comme ceux-ci que j’avais créé le blog.

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La pièce remue des principes universels tout en déclinant une histoire palpitante.

Fausse Note "Au bout de la baguette, la vérité éclatera toujours" Et si le génie adulé par le public était en réalité un monstre ? On trouve parfois charmante une personne dont on ne connait ni toutes les facettes ni la biographie. C'est cet amer constat que fait Didier Caron, l'auteur de... Lire plus

Fausse Note
"Au bout de la baguette, la vérité éclatera toujours"
Et si le génie adulé par le public était en réalité un monstre ? On trouve parfois charmante une personne dont on ne connait ni toutes les facettes ni la biographie. C'est cet amer constat que fait Didier Caron, l'auteur de "Fausse note" qui met en scène un chef d'orchestre au double visage.
Ce spectacle parle à tout le monde car il pose la question du libre-arbitre. Faut-il obéir à tous les ordres ? Où s'arrête la loyauté et où commence le libre-arbitre ? Il serait illusoire de penser que seule une grande guerre nous met face à nos responsabilités. Il arrive que le quotidien, l'univers de l'entreprise ou les débats politiques nous obligent à assumer nos choix et cette pièce nous interroge sur nos capacités à dire non. Loin de se réduire à une dialectique philosophique, elle dégage une émotion extraordinaire en faisant cheminer le public à force d'énigmes.

Dans une pièce qui va crescendo, le face-à-face entre deux comédiens fabuleux Pierre Deny et Pierre Azéma est aéré par l'apport de musiques en accord avec le dialogue, d'abord cordial, puis plein de tensions.
Et il faut un sens certain du paradoxe pour parvenir à envisager la dualité du maestro : celui qui fait jaillir des étincelles en jouant du Mozart et transcende les partitions n'est peut-être pas celui que l'on croit ! La barbarie est-elle soluble dans le passé ? À l'heure où la transparence s'impose partout, il devient délicat de cacher ses secrets, fût-ce au nom de sa carrière.
Obligé de se débarrasser peu à peu de ses oripeaux de diva de la musique, le dominant devient le dominé et le jeu de balancier continue à tour de rôle jusqu'à ce que la vérité éclate.
Connu pour le succès de ses comédies "Charité bien ordonnée" au Splendid ou "Un vrai bonheur ", Didier Caron, propriétaire pendant 10 ans du théâtre Michel, démontre qu'il maîtrise aussi parfaitement les rouages du genre dramatique. Prompts à détecter les réussites, des théâtres de Moscou, Saint-Pétersbourg jouent déjà la pièce car elle remue des principes universels tout en déclinant une histoire palpitante.

Et pour ceux qui l'ont vue au théâtre Michel, qu'ils retournent la voir avec la distribution actuelle, dans cette mise en scène épurée qui a été revisitée, elle a en effet un impact phénoménal avec cette dramaturgie qui s'intensifie et deux acteurs qui incarnent de plus en plus physiquement leur personnage au fur et à mesure des séquences. Le secret était bien gardé pendant la vie du chef d'orchestre mais un autre secret doit être éventé : "Fausse note" est la pièce qu'il faut aller voir de toute urgence !

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Une vraie pépite théâtrale

Par Jean-Luc Jeener Fausse note: une vraie pépite théâtrale CRITIQUE - Au Théâtre de la Contrescarpe, Didier Caron orchestre un huis clos magnifique d’intensité et de précision. Tout près de la place de la Contrescarpe, il est un petit théâtre naguère... Lire plus

Par Jean-Luc Jeener

Fausse note: une vraie pépite théâtrale
CRITIQUE - Au Théâtre de la Contrescarpe, Didier Caron orchestre un huis clos magnifique d’intensité et de précision.


Tout près de la place de la Contrescarpe, il est un petit théâtre naguère réservé à la gaudriole et qui a été repris en main par une directrice qui pense visiblement que l’art dramatique peut avoir une autre mission que le simple divertissement. Une production ambitieuse dans un petit théâtre est chose assez rare pour le signaler.

Pour l’heure, s’y joue une espèce de pépite qu’il serait dommage de rater. L’auteur, Didier Caron, est l’ancien directeur du Théâtre Michel. Un homme qui a repris sa liberté et qui peut se consacrer enfin à ce qu’il aime sans souci de rentabilité immédiate.


Le sujet de la pièce est, pour le moins, délicat. À la fin de l’un de ses concerts dont il est sorti avec l’envie de tuer tous ses musiciens, le chef d’orchestre international Miller est importuné par un spectateur exagérément admiratif. L’homme s’incruste. Et on comprend très vite qu’il n’est pas seulement venu pour faire signer des autographes… C’est d’ailleurs un peu la limite de la pièce de Didier Caron. Il faudrait, en effet, être bien inattentif pour ne pas comprendre très vite ce qui va advenir. Mais c’est aussi sa réussite: on est, en quelque sorte, surpris par ce qu’on attend, ce qui, d’une certaine façon, est le comble du suspense.


Il ne serait néanmoins pas très gentil pour les spectateurs d’en dire plus… Si Didier Caron assure la mise en scène de sa pièce, il s’est fait accompagner d’un compère en théâtre, Christophe Luthringer, qui est un homme de grand talent. Qui a fait quoi? Mystère. Mais si on excepte une porte symbolique, inutile et idiote, qui met une note de distance dans un spectacle parfaitement réaliste, le travail et la direction d’acteurs frisent la perfection.

De la belle ouvrage
Les deux comédiens, en effet, sont très justes et très impressionnants. Pierre Azéma d’abord dans le rôle du chef d’orchestre. Même si on peut lui reprocher un tout début un peu hésitant, il devient très vite excellent. Parfait aussi est Pierre Deny. Dans le huis clos de l’affrontement et sur le petit plateau du Théâtre de la Contrescarpe, ils sont magnifiques d’intensité et de précision et formidablement complices. C’est, comme on dit, de la belle ouvrage.

Ce spectacle montre une fois de plus qu’il suffit de pas grand-chose, au théâtre, pour rendre pleinement heureux les spectateurs. Un texte fort, une unité de temps, de lieu, d’action, un bon directeur d’acteurs et deux excellents comédiens. Dans ce petit théâtre, la salle était pleine et les spectateurs, applaudissant à tout rompre, semblaient ne pas vouloir s’en aller. Pas de doute, c’est une vraie pépite qui nous est offerte! Et dans un quartier de Paris où les théâtres ne sont pas monnaie courante.

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Un huis-clos magistral sans artifice

Fausse Note : petits secrets entre monstres 1989. Philharmonie de Genève. A l’issue d’un concert, le chef d’orchestre H.P. Miller est importuné dans sa loge par Léon Dinkel, un spectateur aussi admiratif qu’envahissant. Plus l’entrevue se prolonge, plus le comportement du visiteur devient... Lire plus

Fausse Note : petits secrets entre monstres
1989. Philharmonie de Genève. A l’issue d’un concert, le chef d’orchestre H.P. Miller est importuné dans sa loge par Léon Dinkel, un spectateur aussi admiratif qu’envahissant. Plus l’entrevue se prolonge, plus le comportement du visiteur devient oppressant. Il connaît tout de la vie du maestro, dans les moindres détails. Comment est-ce possible ? Qui est t-il vraiment ? Quelle est en fait la véritable raison de sa visite ? Le mystère s’épaissit jusqu’à ce que Dinkel dévoile un objet du passé…

En 2017, Didier Caron monte pour la première fois « Fausse Note » au Théâtre Michel. Le duo Dinkel-Miller est interprété respectivement par Christophe Malavoy et Tom Novembre. Le succès est au rendez-vous, mais l’auteur et co-metteur en scène n’est pas entièrement satisfait du résultat. La pièce est jouée à l’étranger, Didier Caron assiste à plusieurs de ces représentations. Dans les mains d’autres metteurs en scène, il en déduit vite être passé complètement à côté de sa propre création.
Didier Caron avoue sans détour, s’être fait « bouffer » par la scène du Théâtre Michel. Sa première version de « Fausse Note » était trop maniérée, pas assez focalisée sur le duel psychologique entre Dinkel-Miller. Un reboot s’imposait. Nouveau casting, nouveau théâtre pour cette v.2 qui doit privilégier l’immersion et la sobriété. Avec ce postulat, il y avait de quoi craindre que la pièce soit une œuvre maudite : Caron l’auteur, éternel insatisfait du Caron metteur en scène. Le résultat est tout autre, un retour aux sources d’un théâtre vrai. Un huis-clos magistral sans artifice.

Une Fausse Note sublime
A la seconde où Miller entre dans la salle d’un pas ferme, insatisfait de la prestation de son orchestre. On est happé par la prestance autoritaire de Pierre Azema. Sans un mot, on comprend que ce Maître va être une ordure. Tout le contraire de l’entrée de Dinkel à la démarche incertaine. Pierre Deny compose en finesse un visiteur du soir maladroit et semble-t-il ingénu. Le tableau est installé, mais les dés sont pipés.

Il suffit d’un geste, d’une remarque, pour sentir que ça va mal finir. A l’image de Dinkel qui prend une photo souvenir de Miller « Un léger sourire, moins carnassier ? » Ca sonne faux. On reste sur nos gardes, pour mieux apprécier la complicité entre Azema et Deny . Un combat rhétorique sous haute tension, qui nous gratifie d’une justesse d’interprétation.

Un plan séquence théâtral
Le pari de Didier Caron est réussi. La v.2 de « Fausse Note » est fluide, et l’attention toute portée sur ses comédiens. On est témoin d’un plan séquence millimétré à la virgule prêt. Chaque mot compte, et les retournements de situation sont de plus en plus perturbants. L’écriture très cinématographique, donne à la pièce cet aspect de film théâtral. Soyez bien attentif à ce qui est dit au début, les implants sont nombreux.

A l’issue de la première partie, on respire enfin. Les véritables enjeux sont dévoilés. Le rythme décélère soudain, un peu trop. Mais cette parenthèse flottante s’avère nécessaire. Elle instaure un rythme oppressant de plus en plus psychologique, qui culmine dans un climax émotionnel poignant.

Requiem pour une note
« Fausse Note » est un véritable jeu de piste qui conduit à nous questionner sur notre part d’ombre. On se projette autant dans la peau d’un salaud et que dans celle d’une victime qui a perdu foi dans l’humanité. Et si ça m’était arrivé, comment j’aurai réagi ? La « Fausse Note » à l’origine de ce procès, dont on est le jury, fait écho à l’actualité. Comme le dit Dinkel : « Nous partageons la même passion, les monstres. » Azema et Deny incarnent à merveille cette zone d’ombre propre à chacun.

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Fausse Note

Pierre Deny et Pierre Azema sont criants de justesse et de vérité.

Résumé : Comment vivre confortablement avec son passé ? Faut-il l’effacer ou l’assumer ? 1989. Philarmonique de Genève dans la loge du chef d’orchestre de renommée internationale, H. P. Miller. À la fin d’un de ses concerts, le Maître est importuné par... Lire plus

Résumé : Comment vivre confortablement avec son passé ? Faut-il l’effacer ou l’assumer ? 1989. Philarmonique de Genève dans la loge du chef d’orchestre de renommée internationale, H. P. Miller. À la fin d’un de ses concerts, le Maître est importuné par un spectateur aussi admiratif qu’envahissant, Léon Dinkel, venu de Belgique pour l’applaudir. Cependant, plus l’entrevue se prolonge, plus le comportement du visiteur devient oppressant. Il connaît tout de la vie du maestro, dans les moindres détails. Comment est-ce possible ? Qui est-il vraiment ? Quelle est en fait la véritable raison de sa visite ? Le mystère s’épaissit jusqu’à ce que Dinkel dévoile un objet du passé…
Notre avis : Miller (Pierre Azéma) fait une entrée fracassante sur scène. Il est rapidement rejoint par Dinkel (Pierre Deny), tour à tour admiratif et sympathique, mais qui se révèle vite intrusif et inquiétant. Il y a en quelque sorte deux parties dans ce spectacle : la rencontre de façade puis l’affrontement entre deux grands personnages particulièrement bien campés. Miller cherche les ressorts psychologiques de la présence oppressante de Dinkel, jusqu’à ce que les deux individus se dévoilent.
On peut éventuellement ressentir quelques longueurs au début mais elles sont finalement utiles pour créer une montée en puissance afin d’aboutir à une intensité redoutable, pleine de rebondissements. En subissant l’humiliation jusqu’à la perte de la dignité, Miller passe par de multiples couleurs de sentiments. Il en est de même pour Dinkel, victime et bourreau. La musique accompagne toute l’histoire, morceau par morceau, séquence par séquence. La mise en scène compte peut-être un peu trop sur les conventions (fausse porte, fausse fenêtre, fausse glace, violon en play back), mais elle fait preuve de cohérence, stimulant les émotions des spectateurs. 
En menant à la baguette le chef d’orchestre jusqu’à ses derniers retranchements, Dinkel emporte avec lui tout le public dans cette profonde histoire à tiroirs, brillamment écrite par Didier Caron. Beaucoup de choses ont été dites et jouées à propos des traumatismes engendrés par les camps de concentration. Le sujet est ici particulièrement bien traité. Pierre Deny et Pierre Azema sont criants de justesse et de vérité.

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Fausse Note

Une interprétation parfaite ! Une partition impeccable !

Fausse Note : une mise en scène où tout sonne juste au Théâtre de la Contrescarpe ! Vous nous connaissez désormais assez bien pour savoir que nous sommes des habitués et de grands amateurs de la programmation du Théâtre de la Contrescarpe. On ne déroge donc pas à la... Lire plus

Fausse Note : une mise en scène où tout sonne juste au Théâtre de la Contrescarpe !
Vous nous connaissez désormais assez bien pour savoir que nous sommes des habitués et de grands amateurs de la programmation du Théâtre de la Contrescarpe. On ne déroge donc pas à la règle en vous invitant chaleureusement à aller voir Fausse Note, dans une nouvelle version de Didier Caron.
Nous sommes en 1989. L'Europe est en émoi, bruissant des rumeurs provoquées par la chute du mur de Berlin qui pourrait conduire à celle, imminente, du régime communiste. Dans sa prestigieuse loge du Philarmonique de Genève, le grand chef d'orchestre Hans Peter Miller (Pierre Azéma) sort harassé d'un concert massacré, selon lui, par ses musiciens. Heureusement, son départ pour Berlin est proche. Berlin, ville qui connaît un moment historique. Berlin, qui le consacrera, demain.

Il savoure, un verre de Bordeaux à la main, ce moment de solitude bien mérité. Jusqu'à ce qu'à sa porte frappent trois coups : un admirateur venu de Belgique pour l'écouter, un certain Léon Dinkel (Pierre Deny) souhaite absolument lui témoigner toute son admiration. Un autographe, rien de plus. Très bien, merci. Après quelques minutes, le voilà reparti comme il est venu. Puis, retentissent à nouveau trois coups.

Il a oublié de lui demander une photo, juste une, pour sa femme Sarah, qui est elle aussi une fervente admiratrice du Maestro. Elle n'a pas pu venir, à son grand regret, mais lui transmet ses plus sincères salutations. S'il savait comme elle l'admire. C'est tout, c'est bien tout ? Dinkel quitte à nouveaux les lieux, s'enfonçant dans la nuit noire et froide de ce soir d'hiver. Pour, vous l'aurez deviné, revenir quelques instants plus tard dans la loge, avec cette fois, l'intention de ne pas en repartir de si tôt...
Brutalement, l'atmosphère se tend. De sympathique, l'admirateur se fait intrusif, puis inquiétant. Miller réclame la paix, ne supporte plus l'audace de Dinkel, ses allusions à sa vie personnelle, son adresse, le prénom de ses filles. Sa mine bienveillante devient celle d'un calculateur, déterminé, bien décidé à mettre en œuvre un plan fomenté depuis, selon lui, tellement longtemps. Pendant que le Maestro est sous la douche, il coupe les fils du téléphone, se serre allègrement un verre, puis, dissimule un objet dans la loge que le Maestro devra retrouver, sous la menace d'un revolver... Le jeu devient macabre, l'étau se resserre, les masques vont pouvoir enfin tomber.

On ne se risquera pas à vous dévoiler les motifs de cette bascule, de peur d'attirer vos foudres. Vous nous en tiendrez d'ailleurs rigueur et vous auriez raison. Vous vivriez la progression de la pièce avec moins de passion, moins de suspens. Vos émotions ne passeraient pas de la peur de l'un à la peur pour l'autre, si brusquement.

Préparez-vous à une tension implacable du début à la fin, à un saut d'un camp à un autre, à une rafale de questionnements parmi lesquels : mais qu'aurais-je fait à sa place ? Comment ne pas vouloir se venger, quand on nous a détruit ainsi ? Qui est celui qui souffre le plus, dans ce face-à-face ?
Menée habilement à la baguette par Didier Caron (assisté de Christophe Luthringer), la mise en scène de Fausse Note juxtapose moments de tension allant piano piano, puis crescendo, et respirations musicales venant parfois, porter à leur comble le drame de l'évocation de souvenirs atroces. Les rebondissements s'enchaînent, tirent sur la corde de nos nerfs, relançant sans cesse notre attention et notre perplexité devant une situation si inextricable.

Pierre Deny et Pierre Azéma nous livrent chacun une interprétation parfaite, sans fausse note où tout sonne juste. Prendre parti pour l'un ou l'autre devient, à certains moments, quasiment impossible.

L'ensemble compose une partition impeccable que l'on voudrait écouter encore et encore, pour que vibrent, encore, nos émotions.

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Histoire, intelligemment écrite, à la construction remarquable !

Non loin du Mouffetard, ce théâtre des arts de la marionnette désormais bien connu des lectrices et lecteurs des Soirées de Paris, se trouve un autre petit théâtre, tout aussi charmant, à la programmation on ne peut plus dense et manifestement de qualité (1) : le Théâtre de la... Lire plus

Non loin du Mouffetard, ce théâtre des arts de la marionnette désormais bien connu des lectrices et lecteurs des Soirées de Paris, se trouve un autre petit théâtre, tout aussi charmant, à la programmation on ne peut plus dense et manifestement de qualité (1) : le Théâtre de la Contrescarpe. Situé à deux pas de la place du même nom, plus précisément rue Blainville, faisant face à un succulent restaurant coréen (2), il présente actuellement “Fausse note” de Didier Caron, un des grands succès de l’année 2017, dans une mise en scène et une distribution cette fois-ci tout autres, Pierre Deny et Pierre Azéma interprétant avec talent les rôles créés à l’origine par Christophe Malavoy et Tom Novembre.

Sur la petite scène du Théâtre de la Contrescarpe, un décor des plus sobres et des plus efficaces s’offre à nous, représentant la loge d’un chef d’orchestre : au centre du plateau, recouvert d’une moquette rouge, un cube en bois multifonctionnel, tout à la fois promontoire, table de loge, bar à alcools, meuble de rangement…, côté cour, une simple chaise sur laquelle repose un violon dans son étui, côté jardin, en fond de scène, un porte-manteau, à l’avant-scène, un cadre de porte faisant office d’ouverture sur l’extérieur. À ce chaleureux décor s’ajoute un petit cube de bois mobile servant d’assise.

Hiver 1989, après la chute du mur. Alors au sommet de sa carrière, invité à prendre la direction de la prestigieuse Philharmonie de Berlin à la suite du grand Herbert von Karajan, Hans Peter Miller, chef d’orchestre à la renommée internationale, donne quelques dates de concerts à Genève. Un soir, à la fin d’une représentation, le Maître reçoit la visite d’un admirateur, un dénommé Léon Dinkel, qui s’avère très vite aussi envahissant qu’inquiétant. Celui-ci, venu tout exprès de Belgique pour l’applaudir, semble, en effet, connaître la vie du maestro dans ses moindres détails. Mais qui est donc ce Léon Dinkel ? Et quelle est la véritable raison de sa visite ? Les deux personnages se seraient-ils connus autrefois ? Une photographie surgie du passé va peu à peu faire éclater la vérité…

S’il s’avère plus que tentant de raconter cette histoire merveilleusement bien ficelée, nous n’en dirons pas plus pour ménager l’intrigue. Disons simplement qu’il y est question de Mozart, d’une inoubliable interprétation de la “Petite musique de Nuit” en sol majeur, d’un violon, d’un bras qui tremble, d’un hiver glacial au camp de Birkenau… Cette histoire, intelligemment écrite, à la construction remarquable, nous parle de toutes ces valeurs qui font qu’un être humain peut se regarder ou non dans une glace : le courage, l’absence de courage, le devoir de désobéissance, le mensonge, la vengeance, l’oubli… Didier Caron, plutôt habituellement associé aux comédies – sa pièce “Un Vrai Bonheur” lui valut une consécration populaire – signe ici un formidable spectacle sur le devoir de mémoire. Tout en finesse et en rebondissements incessants, ce huis clos dramatique, sans temps mort, dont l’humour n’est paradoxalement pas absent, ne nous ménage pas et nous laisse, tout comme ses interprètes, totalement exsangues, un peu comme après une projection du “Pianiste” de Polanski. Effet émotion garanti. La fin, que nous ne dévoilerons évidemment pas, n’est rien moins que grandiose, inattendue et porteuse d’une belle leçon d’humanité.

Pour jouer cette partition exigeante, au suspense incessant, il faut indéniablement d’excellents comédiens. Pierre Azéma et Pierre Deny sont tout simplement épatants ! L’un et l’autre dotés d’une rare et étonnante palette de jeu, ils ne cessent de nous manipuler, de nous faire douter, nous faisant passer sans cesse par toutes sortes d’émotions. Ils livrent là une belle partie de ping-pong, un véritable jeu du chat et de la souris qui n’est pas sans rappeler celui de Laurence Olivier et de Michael Caine dans “Le Limier” de Mankiewicz. Une partition interprétée sans fausse note, en virtuoses !

Isabelle Fauvel

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Une partition intense et sans couac !

4 ÉTOILES Théâtre : «Fausse note», une partition intense et sans couac Imaginée par Didier Caron et co-mise en scène par ses soins avec Christophe Luthringer, la pièce «Fausse note» est loin du huis clos qui peut parfois tourner à l’étouffement. Intense. A... Lire plus

4 ÉTOILES

Théâtre : «Fausse note», une partition intense et sans couac
Imaginée par Didier Caron et co-mise en scène par ses soins avec Christophe Luthringer, la pièce «Fausse note» est loin du huis clos qui peut parfois tourner à l’étouffement. Intense.
A l'issue d'une heure vingt d'une tension qui n'a jamais cessé de monter en puissance, les deux acteurs saluent la salle enthousiaste et émue avec l'expression de ceux qui ont vécu un puissant voyage intérieur. On ne revient pas si facilement de la scène à la terre quand on s'est donné, comme eux, à cette pièce créée en 2017, savamment construite par Didier Caron et co-mise en scène par ses soins avec Christophe Luthringer.
Après un succès cet été en Avignon, la revoilà à Paris dans cette distribution qui produit immédiatement ses effets. L'intensité ne quittera pas un instant Pierre Azéma et Pierre Deny. Le spectacle s'ouvre sur une porte claquée. Celle qui sépare la salle de concert du Philharmonique de Genève de ses coulisses. Et par l'aboiement du chef d'orchestre H.P. Miller, furieux que son premier violon ait, à ses oreilles, joué comme un sabot.
Voilà qu'on frappe à sa loge. Le visiteur se nomme Léon Dinkel et se déclare admirateur absolu du Maître. Léon a fait le voyage de Belgique pour rapporter une dédicace à sa femme Annah. Mais Miller s'aperçoit peu à peu que Dinkel, qui sait beaucoup de choses sur lui, n'est pas un fan comme les autres. Celui-ci semble avoir quelque chose de déterminant à lui dire…
La détermination faite homme
Les huis clos peuvent parfois tourner à l'étouffement ou s'effondrer sur eux-mêmes en gardant le spectateur en prison. Il en va de tout le contraire pour celui-ci. Caron connaît sa partie et sa partition en matière de drame et de pas-de-deux.
Dans le rôle du chasseur, Pierre Deny est la détermination faite homme. Dans celui du chassé, Pierre Azema tient la note et quand tous deux sortent les violons, ce n'est pas précisément pour être en harmonie.

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L'Évasion des Sens

Fausse Note

Une excellente pièce, un sujet délicat, de remarquables acteurs !

Une excellente pièce, un sujet délicat, de remarquables acteurs : Fausse Note est vraiment une pièce à voir ; mais je ne vous en dévoilerai que quelques aspects…. Le sujet est lourd : il s’agit de la confrontation entre 2 hommes qu’un fait de vie a réuni il y a fort... Lire plus

Une excellente pièce, un sujet délicat, de remarquables acteurs : Fausse Note est vraiment une pièce à voir ; mais je ne vous en dévoilerai que quelques aspects….

Le sujet est lourd : il s’agit de la confrontation entre 2 hommes qu’un fait de vie a réuni il y a fort longtemps. Pendant une bonne partie de la pièce, on ignore la gravité, l’importance dramatique de ce fait. Les dialogues sont pesants, la tension monte à chaque réplique…
Le seul décor de la pièce est un encadrement de porte qui ressemble étrangement à un échafaud !   Le chef d’orchestre (P.Azéma) regardant jouer dans sa loge un inconnu (P. Deny)
Dans sa loge, un grand chef d’orchestre reçoit la visite d’un spectateur au comportement de plus en plus bizarre et oppressant jusqu’à une menace sous revolver. La raison : ce fait, cet acte vécu en commun 50 ans auparavant…
Se posent les questions du pardon, de l’oubli, de la vengeance, de la reconstruction de sa vie, du devoir d’obéissance sans condition, des rapports filiaux …
Seuls deux acteurs sont en scène pour cette pièce magistrale proche du thriller. Bravo aux deux Pierre, Deny et Azéma, tous les deux remarquables dans leur jeu et interprétation. Malgré la gravité du texte, la lourdeur des propos ; on ne peut qu’applaudir.

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Un huis clos palpitant ! L'émotion qui monte crescendo est le maître-mot de la pièce.

Pierre Deny et Pierre Azéma sont en tête d’affiche de “Fausse Note”, un huis clos liant suspense et Histoire. Le public ne s’y trompe pas ! La salle du Théâtre de la Contrescarpe affiche complet, applaudit à tout rompre. Les comédiens s’extraient de leurs... Lire plus

Pierre Deny et Pierre Azéma sont en tête d’affiche de “Fausse Note”, un huis clos liant suspense et Histoire. Le public ne s’y trompe pas ! La salle du Théâtre de la Contrescarpe affiche complet, applaudit à tout rompre. Les comédiens s’extraient de leurs rôles avec émotion. Car l’émotion qui monte crescendo est le maître-mot de la pièce.
“Fausse note”, c’est la rencontre d’un chef d’orchestre (Pierre Azéma) dans une loge, en 1989, à Berlin avec Léon Dinkel (Pierre Deny), un fan pas comme les autres qui va le faire plonger dans le passé. C’est ce dernier que nous avons rencontré.

Interview.
Qu’est ce qui vous a le plus touché à la lecture de cette pièce ?
Je l’avais vue à sa création avec Christophe Malavoy et Tom Novembre et avais été bouleversé par la qualité de la pièce. Quand Didier Caron me l’a proposée, je l’ai reçue comme un cadeau. Il y avait beaucoup de rebondissements, des fausses sorties et une tension de la première à la dernière minute. Une telle pièce est rare. 

Il y a l’histoire mais aussi votre personnage. Qu’est ce qui vous touché dans son caractère ?
Léon Dinkel porte sur ses épaules un poids immense depuis 45 ans. Il y a, à la fois une vengeance qu’il cherche à assouvir contre le chef d’orchestre et son non-accomplissement comme acte irrémédiable.  Léon Dinkel joue pendant toute la première partie, le rôle d’un fan un peu collant mais c’est totalement maitrisé. Il sait ce qu’il fait, ayant sans doute préparé son “jeu” pendant des années. Rien n’est laissé au hasard. Tout a été planifié.

Le chef d’orchestre Miller incarné par Pierre Azéma a un caractère particulier. Il se dit, dès le début de la pièce, humilié par son orchestre ce qui est un terme puissant. 
C’est un sanguin, colérique, vindicatif. Vous avez raison de souligner ce mot employé dès l’entrée en scène. L’auteur a glissé tout au long de la pièce des mots comme des indices, des termes forts qui ne sont pas un hasard dans le contexte de l’histoire qu’on découvre peu à peu. Quand je parle moi-même, du froid, du violon… ce sont comme des petites bulles éclatant au long de la pièce: les histoires personnelles finissent par rejoindre l’Histoire.

On trouve de nombreuses questions existentielles dans cette pièce: pardon, résilience, vengeance et un point commun entre les deux personnages: le rapport au père et la musique.
Il y a cette vengeance qui se traduit par un acte qui aurait pu être violent physiquement. Traduit en non-violence,  sa force n’en est que plus puissante. La réunion se fait au moment où pendant quelques secondes, les deux personnages se réunissent en jouant du violon. Il n’y a plus ni “méchant” ni “gentil”, juste deux musiciens happés par leur passion. 

Cette pièce est un huis clos entre déni et volonté de justice. Au fond,Miller a t’il vraiment changé à la fin de la pièce ?
C’est juste. Une réplique est déterminante de la part de Miller “Mon père avait raison; vous êtes de la vermine”. Cette phrase sonne comme un coup de poignard dans un déni de responsabilité et une forme de haine persistante inculquée par son père. Le public est lui-même surpris. 

Au fond, le thème de la pièce n’est-il pas “Comment vivre avec son passé qu’il soit douloureux ou monstrueux ?” ?
C’est l’une des questions fondamentales de la pièce. Miller sait que l’autre sait. C’est une forme de menace sous-tendue. Dinkel, lui sort partiellement soulagé car il a enfin accompli ce qu’il souhaitait et remis son sac à dos de souffrances à quelqu’un. Mais il est aussi en partie détruit.

Comment vivez vous cette émotion générée par vos deux rôles très forts ?
Les rôles sont très intenses. C’est la première fois que nous jouons ensemble. Nous sommes très amis dans la vie et c’est important pour ce genre de rôles. Cette pièce nous bouleverse et nous demande de plonger dans cette émotion . Nous ne venons pas jouer le coeur léger comme une pièce de boulevard  qui demande aussi beaucoup d’investissement. Ce sujet nous transperce tous les deux et il est impossible de feinter. On est habité par notre rôle jusqu’à la fin. En sortant, nous avons besoin d’une heure pour nous ressourcer. 

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Fausse Note

Une pièce à voir absolument.

Le maître d’orchestre H.P. Miller, seul dans sa loge, se retrouve importuné par un fan, qui, sans cesse, vient frapper à sa porte pour le féliciter, lui demander une photo, une dédicace …Le Maestro aimerait pourtant rentrer tranquillement auprès de sa femme, et retrouver un peu de... Lire plus

Le maître d’orchestre H.P. Miller, seul dans sa loge, se retrouve importuné par un fan, qui, sans cesse, vient frapper à sa porte pour le féliciter, lui demander une photo, une dédicace …Le Maestro aimerait pourtant rentrer tranquillement auprès de sa femme, et retrouver un peu de tranquillité et de repos. Hélas ça ne sera pas pour ce soir…
Au début, on peut vraiment croire que c’est un fan de musique classique, un fan qui a assisté au concert qui vient de se terminer, qui vient frapper plusieurs fois à la porte de la loge de H.P. Miller, certes un peu indélicat. En effet, il aurait été bienséant de laisser tranquille l’artiste, une fois qu’il a tout donné sur scène. Cependant, au fur et à mesure qu’il vient, qu’il parle, autre chose se dessine. On comprend alors qu’il en est tout autre.

Un passé terrible lie en fait les deux personnages. Un épisode aussi bref qu’indélébile pour l’un, alors que l’autre l’a totalement effacé de sa mémoire. Il faudra un vrai travail pour que sa mémoire lui revienne, et son interlocuteur prendra le temps qu’il faut pour que tout lui revienne, aussi difficile que ce soit pour l’un et pour l’autre.
Une pièce à voir absolument. Pour le jeu des acteurs, qui est plus qu’excellent, mais aussi pour cette partie de l’histoire de notre pays, aussi terrible soit-elle.

 

 

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Des mots pour vous dire

Fausse Note

Un huis-clos en crescendo !

Pas de fausse note pour cette jolie mise en pièce de Didier Caron et Christophe Luthringer, au Théâtre de la Contrescarpe, à cinq mètres de la rue Mouffetard. Didier Caron sait traiter les sujets forts. En 2015, j’avais déjà eu le plaisir d’assister au spectacle De l’Autre... Lire plus

Pas de fausse note pour cette jolie mise en pièce de Didier Caron et Christophe Luthringer, au Théâtre de la Contrescarpe, à cinq mètres de la rue Mouffetard.
Didier Caron sait traiter les sujets forts. En 2015, j’avais déjà eu le plaisir d’assister au spectacle De l’Autre Côté de la route, au Théâtre Michel. Sous le ton de l’humour étaient abordées les dérives du marketing pharmaceutique.
Dans un registre plus fort, plus grave, cette fois, c’est Fausse Note qui est sur les planches jusqu’au 19 janvier 2020.
1989. La chute du mur de Berlin. Mais le mur de la honte ne s’est pas encore écroulé pour tous.
1989. Genève. H. P. Miller, un chef d’orchestre de renommée internationale à la personnalité arrogante, essaie de se détendre après le concert, quand un fervent admirateur venu de Belgique, Léon Dinkel, s’introduit dans sa loge pour lui témoigner toute son admiration. Un témoignage qui n’en finit plus et qui en devient oppressant. H. P. Miller s’agace, commence à perdre son sang froid. Il va devoir le conserver, et vite, car Dinkel les a enfermés à clef et le menace d’un révolver : c’est lui qui donne désormais le la, élève le ton et mène la baguette. H. P. Miller a intérêt à bien connaître la partition que Dinkel veut lui faire jouer. Mais de quelle partition s’agit-il ?…
Un huis-clos en crescendo où Pierre Azéma et Pierre Deny campent merveilleusement leur personnage et savent toucher la corde sensible des spectateurs.
La création musicale de Vladimir Petrov apporte le point d’orgue.
À aller voir.
Carole Rampal

 

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Fausse Note

Un huis clos d'une grande intensité aux multiples rebondissements signé Didier Caron.

Pierre Deny et Pierre Azema Après un mois de succès au dernier festival d'Avignon, ils se retrouvent sur la scène du théâtre de la Contrescarpe pour jouer "Fausse note", un huis clos d'une grande intensité aux multiples rebondissements signé Didier Caron. Comment cette pièce vous a-t-elle... Lire plus

Pierre Deny et Pierre Azema
Après un mois de succès au dernier festival d'Avignon, ils se retrouvent sur la scène du théâtre de la Contrescarpe pour jouer "Fausse note", un huis clos d'une grande intensité aux multiples rebondissements signé Didier Caron.
Comment cette pièce vous a-t-elle était proposée ?
Pierre Azema : C'est pendant notre travail su r"Colombo" avec Martin Lamotte que Didier Caron m'a proposé le rôle du chef d'orchestre. À la lecture du texte, j'ai répondu oui, sans même savoir qui serait mon partenaire.
Pierre Deny : Je n'avais encore jamais travaillé avec l'auteur, on se tournait un peu autour en se disant qu'il fallait faire quelque chose ensemble.

Lorsque la pièce se termine, il y a un long silence. L'émotion de la salle est palpable. C'est le plus bel hommage que vous puissiez recevoir !
P.D. : Oui, l'on sent que les gens ont besoin de reprendre leurs esprits. Mais l'émotion est partagée. Pour ma part, c'est rare que je sois autant remué par un rôle. Sans compter que nous sommes sur scène tous les deux du début à la fin.
P.A.: J'ai vraiment l'impression d'être dans une machine à laver. Ça démarre et ça ne s'arrête plus, le texte va crescendo jusqu'au final. Il y a plusieurs facteurs exceptionnels dans cette pièce : le texte, le partenaire et le metteur en scène (Didier Caron) qui a eu l'intelligence de nous faire trouver l'humanité de chacun de nos personnages.

Comment s'est passé le dernier Avignon où c'est un peu la course aux spectacles ?
P.D. : La qualité de "Fausse note" a fait que nous avons eu la chance d'être complet dès la troisième représentation. Nous sentions les spectateurs heureux et désireux de faire partager ce moment de théâtre.
P.A.: Le plus étonnant était de voir à quel point certains étaient très émus en sortant. Même parfois deux ou trois jours après, l'on croisait des gens qui venaient nous en parler. C'était un mois fatigant certes, mais formidable.
Pierre Deny, vous avez un parcours riche en "séries" !
C'est vrai mais je n'ai jamais défini de plan de carrière. Les tournages se sont enchaînés naturellement, et puis il y a des rencontres, comme ce rôle qui, pour moi, sera un tournant. Auparavant, j'ai joué chez Ariane Mnouchkine "Chute d'une nation" une pièce de huit heures de Yann Reuzeau et "Un nouveau départ" d'Antoine Rault. Je vais jouer au printemps du théâtre du Gymnase dans une comédie dramatique, "Double jeu" de Brigitte Massiot et il est probable que nous retournions à Avignon l'été prochain avec "Fausse note".

Pierre Azema, vous avez eu aussi de très beaux rôles au théâtre !
J'ai eu cette chance. "Célimène et le Cardinal", avec Gaëlle Billaut-Danno, a fait une très grande carrière. La dernière a été "Les Caprices de Marianne" mise en scène par Pascal Faber, au Festival d'Avignon 2018 avec laquelle une tournée est programmée. Et sinon, j'attends la sortie d'un petit bijou, un long métrage, tourné cet été avec D'Jal,"Opération Portugal" de Franck Cimière.a

 

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Planète Campus

Fausse Note

Aussi haletant qu’un thriller !

A la fin d’un de ses concerts, un grand chef d’orchestre de renommée internationale, Hans Peter Miller, est importuné directement dans sa loge par un spectateur qui dit être admiratif du Maître, Léon Dinkel, mais qui devient de plus en plus envahissant, oppressant et agressif . Quelle est la... Lire plus

A la fin d’un de ses concerts, un grand chef d’orchestre de renommée internationale, Hans Peter Miller, est importuné directement dans sa loge par un spectateur qui dit être admiratif du Maître, Léon Dinkel, mais qui devient de plus en plus envahissant, oppressant et agressif . Quelle est la véritable raison de cette visite, quel secret du passé va-t-elle révéler ?

Les deux acteurs Pierre Deny et Pierre Azéma s’affrontent dans un duel bien construit, aussi précis qu’une partition de musique. La tension monte progressivement, les dialogues qui fusent sans relâche dans un face à face féroce nous font comprendre qu’il va s’agir de vengeance, de mémoire du passé qui peut poursuivre un individu même 45 ans plus tard et le conduire au bord du gouffre. Le suspense est total, les rebondissements et les changements de rôles victime-agresseur surprennent les spectateurs jusqu’à la dernière minute. Aussi haletant qu’un thriller, avec en fond de toile les pages sombres de notre Histoire, ce spectacle intense et émouvant, admirablement interprété, est signé Didier Caron qui assure aussi la mise en scène avec Christophe Luthringer.

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Syma news

Fausse Note

Un magnifique duel théâtral !

“Fausse Note”: la nouvelle partition du Théâtre de la Contrescarpe Un soir de concert, le grand chef d’orchestre H.P.Miller reçoit la visite d’un admirateur répondant au nom de Dinkel. Venu de Belgique, l’homme affiche un air penaud et semble sympathique. Avec maladresse, il demande... Lire plus

“Fausse Note”: la nouvelle partition du Théâtre de la Contrescarpe
Un soir de concert, le grand chef d’orchestre H.P.Miller reçoit la visite d’un admirateur répondant au nom de Dinkel. Venu de Belgique, l’homme affiche un air penaud et semble sympathique. Avec maladresse, il demande un autographe au Maestro, revient frapper à sa porte pour une photo, puis s’installe dans sa loge de façon insistante. Agacé par cet hurluberlu, Miller souhaite le chasser mais réalise que sa porte est fermée à clef et que sa ligne téléphonique a été coupée. Inquiet, le Maître comprend alors que cet étrange visiteur l’a pris en otage mais il ne réalise pas encore à quel point cet homme a décidé de faire ressurgir leur passé commun…
Un puissant duel scénique
C’est avec beaucoup de talent et de justesse, que les comédiens Pierre Deny et Pierre Azéma incarnent les personnages de cette sombre histoire. S’affrontant dans un très beau duo scénique – pour ne pas dire un « duel » -, ils tirent l’un après l’autre des cartes obscures et énigmatiques qui vont nous faire lentement cheminer jusqu’aux remparts de Birkenau.
Avec son port altier et sa coutumière élégance, Pierre Azéma est parfait dans son rôle de grand chef d’orchestre. Magnifié par son allure hautaine et sa distinguée queue-de-pie, il toise à ravir son pauvre admirateur jusqu’à ce que celui-ci le fasse déchanter. Son autorité et son flegme se transforment alors en un jeu nerveux et haletant où le Maître va se laisser assaillir par son passé et perdre pied.
Face à lui, Pierre Deny nous livre également une magnifique interprétation évolutive qui passe de l’amabilité à la folie. Laissant disparaître son sourire initial d’admirateur candide, il devient névrosé et révèle alors son vrai visage : celui d’un homme pétri de haine et de douleur, enfin prêt à tout pour rendre justice.
Une mise en scène fort bien ciselée
La mise en scène de Didier Caron est simple mais excellente car elle repose sur une confrontation graduelle et précise où les rôles s’inversent. Durant une heure trente, on assiste à ce basculement des pouvoirs entre ce chef d’orchestre et son admirateur en se demandant quelle est la cause réelle de cette séquestration : Dinkel est-il fou? Est-ce un dangereux psychopathe ? Un musicien refoulé ? Qu’a t’il à reprocher à Miller pour vouloir ainsi le tourmenter ?
Le mystère qui lie ces deux êtres est nourri par de multiples indices et une tension psychologique qui nous porte tout au long de la pièce: une vieille photo, un vêtement empaqueté, un air de Mozart… Dans une mécanique parfaitement ciselée, on passe du mensonge au déni, du déni aux aveux, et l’on finit sur un drame qui s’avère douloureux pour chacun des deux protagonistes. 
Nous n’allons pas vous révéler le mystère de cette partition mais sachez que c’est un sans faute qui nous interroge avec subtilité sur le libre arbitre de chacun: à votre avis, sommes-nous vraiment responsables de nos actes lorsque l’on a que seize ans ?…

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Fausse Note

Suspense jusqu’à la dernière minute !

"Fausse Note" : au Théâtre de la Contrescarpe : Allegro presto C’est en 2017 que Didier Caron écrivit cette pièce qu’il monta l’année même au Théâtre Michel, dont il était à l’époque le propriétaire. Christophe Malavoy et Tom Novembre y... Lire plus


"Fausse Note" : au Théâtre de la Contrescarpe : Allegro presto
C’est en 2017 que Didier Caron écrivit cette pièce qu’il monta l’année même au Théâtre Michel, dont il était à l’époque le propriétaire. Christophe Malavoy et Tom Novembre y campaient alors les deux protagonistes. Le succès fut immédiat et la pièce fut reprise l’été dernier en Avignon.

Depuis la rentrée, elle tient l’affiche au petit Théâtre de la Contrescarpe et y fait salle comble, d’où sa prolongation jusqu’en mai. Les deux rôles sont actuellement tenus par Pierre Azéma et Didier Caron lui-même.

Un bref rappel du sujet, pour ceux qui ne l’ont pas déjà vue. Automne 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Le grand chef d’orchestre Hans Peter Miller donne un concert dans sa chère ville de Genève. Il est alors pressenti pour succéder au prestigieux Karajan à la tête de la Philharmonie de Berlin.

Le concert terminé, il rejoint sa loge et s’apprête à retrouver sa famille qui l’attend en ville lorsqu’un visiteur frappe à la porte. C’est un certain Léon Dinkel qui, dans un premier temps, ne lui demande qu’un autographe, puis un deuxième, et qui devient ensuite de plus en plus menaçant.

Bientôt en situation de force, il fait jouer au musicien un jeu cruel, jusqu’à ce qu’il révèle enfin les véritables raisons de sa présence en ce lieu. La tension monte alors inexorablement jusqu’au dénouement avec plusieurs revirements.

La vengeance, on l’aura compris, est le thème central de ce texte poignant. Se venger suffit-il à se délivrer des démons du passé et, dans l’affirmative, jusqu’où faut-il aller pour que le mal soit réparé ?
C’est la question centrale de toute cette pièce, à laquelle l’auteur apportera une réponse très subtile.

Pierre Azéma est Hans-Peter Miller, ce chef qui a tout fait pour gommer son passé. L’acteur, d’évidence, vit chaque soir ce drame au plus profond de lui-même, en est témoin l’émotion qu’il manifeste encore au moment des saluts.

Didier Caron lui donne la réplique, campant magistralement l’énigmatique et implacable Léon Dinkel. C’est sa pièce, son texte et il parvient à ménager le suspense avec brio jusqu’à la dernière minute.

La mise en scène est sobre et efficace. Quelques accessoires bien choisis évoquent la loge du maestro, alors que des passages musicaux rappellent habilement le titre de la pièce. Réservez sans tarder car la salle n’est pas grande !

Alex Kiev

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Fausse Note

Un spectacle époustouflant !

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Fausse Note

Absolument prenant. Une pièce servie par des acteurs excellents !

Une salle pleine ce dimanche après-midi. Il fait beau dehors, un temps froid et sec comme je les aime. Je prends place à côté d’une famille, ils sont venus nombreux, seul le père manque à l’appel. Peut-être sont-ils divorcés ? mais là n’est pas la question… Je... Lire plus

Une salle pleine ce dimanche après-midi. Il fait beau dehors, un temps froid et sec comme je les aime. Je prends place à côté d’une famille, ils sont venus nombreux, seul le père manque à l’appel. Peut-être sont-ils divorcés ? mais là n’est pas la question… Je n’ose pas leur demander (« Papa est en voyage d’affaires »). Mon attention se fixe sur le décor, plutôt minimaliste. Quand on a peu de moyens ou de subventions, essentiellement dans le théâtre privé, mieux vaut investir dans la matière vivante, les acteurs. Donc un violon dans son coffret sur une chaise, une petite table pour se maquiller avant de sortir de sa loge, une porte… trois fois rien mais chaque chose sera intelligemment utilisée. L’ouvreuse nous demande d’éteindre notre téléphone… Le spectacle va commencer. Il bondit, il est nerveux, c’est un chef d’orchestre (sorte de Karajan) visiblement déçu par ses musiciens et par la prestation de ce soir. Une autre personne va essayer de rentrer dans sa loge après la représentation, un spectateur enthousiaste. Petit à petit, on est pris par l’intrigue, un vrai et palpitant thriller. Pourquoi tant d’insistance et autant de questions posées par cet homme au maestro ? Que cherche-t-il ou comment va-t-il l’obtenir ? Pourquoi revenir sur le passé du musicien ?
Vous le saurez, il ne faut pas en dire plus, cela serait divulgâcher (et ce n’est jamais dans nos colonnes que nous dévoilons la fin des pièces). C’est absolument prenant, sans aucune « fausse note »… Une pièce servie par des acteurs excellents ! Un très bon moment pour débuter l’année, profitez-en sans tarder !

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Une pièce tendre, onirique, drôle et précise.

Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde – (mais ce n’est pas n’importe qui…) Quel est donc ce grand escogriffe à chapeau melon, avec son parapluie si british et sa barbiche de savant ahuri ? Est-ce Érik Satie, le compositeur à la vie chaotique et à la musique si accessible,... Lire plus

Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde – (mais ce n’est pas n’importe qui…)
Quel est donc ce grand escogriffe à chapeau melon, avec son parapluie si british et sa barbiche de savant ahuri ? Est-ce Érik Satie, le compositeur à la vie chaotique et à la musique si accessible, disparu en 1925 ? Est-ce un fou d’aujourd’hui, qui se prend pour l’auteur des Gymnopédies ? À partir de cette ambiguïté, autour de cette frontière brumeuse entre biographie et psychiatrie, Laetitia Gonzalbes, auteur et metteur en scène, a construit, a « filé » pourrait-on dire, une pièce tendre, onirique, drôle et précise. Des épisodes marquants de la vie de Satie, on apprend l’essentiel, peint en couleur cocasse. On croise Cocteau, Picasso et Suzanne Valadon. On voit le Paris du surréalisme bégayant. Sur scène, deux petits pianos enchevêtrés rappellent ceux que l’on trouva au domicile du musicien à sa mort, ensevelis sous les partitions inachevées et les lettres qu’il n’avait pas décachetées, mais auxquelles il répondait, à l’aveugle…
La pièce entrouvre aussi un rideau intime, sur ce qu’est la vie quand on perd ses parents très jeune, quand on perd le goût de l’existence. Satie fut d’abord un élève incompris par ses professeurs, un compositeur méprisé par la critique, un personnage parisien méconnu par ses propres amis. Entre déprime invisible (il se dit atteint de « pleurez-y »…) et alcoolisme invétéré, le destin s’écrit avec plus de notes noires que de blanches, et sans barres de mesure, comme dans ses compositions, car chacun doit choisir le tempo de sa vie. Avec une finesse précieuse, Laetitia Gonzalbes a su saisir ces soupirs qui émaillent la partition de la vie.
C’est aussi le sens du titre complet: Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde. Oui, il y a en nous tous quelque chose de Satie, que la simplicité de sa musique nous rappelle, comme de la pluie sur un trottoir, quelque chose de cet « enfant nu » – l’étymologie de « gymnopédie » – que l’on est tout au long de sa vie, par-delà les réussites et les vicissitudes.
Outre la subtilité de son auteur et metteur en scène, ce spectacle bénéficie du talent de deux comédiens délicats et enthousiastes. Elliot Jenicot, d’abord, dont la silhouette a du génie; marionnettiste de lui-même, il dessine les sentiments par ses mouvements et incarne la fragilité cristalline de cet artiste hors des codes qu’était Satie – tout comme Elliot Jenicot, d’ailleurs, acteur inclassable. Anaïs Yazit, ensuite, à la fougue réjouissante. Infirmière curieuse, groupie mutine, muse audacieuse ou jeune fille désespérée, elle est le principe de vie, elle met le compositeur à notre… portée.

Au fond, un écran blanc accueille quelques dessins fugaces, où se tracent en minces traits, comme le fil de l’existence, la barbiche et les binocles de Satie, la pluie sur Paris, le temps qu’il fait et le temps qui passe… Heureuse initiative, à l’unisson de ce spectacle tout en délicatesse.

Christophe Barbier

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Magnifique, sensuel, intelligent, émouvant, passionnant et même surprenant...

J'ai un rapport très charnel à l’œuvre D’Erik Satie et ceci depuis longtemps. Sa musique a accompagné mes amours, mes peines et mes joies. Je ne peux traverser la Normandie sans écouter les gymnopédies. Mon excitation était donc au maximum en venant voir, aujourd’hui «... Lire plus

J'ai un rapport très charnel à l’œuvre D’Erik Satie et ceci depuis longtemps. Sa musique a accompagné mes amours, mes peines et mes joies. Je ne peux traverser la Normandie sans écouter les gymnopédies.

Mon excitation était donc au maximum en venant voir, aujourd’hui « Je m'appelle Erik Satie, comme tout le monde ». Et je vous le dis le plus directement possible. Quel bonheur immense !

Ce spectacle est magnifique, sensuel, intelligent, émouvant, passionnant et même surprenant dans sa construction.

Je suis tombé amoureux de Laetitia Gonzalbes, d’Elliot Jenicot, d’Anais Yazit et de Suki. Il va peut-être falloir que j’arrête d'écouter Erik Satie. Je pense que ça me monte un peu au cerveau.

Savez-vous, tout de même qu’Erik Satie a fréquenté les plus grands ? De DEBUSSY à COCTEAU en passant par PAUL VERLAINE et SUZANNE VALLADON ? Que de nombreux musiciens se sont inspirés de son travail et qu’il n’a jamais eu la reconnaissance méritée ?

Laetitia Gonzalbes a fait un travail de documentation formidable, mais pas seulement. Elle a écrit un texte fantastique et malicieux, à tiroirs. J’adore ce type de travail artistique.

Quoi de mieux pour parler d’un créateur comme Satie, précurseur de plusieurs mouvements, dont le surréalisme, le minimalisme, la musique répétitive et le théâtre de l'absurde que de nous plonger, nous aussi, dans un univers fantasque et délirant. Je n’ai pas l’impression d’avoir rencontré Erik Satie cet après-midi mais d’être entré dans sa tête, dans son âme.

L’œuvre de Laetitia Gonzalbes, car il s’agit bien d’une œuvre, est géniale. Quel magnifique cadeau pour les deux comédiens. Elliot Jenicot (absolument immense) et Anais Yazit. Elle m’a dit que c’était sa première vraie pièce en tant que comédienne, je refuse de la croire. Elle est fantastique de douceur, de force, de subtilité et de sensualité.

Je ne peux finir sans parler de Suki, immense illustrateur, les images diffusées sont déjà une œuvre à part entière. Un spectacle dans le spectacle.

J’ai eu l’immense chance de rencontrer l’équipe de cette pièce formidable. En plus d’être talentueux. Ils sont extrêmement sympathiques et ont beaucoup humour.
Le théâtre de la contrescarpe et sa directrice ont eu l’idée géniale de souffler à l’oreille de Laetitia Gonzalbes, Erik Satie, et c'est une très grande idée, car cette jeune auteur et metteuse en scène à la très belle carrière en a fait un bijou.

Je ne suis pas tellement sûr que mon article soit utile finalement, tant je suis certain que «Je m'appelle Erik Satie, comme tout le monde» va être un immense succès. Cela ne peut pas en être autrement.

Les fées de la folie douce se sont penchées sur ce berceau.

Qui mieux que Xavier Delette, musicien et directeur du conservatoire régional De Paris pour parler de ce spectacle. «Le texte se dévoile comme l’un de ces tableaux anciens où une enfilade de portes entrouvertes induit un effet de vertige qui ne nous entraîne là, où plus rien ne répond aux critères de La pure Logique. Chaque plan questionne notre perception : sommes-nous prêts à accepter un autre qui ne fonctionnerait pas comme nous ?»

Grâce à la pièce, j’ai même appris ce que signifiait Gymnopedie, mais ça, vous le saurez en allant au théâtre de la contrescarpe.

Les photos magnifiques du spectacle sont de Fabienne RAPPENEAU, magicienne de l’art vivant et Julien Wagner est mon chouchou des attachés de presse de PARIS.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Un spectacle plaisant, enjoué...

Quelle bonne, douce et folle idée de se pencher sur Erik Satie qui n’était pas qu’un musicien inspiré, décalé, mais aussi un homme tout à fait étonnant. Écrite et mise en scène par Laetitia Gonzalbes, au petit théâtre de la Contrescarpe, la pièce... Lire plus

Quelle bonne, douce et folle idée de se pencher sur Erik Satie qui n’était pas qu’un musicien inspiré, décalé, mais aussi un homme tout à fait étonnant. Écrite et mise en scène par Laetitia Gonzalbes, au petit théâtre de la Contrescarpe, la pièce « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » donne le ton par son intitulé. Elle se veut le portrait librement inspiré, quelque peu fictionnel, d’un homme non conventionnel à l’humour caustique, à l’ironie cinglante. Pour ce faire, elle a fait appel à un comédien épatant, Elliot Jenicot, accompagnée d’une comédienne convaincante, Anaïs Yazit qui lui donne la réplique.

Erik Satie (1866-1925) avait au moins deux points communs avec la poésie de Guillaume Apollinaire. Les deux hommes ont incidemment connu une suite de brèves relations , faites de malentendus et de rendez-vous ratés. Mais l’un comme l’autre avaient décidé d’abandonner la grammaire orthodoxe de la poésie et de la musique, d’en abandonner la ponctuation académique. D’autre part, lorsque Apollinaire décide de conférer une dimension graphique à ses poèmes en les appelant Calligrammes, Erik Satie fait à peu près la même choses, notamment quand il compose « Trois morceaux en forme de poires ». La plupart de ses partitions ne comportent aucune barre de mesure.
Né à Honfleur, il tentera la formation classique mais sera jugé sans talent par ses professeurs. De dépit il entrera dans l’infanterie avant de s’en faire prestement réformer. Il sera l’ami des poètes (Mallarmé Cocteau…) des artistes (Picasso, Duchamp, Man Ray…) et des musiciens modernes comme Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc ou encore Germaine Tailleferre. Il est croyant, socialiste, pauvre, amoureux déçu de l’artiste Suzanne Valadon, et se rince avec abondance le gosier dès qu’il en a l’occasion, notamment lorsqu’il parcourt la distance le séparant de son domicile d’Arcueil avec la Butte Montmartre.

Sur la scène du théâtre de la Contrescarpe, Elliot Jenicot campe à merveille ce personnage officiellement inclassable ce qui, on en conviendra, est déjà une forme de classement forfaitaire. En costume trois pièces, cravate, lunettes et chapeau melon, le comédien s’est ni plus ni moins coulé dans le personnage, avec une crédibilité rare à la scène. Laetitia Gonzalbes s’est donné toute liberté pour venir à bout de son sujet. Le temps s’est arrêté au sein d’un hôpital et toute la pièce se joue entre un homme qui s’interroge sur son identité, cherchant sans cesse le parapluie qu’il tient à la main, face à une infirmière (Anaïs Yazit) qui lui réclame des renseignements d’admission. Le fond de la scène est en outre activé par un illustrateur qui intervient habilement sur un écran tout en faisant résonner le décompte d’un chronomètre dont on entend le tic-tac.

Elliot Jenicot a le beau rôle, celui d’Erik Satie, pensez-donc. Il y a quelque chose de Lambert Wilson chez cet acteur et la remarque est un compliment réciproque. Il redonne la parole à l’auteur des « Gymnopédies » avec une vigueur et une acuité savoureuses. Quand le personnage évoque les salles de spectacles emplies de « culs-à-bras » applaudissant à l’étourdie, on se réjouit de cette expression si bien trouvée tout en se demandant si elle est authentique. Pas moyen de retrouver la référence. Cette saillie n’est néanmoins pas sans rappeler celle que lança le critique Jean Poueigh à l’égard de l’accompagnement musical de « Parade ». La réplique de Satie « Monsieur et cher ami, vous n’êtes qu’un cul, mais un cul sans musique » (et qui lui vaudra une condamnation à de la prison et un malentendu avec Apollinaire) a donc au moins un lien de parenté par ses termes, avec celle sortie de la bouche de Elliot Jenicot.
« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » est un spectacle plaisant, enjoué, emmené par deux comédiens qui ne doivent pas regretter d’avoir choisi ce métier. Lorsqu’ils dansent tous les deux en musique tout en articulant leur texte, il y a une indiscutable gaieté dans l’air. On se laisse facilement contaminer.

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L'Évasion des Sens

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Une fresque théâtrale loufoque !

« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » est un plongeon dans la Belle Epoque avec le compositeur Erik Satie en une fresque théâtrale loufoque. Tout un chacun connaît le compositeur, l’homme au petit bouc soigné, au chapeau melon vissé sur la tête, à la... Lire plus

« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » est un plongeon dans la Belle Epoque avec le compositeur Erik Satie en une fresque théâtrale loufoque.

Tout un chacun connaît le compositeur, l’homme au petit bouc soigné, au chapeau melon vissé sur la tête, à la recherche éternelle de son parapluie noir !

Il a laissé des textes, mais surtout de nombreuses musiques encore jouées aujourd’hui, dont les célèbres Gnossiennes et les Gymnopédies. Il fut l’ami de nombreux artistes : Debussy, Cocteau, Ravel, Picasso ….

Laissant aussi plusieurs écrits, sa vie fut un roman décousu qu’il traversa avec humour, à l’image de la pièce où les situations s’enchaînent entre morceaux de théâtre et visions quasi cinématographiques sur l’écran en fond de scène.

Mais loin de moi l’idée de vous expliquer le sens de la pièce ; car dans ce spectacle tout n’est que fiction sur fond d’ironie, de légèreté dansante.

Les 2 rôles sont magistralement interprétés par Elliot Jenicot, un ancien de la Comédie Française, et la jeune Anaïs Yazit aussi pétillante que son rôle.

Un duo qui s’amuse avec brio sur la scène pour notre plus grand plaisir.

Fiction ou réalité ? allez savoir !

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Patrimoine de France

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Elliot Jenicot campe un Erik Satie tout à la fois sincère et baroque.

Le décor est planté, nous sommes dans un asile psychiatrique. Anna, jeune infirmière accueille un nouveau venu : Erik Satie. Elle le questionne sur ses antécédents, sa vie. Intriguée par ses réponses, elle s'attarde à son chevet et un dialogue s'instaure. En quelle année... Lire plus

Le décor est planté, nous sommes dans un asile psychiatrique. Anna, jeune infirmière accueille un nouveau venu : Erik Satie. Elle le questionne sur ses antécédents, sa vie. Intriguée par ses réponses, elle s'attarde à son chevet et un dialogue s'instaure.

En quelle année sommes-nous ? sous la plume de l'illustrateur SUKI le temps s'égrenne et nous traversons un autre monde.

Une gymnastique de l'esprit 

Dans l'univers d'un compositeur (1866-1925)  rebel à son époque, qui toute sa vie tente d'imposer sa vision de la musique. L'artiste a l'imagination fertile, il donne des noms insolites à ses œuvres  "Ses Gymnopédies (1848),  "Trois morceaux en forme de poires" (1903)

"Il n'y a pas de vérité en art"

Elliot Jenicot campe un Erik Satie tout à la fois sincère et baroque. Bien souvent la mélancolie est associée à ces interludes de piano. Sans doute ses blessures que l'on ressent. Mais l'homme a eu plusieurs vies, il s'engage pour différentes causes. Il sera au coeur de mouvement artistique naissant à Paris, une époque flamboyante où l'on croise Picabia, Picasso, Cocteau, Diaghilev...

Tous les arts se côtoient, les rencontres alimentent son oeuvre

Ses amis, ses amours

"Un musicien égaré dans son temps" comme parlait de lui son ami Claude Debussy, que ses prises de position finiront par séparer. En amour il est intransigeant. Il évoque sa passion pour Suzanne Valadon qui le quittera aussi.  

L'auteur Laetittia Gonzalbes nous entraîne dans une fiction qui suscite l'envie d'écouter à nouveau Satie. Anaïs Yazit déploie un charme et une force qui se dévoilent crescendo. Cette création est interprétée avec brio par un duo énergique et radieux.

Erik (avec un K) Satie a légué une oeuvre qui ne meurt pas. Il aurait certainement apprécié cette pièce plus qu'un long discours, elle nous fait apprivoiser un homme décidément pas comme tout le monde.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Un véritable enchantement théâtral

Les  Gymnopédies  d’Erik Satie ,  composées alors qu’il n’avait que 22 ans, continuent de nous hanter. Il n’avait pas hésité à l’époque, en expérimentateur hors pair, à faire de véritables performances artistiques, qui ont parfois... Lire plus

Les Gymnopédies d’Erik Satiecomposées alors qu’il n’avait que 22 ans, continuent de nous hanter. Il n’avait pas hésité à l’époque, en expérimentateur hors pair, à faire de véritables performances artistiques, qui ont parfois dérouté le public, provoquant même le scandale. Précurseur des mouvements surréalistes et minimalistes, toujours inclassable, le voici désormais héros d’une pièce sur sa propre vie, également inclassable, tant elle convoque diverses formes, entre danse, illustrations projetées et musique, bien évidemment.

Dans Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde de Laetitia Gonzalbes (qui met également en scène), actuellement au Théâtre de la Contrescarpe, on pénètre dans l’esprit de l’étrange compositeur, alors qu’il est hospitalisé pour consommation excessive d’alcool (il mourra d’ailleurs d’une cirrhose du foie). Il raconte quelques pans de sa vie à Anna, une infirmière énamourée de son œuvre.

C’est Elliot Janicot, ex-pensionnaire de la Comédie Française qui prête ses traits à Satie, endossant son costume étriqué, son chapeau melon, son pince-nez et son parapluie, avec une énergie débordante et un charisme qui enveloppe la scène littéralement. Il donne la réplique à la comédienne et chanteuse Anaïs Yazit, qui ne démérite pas et qui suit la cadence ou la précède, c’est selon. Derrière eux, donnant à voir ce qui se trame dans la tête de Satie (et Dieu sait qu’il y en a, des choses), des projections d’illustrations signées Suki, qui valent à elles seules le déplacement, où Satie devient un héros de dessin animé, où ses lettres se dévoilent, ses notes s’épanouissent. Un véritable enchantement théâtral.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

La fantaisie, les embardées, les envolées, la poésie s’entremêlent

Ancien pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot compose ici un magnifique duo avec la jeune et talentueuse Anaïs Yazit. ce duo vous invite à glisser, “à l’insu de votre plein gré” dans un univers, leur univers où la fantaisie, les embardées, les... Lire plus

Ancien pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot compose ici un magnifique duo avec la jeune et talentueuse Anaïs Yazit. ce duo vous invite à glisser, “à l’insu de votre plein gré” dans un univers, leur univers où la fantaisie, les embardées, les envolées, la poésie s’entremêlent , où les syllogismes, les métaphores, les digressions, les oxymores s’enlacent, se croisent sous un ciel tantôt étoilé, lumineux, tantôt nuageux, sombre voir menaçant. 

Lâchez prise avec la logique, l’analyse, le pragmatisme et laissez vous porter sur le fil parfois tenu de ces deux funambules dont l’équilibre semble parfois si fragile qu’il ne tient qu’à un fil… 

Vous sortirez, peut être avec plus que questions que de réponses, avec le sentiment de n’avoir pas précisément cerner les contours de ces deux personnages atypiques, tourmentés mais aussi touchants, attendrissants tant leur imaginaire semble sans limite et que leur réalité semble toute aussi improbable. 

Comme le sable qui file entre les doigts, la certitude n’aura finalement que peu de place… mais n’est ce pas là la magie ? 

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Laetitia Gonzalbes réussit cette hardie entreprise à double détente !

Spectacle conçu et mis en scène par Laetitia Gonzalbes, avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit. Sous le titre-citation "Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde", Laetitia Gonzalbes propose un spectacle hybridant vérité historique et fiction pour tracer un biopic théâtralisé de Erik Satie,... Lire plus

Spectacle conçu et mis en scène par Laetitia Gonzalbes, avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit.

Sous le titre-citation "Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde", Laetitia Gonzalbes propose un spectacle hybridant vérité historique et fiction pour tracer un biopic théâtralisé de Erik Satie, compositeur singulier et unique avec, et entre autres, "Les Gymnopédies", "Les Gnossiennes" et Trois morceaux en forme de poire", et également dramaturge, novelliste, billettiste et philosophe de l'absurde.

La partition se compose donc, et en partie, des écrits de Satie, dont les publications dans la Revue musicale telle "La journée du musicien", de sa correspondance, comme les lettres à Biqui, la peintre Suzanne Valadon, son grand amour inaccompli, de ses aphorismes qui préfigurent ceux de Cioran, et de ses vitupérations notamment contre la, et les, critique(s) qui assassine le fameux ballet "Parade" à l'affiche duquel il figure en compagnie de Jean Cocteau et Pablo Picasso.

Mais elle comporte également une fiction imbriquée, dont l'argument inattendu ne saurait être dévoilé même si la première scène, celle d'un malade interné d'office pour trouble sur la voie publique qui, soumis à l'interrogatoire d'une infirmière étrangement vêtue d'une robe à étoiles, ne reconnaît pas être Erik Satie mais un contemporain né en 1962, en constitue l'indice.

Laetitia Gonzalbes réussit cette hardie entreprise à double détente avec une dramaturgie maîtrisée pour ménager le suspense et différer sa révélation et les combiner, avec musique, chansons et pantomimes, en un kaléidoscope magique qui ressort tant au conte qu'au drame en assurant la dualité des personnages tout comme s'avère inventive sa mise en scène à la mesure de la fantaisie satienne.

Elle signe également la superbe scénographie, avec la création des décors par Claire Avias, qui dresse sobrement, par une approche poétique, l'univers de Satie avec un tabouret de piano et deux pianos miniatures se chevauchant, dans une bichromatique noir/blanc des partitions musicales.

En l'espèce, celles-ci sont figurées par des feuilles volantes dissimulant les spots latéraux entourant un écran sur lequel est projetée une amusante illustration graphique animée réalisée par Suki avec de guillerets inserts musicaux signés par Tim Aknine et David Enfrein.

Au jeu, deux comédiens en symbiose porte haut cet opus : l'aîné aguerri, Elliot Jenicot qui compose un formidable '"Esotérik Satie", grand escogriffe à besicles et chapeau melon, obsessionnel du parapluie, dandy maniaque qui crève de solitude et la jeune Anaïs Yazit à la fraîcheur prometteuse incarnant avec une délicate sensibilité les figures féminines.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Une pièce d’une sensualité extrême !

Le Théâtre de la Contrescarpe fait partie de mes théâtres parisiens favoris. Outre le fait qu’il soit situé à deux pas de la Place avec laquelle il partage son joli nom, il programme régulièrement des pièces dont je me délecte. Après ... Lire plus

Le Théâtre de la Contrescarpe fait partie de mes théâtres parisiens favoris.

Outre le fait qu’il soit situé à deux pas de la Place avec laquelle il partage son joli nom, il programme régulièrement des pièces dont je me délecte.

Après l’Étrange Affaire Emilie Artois que nous avons pu voir au début de l’été (et dont la dernière était le 30 septembre) voici une excellente pièce mise en scène par Laetitia Gonzalbez :

Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde!

Erik Satie, compositeur hors norme, avant-gardiste virtuose, composa des musiques aujourd’hui jouées dans le monde entier. Les plus célèbres sont les célébrissimes Gymnopédies.

Néanmoins, la personnalité d’Erik Satie était un brin fantaisiste avouons-le. Il fréquentait néanmoins les grands artistes de son époque et fut l’ami de Debussy, Cocteau, Picasso…mais pas vraiment celui des critiques…

JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE évoque la vie de cet homme original.

Mais à cette histoire vient s’entremêler celle d’Anna…

Mais qui est vraiment Anna?

Est-elle cette jeune infirmière parfois timide et hésitante, ou plutôt cette jolie jeune femme effrontée et entreprenante? Simple infirmière un peu inexpérimentée … ou elle-même patiente de cet hôpital ?

Anaïs Yazit et Elliot Jenicot sont parfaits dans ces rôles où, au bout du compte, et comme le fera remarquer Anna :

« … est-ce vous qui me soignez ou moi qui vous soigne???… »

Le texte (de Laetitia Gonzalbes qui est également metteur-e en scène) est un véritable bijou et ce dans ses moindres détails !

Ces dialogues pleins d’humour, entrecoupés de scènes chantées et dansées, les jolies illustrations de SUKI (*) projetées en arrière-plan (dont on peut dire qu’elles font partie intégrante de la pièce) en concordance totale avec le personnage – un peu rétro – d’Erik Satie.

La mise en scène est tellement réussie!

Quant aux deux comédiens, ma première impression fut que la pièce avait été spécialement écrite juste pour eux !

Ils « collent » parfaitement aux personnages et font preuve d’un immense talent… tout aussi physique que théâtral.

Ceci dit, rien de surprenant: 

Elliot Jenicot (Erik Satie), est un ancien de la Comédie française… Rien que ça!  Il s’est très tôt formé à la comédie mais également au mime et au clown.

Et quant à Anaïs Yazit, n’a-t-elle pas fait ses premiers pas artistiques en dansant et décroché ses premiers contrats professionnels dès ses onze ans ? Depuis elle mène de front une carrière de danseuse et de comédienne en plus de ses ateliers de théâtre …

Tous deux investissent la scène avec une vitalité extraordinaire. Résultat: le spectacle est à la mesure de leur talent, c’est-à-dire, extra !

Et finalement, je vous laisse la surprise, mais vous verrez, c’est quand même une pièce d’une sensualité extrême!

Bref vous l’aurez compris, vous devez aller voir Je m’appelle Erik Satie, Comme tout le monde car cette pièce vaut (ô combien !) le déplacement.

Et pour finir, quelques photos prises lors de nos échanges avec les comédiens, la metteur-e en scène, la directrice artistique du théâtre et les journalistes qui étaient présents à la Générale de presse.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Une joyeuse création !

Lætitia Gonzalbes se penche avec un regard passionné sur la vie du grand compositeur dont les Gymnopédies ont bercé la mélancolie de chacun d'entre nous. 'Je suis venu au monde très jeune dans un temps très vieux' . Lætitia Gonzalbes, nourrie de cette phrase d'Erik Satie,... Lire plus

Lætitia Gonzalbes se penche avec un regard passionné sur la vie du grand compositeur dont les Gymnopédies ont bercé la mélancolie de chacun d'entre nous.

'Je suis venu au monde très jeune dans un temps très vieux' .
Lætitia Gonzalbes, nourrie de cette phrase d'Erik Satie, aborde l'originalité d'un être et d'une œuvre souvent mal comprise.

Erik Satie se construit à travers une vie faite de manque : le manque affectif avec la perte de sa mère lorsqu’il a six ans, et le manque de moyens aussi, la misère, celle qu'il nommera la Fille aux grands yeux verts, à force de la côtoyer.
La pièce nous raconte la vie artistique et foisonnante d'Erik Satie dans ce Montmartre qu'il fréquente, côtoyant Mallarmé, Verlaine, Cocteau ou Debussy.
Même lorsqu’il habitera Arcueil, il ne quittera jamais Montmartre, arpentant les kilomètres qui le sépare de son triste appartement, rempli de correspondances qu'il n'a jamais décachetées. 
Lætitia Gonzalbes crée une pièce qui multiplie les références biographiques tout en jouant avec la fiction.
Anna (Anaïs Yazit) apparait sur scène comme personnifiant cette compagne imaginaire d'Erik Satie, cette mystérieuse fille aux grands yeux verts.
L'alchimie entre Elliot Jenicot et Anaîs Yazit opère. Entre fraicheur et intensité, ils forment un duo complice et attentionné.
Erik Satie et Anna s’apaisent autant qu'ils se bousculent portés par une mise en scène à la fois enjouée et délicate.

Lætitia Gonzalbes s’intéresse au processus créatif né de douleurs, d'angoisse et de colère.
Car Erik Satie est en colère. Désavoué par la critique, sa voix s'élève contre 'les acclamations incompétentes', le snobisme d'un public et d'une critique dont lui, l'artiste, veut bousculer le confort.
'Les précurseurs font scandale'.
Lætitia Gonzalbes dessine le portrait d'un esprit révolutionnaire. Renvoyé du conservatoire, souvent hué, il s’élève contre les diktats d'une vérité artistique établie. 'Il n'y a pas de vérité en art'.
Grand barbu frêle au chapeau melon, fétichiste du parapluie, son portrait s'anime dans le décor.
Les illustrations de Suki donnent vie aux lettres écrites à sa maitresse Suzanne Valadon. Les notes dansent sur les étoiles.
La fiction se mêle aux détails troublants de la vie de l'artiste et les illustrations, la musique, les lumières, fusionnent en une joyeuse création.

Lætitia Gonzalbes lève un voile subtil et poétique sur la vie du grand compositeur torturé.
Je m'appelle Erik Satie, comme tout le monde, nous parle à tous. Comment composer avec le manque, comment composer avec soi-même ?
Lætitia Gonzalbes met en scène avec grâce l'artiste aux pianos entremêlés qui compose la partition de la vie faites de Vexations et de Gymnopédies.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Un spectacle des plus réussis. Un moment théâtral et musical surprenant...

Laetitia Gonzalbes nous fait ici un très beau cadeau artistique. Un spectacle riche et léger, documenté et charmant où une ribambelle de surprises virevoltent et se posent un instant sur notre imaginaire pour s’envoler très vite et laisser place aux suivantes. Voici du théâtre musical de... Lire plus

Laetitia Gonzalbes nous fait ici un très beau cadeau artistique. Un spectacle riche et léger, documenté et charmant où une ribambelle de surprises virevoltent et se posent un instant sur notre imaginaire pour s’envoler très vite et laisser place aux suivantes. Voici du théâtre musical de haute tenue qui réussit un double exploit. Évoquer en l’illustrant adroitement la vie de Satie, son œuvre dans son contexte et nous happer par une histoire qui va crescendo, nous bousculant de ses nombreux rebonds. C’est captivant et envoûtant, nous sommes emportés dans un merveilleux baroque et loufoque qui peu à peu devient saisissant.
 
Retrouver Érik Satie est toujours un plaisir immense perlé de découvertes iconoclastes et captivantes tant sa vie fut particulière, flamboyante et triste, insouciante et sérieuse, à l'image de ces artistes, génies de création, reconnus et adulés à présent mais souvent honnis ou oubliés de leurs vivants.
 
Que cela soit chez lui dans sa maison de Honfleur aujourd'hui devenue musée ou encore dans les évocations théâtrales ou plastiques, et bien sûr à l'écoute de sa musique, l’univers de Satie et ses délires fantasmagoriques prenant vie dans ses expressions ou ses musiques en forme de poésie burlesque nous trouble, nous touche et nous caresse comme pour consoler ou rassurer, séduire ou enchanter. Sans doute tout cela à la fois, autant que permis et désiré. Ce spectacle le restitue finement. Un délice.
 
L'écriture de Laetitia Gonzalbes s’appuie sur une composition variée de textes, d’images et de situations. Poèmes, pas dansés mis en place au cordeau, dessins projetés, lectures et jeux.  La poésie de l’ensemble, rythmée par des ruptures, se maquille de surréalisme et s’habille de non-sens. L’absurde vient toucher l’abstrait sans le faire tomber. Satie ne rougirait pas, ironiserait-il ? sans doute un peu mais un rien, juste ce qu’il faut pour garder son chapeau melon posé dignement sur la tête et sa réputation toujours établie.
 
La mise en scène met en valeur les jeux et la progression de l’histoire avec un habilité de velours et une brillante et lumineuse mise en place. Les éclats de joie nourrie de dérision, les souffrances contenues qui s’échappent par moments, la complémentarité complexe et si vraie des deux personnages, sont détonants. La curiosité est entretenue dans un vrai-semblant de divertissement. L’émotion surgit par moments mais tisse une grande toile peu à peu. Les sensations passent la rampe, nous ravissent et nous emportent littéralement dans cette curieuse et merveilleuse histoire.
 
Elliot Jenicot est un Satie plus vrai que nature. Ses intonations, son corps et son jeu, voltant du caustique à l’attendrissement en passant par la colère et la séduction, sont d’une crédibilité et d’une efficacité époustouflantes. Nous savions ce comédien très bon mais là, il resplendit. Anaïs Yazit compose une Anna touchante et surprenante dans ses sautes d’humeur parfaitement maîtrisées. Sa palette de jeux est impressionnante. Jeune femme forte et sûre d’elle, jeune femme meurtrie ou figure onirique, elle joue avec une fluidité expressive remarquable. Chapeau bas mademoiselle Yazit et monsieur Jenicot, vous nous avez fait vibrer de plaisirs et de sensations.
 
Un spectacle des plus réussis. Un moment théâtral et musical surprenant tant par son écriture que par son interprétation. Du très bel ouvrage. Immanquable rendez-vous délicieux et étonnant avec Satie.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Les textes sont puissants et magnifiquement interprétés par un duo remarquable.

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde – Fiction de Laetitia Gonzalbes. Compositeur excentrique, novateur, fantaisiste et dépressif dont la modernité et l’indépendance ont rendu sa musique intemporelle, Erik Satie a vécu une vie hors norme. « Je m’appelle Erik Satie comme... Lire plus

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde – Fiction de Laetitia Gonzalbes. Compositeur excentrique, novateur, fantaisiste et dépressif dont la modernité et l’indépendance ont rendu sa musique intemporelle, Erik Satie a vécu une vie hors norme.
« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » conte la vie de cet homme original, à travers une fiction pleine d’ironie et d’humour, surprenante, musicale, esthétique… à l’image de l’extravagant compositeur.
Erik Satie fut un compositeur hors norme. Avant-gardiste virtuose, il composa des musiques aujourd’hui jouées dans le monde entier, telles les célébrissimes Gymnopédies. En homme libre, il fit de sa vie un véritable roman, avec humour et légèreté, et fut l’ami des grands artistes de son époque : Debussy, Cocteau, Picasso, Ravel…
Le texte se dévoile comme l’un de ces tableaux anciens où une enfilade de portes entrouvertes induit un effet de vertige qui nous entraîne là où plus rien ne répond aux critères de la pure logique. Chaque plan questionne notre perception : Sommes-nous prêts à accepter un autre qui ne fonctionnerait pas comme nous ?


NOTRE AVIS :
Spectacle déroutant où passé et présent se mêlent, dans une mise en scène très poétique. Les textes sont puissants et magnifiquement interprétés par un duo remarquable. Excessif, extravagant, alcoolique, Erik Satie a dû en dérouter certains du temps de son vivant. Même s’il s’agit là d’une fiction, l’on est scotché, amusé et ému par tant de fragilité voire de folie. Un bon moment…

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Erik Satie manie avec adresse l’ironie et l’humour noir pour dépeindre son époque !

Surnommé « Esotérik Satie », Erik Alfred Leslie Satie est, selon Debussy, « un musicien médiéval et doux, qui se serait égaré au XIXe siècle ». Curieux portraits… Mais il est vrai que monsieur Satie est un artiste inclassable, hors du temps, capable... Lire plus

Surnommé « Esotérik Satie », Erik Alfred Leslie Satie est, selon Debussy, « un musicien médiéval et doux, qui se serait égaré au XIXe siècle ». Curieux portraits… Mais il est vrai que monsieur Satie est un artiste inclassable, hors du temps, capable d’émouvoir toutes les générations. Un homme intrigant à découvrir au théâtre de la Contrescarpe, à Paris, du 3 octobre 2019 au 4 janvier 2020.

Le texte de Laëtitia Gonzalbes décrit « par petites touches ce personnage pétri de contradictions », dont il se sort la plupart du temps par une simple pirouette. L’air de rien, Erik Satie manie avec adresse l’ironie et l’humour noir pour dépeindre son époque et répondre à ses détracteurs, pour le plus grand plaisir de son auditoire. La pièce nous invite à nous délecter de ces quelques bons mots, à travers la reprise de nombreuses citations du musicien, qui nous laisse entrevoir, de façon décousue, quelques aspects de sa vie.

Au début et à la fin du spectacle retentissent en off les voix d’Erik Satie enfant et de sa mère Jane Leslie Anton jouant à cache-cache, comme si nous allions remonter à le temps pour découvrir ce jeune Normand facétieux au fil des années.


Puis, plus rien. Seulement des murs blancs baignés de lumière. De Satie, il ne reste que les quelques partitions de musique suspendues de part et d’autre de la scène et éclairées par le bas à l’aide d’un projecteur posé au sol.


Changement d’atmosphère. Nous sommes dans le service psychiatrique du centre hospitalier d’Honfleur, ville natale d’Erik Satie. Il est 21 heures. L’orage gronde au-dehors et la pluie tombe dru. Un patient vient de se suicider. Deux autres manquent à l’appel. L’un est un homme qui ressemble étrangement à Erik Satie. Il est vêtu d’un costume trois pièces noir, d’une cravate avec faux col et d’un chapeau melon. Il porte un parapluie et des binocles, qui tiennent tant bien que mal en équilibre sur son nez. Il arbore une barbiche et une moustache. L’autre est une jeune femme, habillée d’une blouse blanche avec des motifs fantaisistes noirs (étoiles…). Est-ce la tenue d’une infirmière ou une chemise de nuit ? Difficile à dire.

Sur le mur du fond, un compte à rebours s’enclenche, nous ramenant une heure avant la tragédie.

Enfin, nous rencontrons Erik Satie. Le pauvre bougre est hospitalisé. Il souffre de plusieurs pathologies sévères (cirrhose du foie, pleurésie, pneumonie, rhumatisme, polype dans le nez, alcoolisme, tabagisme…). Heureusement, cette semaine, c’est Anna qui est de garde pour égayer ses après-midis.

Lors de son bilan de santé habituel, Satie se dévoile petit à petit et en musique s’il vous plaît ! Si les chansons La Bohème de Charles Aznavour et J’irai revoir ma Normandie de Frédéric Bérat n’appartiennent pas au répertoire du musicien et paraissent quelque peu anachroniques, elles transcrivent néanmoins l’atmosphère d’une époque et évoquent les origines de l’artiste.

Les autres morceaux sont, quant à eux, bien de Satie. De la mise en musique de Sylvie ! et Élégie, deux poèmes de J.P. Contamine à Vexations, un morceau un brin névrotique, né suite à sa rupture avec son grand amour, Suzanne Valadon, en passant par Trois morceaux en forme de poire, une œuvre composée pour railler non seulement ses détracteurs, mais aussi son grand ami Claude Debussy, qui lui reprochaient l’absence de forme dans sa musique, rien ne manque.

Bien entendu, Les Gymnopédies, orchestrées par Debussy, sont aussi de la partie. Le titre évocateur de cette œuvre, qui signifie littéralement la danse des enfants nus, inspire particulièrement Anna, qui se met à danser telle une petite fille, sa nudité à peine cachée par un voile…

Quelle étrange jeune femme que cette Anna ! Elle, qui semble être au départ un personnage rationnel, plutôt banal, se révèle au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire une personne bien plus complexe qu’il n’y paraît…, à l’instar de l’environnement dans lequel elle évolue. Animé par les illustrations et textes de Suki projetés sur le mur du fond, ce dernier nous emmène aux frontières du réel et de l’imaginaire.

Nous avons tous des fêlures. Anna et Satie aussi. La différence réside dans la manière dont nous les surmontons…

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Esthétiquement, c'est très réussi...

J'ai été aussi très convaincue par le jeu d'Elliot Jenicot, qui n'a plus à prouver qu'il sait jouer l'originalité de ses personnages sans les caricaturer. Il joue simplement le décalage du personnage, y ajoutant une pointe d'humanité bienvenue.

Planète Campus

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Ce pétillant hommage à Satie raconte avec humour la vie du compositeur...

Ecrit et mis en scène par Laetitia Gonzalbes, ce pétillant hommage à Satie raconte avec humour la vie du compositeur qui était à la fois excentrique, original et inventif . Sur les belles notes de ses Gymnopédies, avec en fond de scène un défilé d’ illustrations humoristiques... Lire plus

Ecrit et mis en scène par Laetitia Gonzalbes, ce pétillant hommage à Satie raconte avec humour la vie du compositeur qui était à la fois excentrique, original et inventif . Sur les belles notes de ses Gymnopédies, avec en fond de scène un défilé d’ illustrations humoristiques signées Suki, les deux interprètes évoluent avec une très belle énergie pour évoquer la vie hors-norme,  parfois scandaleuse   du compositeur. Avec Elliot Jénicot qui campe un Satie touchant de folie et de cynisme et  Anaïs Yazit, sa complice à la fois tendre et imprévisible.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Elliot Jenicot habite le rôle de Satie comme s’il y avait toujours vécu.

Un spectacle en forme de poire THÉÂTRE Laetitia Gonzalbes met en scène la vie et l’œuvre du génial compositeur Erik Satie. Elliot Jenicot habite le rôle de Satie comme s'il y avait toujours vécu. Tout commence là où tout s'apprête a finir. Au service... Lire plus

Un spectacle en forme de poire

THÉÂTRE

Laetitia Gonzalbes met en scène la vie et l’œuvre du génial compositeur Erik Satie.

Elliot Jenicot habite le rôle de Satie comme s'il y avait toujours vécu.

Tout commence là où tout s'apprête a finir. Au service psychiatrique du centre hospitalier de Honfleur, département du Calvados. Un vieux dégingandé en faux col et chapeau melon fait irruption. Il tient en main un parapluie et s'appelle Erik Satie, « comme tout le monde ». Du moins, c'est ce qu'il prétend. Et s'il ne l'est pas, il lui ressemble bougrement, avec son pince-nez de travers, sa barbe en pointe, ses yeux en coulisse et son sourire moqueur. Une infirmière a sa charge. Elle est jeune, fraîche, pimpante et ne s'appelle pas Erik Satie.

C’est à partir de cette confrontation de générations et d'époques (« Quelle curieuse époque cette époque », disait Satie de son temps) que l'auteur et metteur en scène Laetitia Gonzalbes déroule la vie et l' œuvre du compositeur. « Vous souffrez ? » demande l’infirmière. « Bien sûr, répond le patient. Je suis venu au monde très jeune dans un monde très vieux ». De ce genre d'aphorismes, la vie de Satie regorge. Il n'y a qu'à secouer pour qu'il en tombe des grappées. Et jusque sous ses partitions qu'il truffait de notes à l'attention de l'interprète : « Avec conviction et une tristesse rigoureuse », commande-t-il en préambule d'une Gnossienne. « Très luisant », indique-il sous un accord, comme autant d'invitations à ne pas respecter ses didascalies.

Erik Satie, qui composait sans barre de mesure – sans mesure non plus – ne fut que vents et contraires, perpétuellement drapé dans l’ironie. « L’homme le plus versatile du monde », prétendait le philosophe et musicologue Paul Landormy.À sa mort, en l925, ses amis découvrent dans son petit studio d'Arcueil deux pianos ficelés l’un à l’autre, une collection de parapluies, pour la plupart sous emballage – de peur qu'ils ne se mouillent – et une centaine de lettres jamais décachetées auxquelles il répondait toujours. À l'aveugle...Moment de colèreMais au-delà de l'anecdote et du pittoresque, dont il eût été regrettable de se contenter, la pièce explore les facettes moins riantes de la vie du compositeur, orphelin de mère à 6 ans, élève incompris de ses professeurs et méprisé par la critique. Un homme secret, méconnu de ses amis même et, en prime, alcoolique notoire. De sa rupture avec son unique et grand amour Suzanne Valladon « défenestrée dans un moment de colère » – ils habitaient par chance le premier étage –, au scandale du ballet Parade, en passant par les Trois morceaux en forme de poire, composés en réponse à son ami Claude Debussy, qui lui reprochait l'absence de forme dans sa musique, rien ne manque. La vie de Satie fut certainement moins douce que sa musique et c'est la subtilité de cette pièce que de donner à voir la complexité d'un artiste à l’œuvre pourtant si limpide.

Il faut également saluer le talent d'Elliot Jenicot, ancien pensionnaire de la Comédie-Française, acteur au moins aussi inclassable que son modèle, qui habite le rôle comme s'il y avait toujours vécu; et celui de sa partenaire Anaïs Yazit, infirmière moins ingénue qu'elle n’y paraît, tour à tour mère, fille et muse de son patient. Derrière eux, sur une toile blanche passent fugaces les dessins d'un certain Suki, petitespattes de mouche échappées d'une Gymnopédie. Voilà du théâtre sans prétention excessive au service d'un homme qui n’en avait pas davantage.

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Ce qui est remarquable

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Un spectacle inclassable... qui chamboule l'âme... à partager intensément !

Il y a d’abord deux interprètes. Anaïs Yazit est une tragédienne géniale et un clown adorable, et l’inventif Elliot Jenicot dont les possibilités d’interprétation semblent infinies. Le compositeur Erik Satie hante les lieux et va jusqu'à prendre possession d'Elliot Jenicot. Entre... Lire plus

Il y a d’abord deux interprètes. Anaïs Yazit est une tragédienne géniale et un clown adorable, et l’inventif Elliot Jenicot dont les possibilités d’interprétation semblent infinies. Le compositeur Erik Satie hante les lieux et va jusqu'à prendre possession d'Elliot Jenicot. Entre extravagance et intériorité, le voyage est mouvementé et passionnant. « Erik Satie vécut emmitouflé dans son ironie. » (Roland de Candé dans son Nouveau Dictionnaire de la musique). Le personnage d'Erik Satie transporte avec lui juste ce qu’il faut de poésie pure et de pitreries finement interprétées par Elliot Jenicot. Car pour parler d’un drame, il n’y a rien de mieux que l’humour. ErikSatie a transformé la perception de la musique, l’auteur et metteur en scène Laetitia Gonzalbes s’en inspire pour l’appliquer à la perception de la folie, un spectacle inclassable.
Le drame qui se joue évoque une douleur abyssale, de celle dont on ne se remet pas. Pourtant, l’auteur, à grands renforts d’amour et de musique, ne s’épanche pas en de dégoulinantes considérations, bien au contraire. Laetitia Gonzalbes touche l’essentiel en usant d'un humour particulier, celui des timides. Epaulée très artistiquement par Tim Aknine et David Enfrein, Laetitia Gonzalbes réunit un vocabulaire varié inspiré de la caricature (par les remarquables et très vivantes illustrations projetées de Suki), de la poésie, de la musique, de la danse ainsi que de la pantomime, pour créer un seul et unique langage. Une langue à part entière, tout entière vouée à créer de la beauté et à divertir tout en transmettant des sentiments justes. Un grand écart artistique, une parabole peut-être, sur la vie du compositeur qui fut obligé de travailler dans des cabarets pour gagner sa vie alors qu’il demeure un des plus grands compositeurs à la création radicalement révolutionnaire et visionnaire.
Pour soupirer de tendresse, « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » est un spectacle qui chamboule l'âme. Il est à partager intensément avant qu’il ne s’échappe duThéâtre de La Contrescarpe pour une très longue vie.
Laurence Caron

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Interview Paname et moi d'Elliot Jenicot

LE PARIS D’ELLIOT JENICOT, COMÉDIEN L’ex-pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot, incarne en ce moment -au Théâtre de la Contrescarpe-, le compositeur Erik Satie, dans la pièce J e m’appelle Erik Satie comme tout le monde . Une performance habitée qui valait... Lire plus

LE PARIS D’ELLIOT JENICOT, COMÉDIEN

L’ex-pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot, incarne en ce moment -au Théâtre de la Contrescarpe-, le compositeur Erik Satie, dans la pièce Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde. Une performance habitée qui valait bien un portrait ! Voici son Paris.

Depuis quand êtes-vous à Paris ?

Je me suis installé à Paris (à Montreuil) en août 2011, suite à mon engagement à la Comédie Française.

Votre premier souvenir à Paris ? 

Un souvenir d’enfance : le périphérique, en descendant en vacances vers le Sud. Je voyais la Tour Eiffel de loin, je rêvais d’une ville que je ne connaissais que par la télévision. Je n’y suis venu pour la première fois, en séjour, qu’à l’âge de 20 ans… Emerveillé !
Un souvenir artistique : le Festival Mondial du Cirque de Demain en 1988, en duo comique… 

Paris vous le / la définiriez comment ? 

Une dame élégante et capricieuse, cultivée et charismatique, mais pas toujours bienveillante.

Quel est votre ou vos endroit(s) favori(s) à Paris ?

Les théâtres dans lesquels je joue !

Quel est votre musée favori ? 

Le Musée d’Orsay sans hésiter, pour le lieu et la scénographie de ses expositions. Le Centre Pompidou, pour sa modernité.  

Un restaurant fétiche ? 

Je reste toujours explorateur, à la quête d’une bonne surprise, mais en ce moment, La Petite, au 53 rue Lacépède, à côté du Théâtre de la Contrescarpe. Ou Bijou, 10 rue Dancourt, les meilleures pizzas de Paris ! Mais j’aime assez l’esprit des bonnes brasseries traditionnelles.

Une boutique fétiche ? 

La FNAC, pour errer aux heures calmes. Ou chez Roganel, 23 rue des Archives, car je suis accroc aux marinières.

Un salon de thé, un café, un brunch ou autre à recommander ?

Pour les brunchs, le Mama Shelter (109 rue de Bagnolet 75020 Paris). Le patron est un pote !

Quel est votre quartier préféré ?

Tout dépend de mon humeur… Les Abbesses, autour de la rue Mouffetard, certains coins de St Germain, le Canal Saint-Martin, les ponts historiques, mais j’aime aussi me retrouver rue Oberkampf, à Belleville, Ménilmontant… La liste est longue. On découvre Paris à chaque coin de rue !

Comment vous déplacez-vous à Paris ? 

En métro, en vélo dans mon quartier, en Uber quand il n’y a plus de métros, en voiture parfois, la nuit.

Que diriez-vous à Paris ?

« Respire ! Et calme toi … t’es plus toute jeune, chérie ! »

Si Paris était une chanson / une musique ?

Quartier Latin de Léo Ferré.

Si Paris était une odeur ?

Les gaz en tous genres !

Votre saison préférée à Paris ?

Peu importe la saison, mais sans pluie ! La pluie à Paris, c’est névrotique.

Un bar préféré, un lieu la nuit ? 

Je n’ai pas un lieu préféré… J’aime errer à pied sur les quais, la nuit. Paris en lumière, c’est cinématographique, ça ouvre l’imaginaire.

Paris le matin ? 

Aux heures de pointe, c’est tachycardiesque (le mot n’existe pas), mais il me convient. A une terrasse tranquille, dans le Quartier latin, quand tu espères croiser un poète .

Paris le dimanche ? 

Parfois… Mais là où il y a du vert. Sinon, en bords de Marne, ça peut détendre…

Paris et vous ?

C’est un roman. Je n’en ai pas fini la lecture.  

Merci Elliot !

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Interview d'Elliot Jenicot : La petite musique d’Erik Satie

Elliot Jenicot : La petite musique d’Erik Satie Le génie du compositeur Erik Satie n’avait d’égal que son originalité. Pénétrer dans cet univers décalé, c’est l’occasion pour Elliot Jenicot de trouver un rôle à sa mesure. Ancien pensionnaire de la... Lire plus

Elliot Jenicot : La petite musique d’Erik Satie

Le génie du compositeur Erik Satie n’avait d’égal que son originalité. Pénétrer dans cet univers décalé, c’est l’occasion pour Elliot Jenicot de trouver un rôle à sa mesure. Ancien pensionnaire de la Comédie Française, il exprime ses talents de comédien dans un spectacle dont Erik Satie se serait certainement délecté.

À votre avis, pourquoi le personnage d’Erik Satie fascine encore ?

Parce qu’il est intemporel, je crois… par son oeuvre, sa personnalité, son extravagance. On a souvent soif de connaître l’inconnu, l’intouchable chez les grands artistes : c’est une façon de se découvrir soi-même.

Vous avez déclaré que vous vouliez jouer un personnage tragique, est-ce le cas avec celui d’Erik Satie ?

Satie est une personnalité délicieuse pour un acteur. il est à la fois teinté de lyrisme, de folie, d’extravagance, de poésie et d’inconnu… Quel régal, non ? J’ai ressenti avec Satie une espèce d’autorisation spirituelle, une similitude assez troublante… mais ne vous inquiétez pas : je n’invoque pas les âmes le soir autour d’une bougie (rires). Quoique…

À quoi doit-on s’attendre en allant voir ce spectacle ?

À ce qui est écrit sur le pitch de présentation du spectacle (rires)… plus sérieusement comme j’aime à le préciser « Tout est vrai sauf l’histoire ». Les mots de Satie… son univers poétique et musical, son ironie, ses révoltes, ses doutes… sa souffrance… sont représentés passionnément et avec respect dans une fiction par ma délicieuse et talentueuse jeune partenaire Anaïs Yazit et moi-même.

Est-ce que la musique d’Erik Satie vous interpelle ?

J’ai entendu les Gymnopédies pour la première fois il y a une trentaine d’années, dans un film de Woody allen. ce fut une émotion intense : sa musique est intemporelle et tellement actuelle ! Je n’en étais pas un spécialiste, ni un disciple pour autant. J’en ai beaucoup appris, grâce au spectacle de Laetitia Gonzalbes. Je ne peux donc que la remercier pour sa confiance et l’intense bonheur de créer avec elle Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde. Une belle collaboration Gymnopédiesque !

C’est Laetitia Gonzalbes qui a écrit et mis en scène le spectacle, fallait-il une sensibilité féminine pour exprimer celle d’Erik Satie ?

S’il le fallait, je n’en sais rien mais ce que je sais c’est que l’univers et la sensibilité de Laetitia sont en accord total avec la sensibilité de Satie. elle est très investie dans son projet, c’est normal de l’être aussi.

Vous vous définissez comme un « éternel amoureux », c’est-à-dire ?

Je crois qu’il faut vivre chaque aventure artistique passionnément, comme une histoire d’amour. Je tombe amoureux du spectacle que l’on me propose car, quelque part, je considère que l’on tombe amoureux de ma personne… artistiquement, je veux dire (rires). Je suis fougueux comme un jeune labrador quand on m’ouvre la porte du jardin… et plus le jardin est grand, plus je cours et aboie avec enthousiasme.

Que pouvez-vous nous raconter de votre expérience au sein de la Comédie Française ?

Huit années, huit saisons, une vingtaine de pièces, de très belles rencontres humaines et artistiques, une grande maison avec ses codes, ses mouvances. des moments difficiles, aussi. Je mesure la chance et l’opportunité – improbable avec mon parcours artistique – d’y être entré, grâce à Muriel Mayette (administratrice en 2011). l’aventure s’est terminée en juillet dernier, après un comité décisionnaire. Tant pis pour eux (rires), tant mieux pour moi (rires). Mais pas d’aigreur : le meilleur est à venir.

Vous êtes également un mime renommé, cela vous aide dans vos rôles ?

le mime c’est un atout… c’est comme un acteur qui a pratiqué la danse… ou la musique… ou une discipline quelconque. c’est en moi… ça sort tout seul quand il le faut. le mime c’est le corps qui parle… après il faut trouver son style, je n’ai rien à voir avec Marceau ou Jean-louis Barrault… c’est comme au foot : c’est quand on a l’impression que c’est facile pour le joueur qu’il y a maîtrise. donc pour répondre à votre question, il y a toujours, dans un spectacle, un moment où je sors quelques dribbles (rire).

Erik Satie a dit : « Toute ma jeunesse on me disait : Tu verras quand tu auras 50 ans. J’ai 50 ans, et je n’ai rien vu ». Et vous qu’avez-vous vu ?

Oh… j’ai vu beaucoup mais j’ai tellement encore à voir ! C’est comme si je n’avais rien vu en quelque sorte. la vie c’est comme un bouquin avec plein de chapitres. l’histoire continue tant que le mot Fin n’est pas écrit. il faut aller voir… Sans cesse.

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La Parisienne Life

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Un moment théâtral brillant et intense

Si on présente Erik Satie comme un compositeur hors norme, cette œuvre théâtrale de Laetitia Gonzalbes est vraiment à son image. Il y a de la folie au sens propre comme au figuré dans « Je M’Appelle Erik Satie Comme Tout Le Monde » qui est... Lire plus

Si on présente Erik Satie comme un compositeur hors norme, cette œuvre théâtrale de Laetitia Gonzalbes est vraiment à son image.
Il y a de la folie au sens propre comme au figuré dans « Je M’Appelle Erik Satie Comme Tout Le Monde » qui est interprété magistralement par Elliot Jenicot et Anaïs Yazit.
Cette fiction que l’on croirait plus vraie que nature et qui emmène le spectateur là où il ne s’attend pas est originale et artistiquement complète car on y retrouve bien évidemment du jeu mais également du chant, de la danse, de la poésie et des illustrations animées de Suki qui sont projetées sur scène.
Les deux comédiens chez qui il existe une belle complicité œuvrent vraiment de concert pour donner le meilleur d’eux sur les planches afin que ce spectacle qui est plein de tendresse et d’humour touche le public en plein cœur.
Par ailleurs, l’auteure qui signe également la mise en scène montre son éclectisme car nous avions déjà beaucoup aimé son adaptation d’ « Anna Karenine » et dans le cas présent, si la qualité demeure, la proposition est autre.
« Je M’Appelle Erik Satie Comme Tout Le Monde » a le potentiel pour plaire aux amoureux du théâtre et aux mélomanes et nous vous dirions que nous ne pouvons pas tout révéler dans cet article car des surprises vous attendent dans cette œuvre et le mieux serait de les vivre en live auThéâtre de la Contrescarpe car vous vivrez assurément un moment théâtral brillant et intense.

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Interview d'Elliot JENICOT "Gymnopédiste" par Negar Haeri

Interview d'Elliot JENICOT "Gymnopédiste" par Negar Haeri

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L'instant est poétique, vif, sensible, délicat, musical et dansant.

L'humour, la  poésie, la musique sont au Théâtre de la Contrescarpe avec la pièce "Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde", une fiction animée nous plongeant dans la vie et l'oeuvre d'Erik Satie, compositeur à la vie souvent méconnue, malgré la richesse de son... Lire plus

L'humour, la  poésie, la musique sont au Théâtre de la Contrescarpe avec la pièce "Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde", une fiction animée nous plongeant dans la vie et l'oeuvre d'Erik Satie, compositeur à la vie souvent méconnue, malgré la richesse de son oeuvre. En tête d'affiche et dans le rôle titre, l'excellent Elliot Jenicot, ancien de la Comédie Française et Anaïs Yazit, jeune talent solaire dans cette pièce. 

La scène de la Contrescarpe s'ouvre sur un décor à la fois épuré et poétique. Le public est d'emblée propulsé à l'hôpital de Honfleur au sein du service psychiatrique.  Deux personnes se sont enfuies... d'une réalité: il s'agit du génial et incompris compositeur des Gymnopédies et d'Anna, son infirmière. Tout au long de la pièce et au crépuscule de sa vie, il va évoquer le fil de  son existence.

Pour ceux qui ne connaissent pas la vie du compositeur, Erik Satie naquit à Honfleur en 1866 d'une mère écossaise. Avec son frère Conrad, il suit son père à Paris, après la disparition de sa mère. Puis, vinrent les premières leçons de musique et l'apprentissage du piano. Mais rien ne se passe comme prévu. L'élève Satie obtient des résultats décevants. Son père devenu éditeur de musique publie ses premières compositions. Pendant cette Belle Epoque, Erik Satie fréquente le célèbre "Chat Noir". Il rencontre Claude Debussy, devenu son ami qui va orchestrer ses fameuses "Gymnopédies". Pour ceux qui ne connaissent pas la définition même du terme, sachez  que les Gymnopédies sont des pièces légères, atypiques bravant les règles de la musique classique. Satie lui-même définit son oeuvre de « musique d'ameublement » qualifiant ainsi certaines de ses compositions et indiquant qu'elles pourraient être utilisées comme fond sonore. Ami de Maurice Ravel mais aussi Jean Cocteau, Pablo Picasso... l'homme est atypique.

Artiste fantasque... poète, souvent incompris, il est aussi précurseur,  lorsqu'il compose la première musique de film, basée, non pas sur l’intrigue mais sur le rythme et la fréquence des images. C'est avec René Clair et le fim "Entr'acte", dernière oeuvre signée avant qu'il ne s'éteigne, le 1er juillet 1925. 

C'est ce parcours riche qu'a librement écrit et mis en scène Laetitia Gonzalbes. L'instant est poétique, vif, sensible, délicat, musical et dansant.  Il révèle le compositeur dans sa complexité d'artiste dont la vie fut aussi riche de création qu'empreinte de misère. A noter les poétiques illustrations qui animent la scène et sont signées Suki.

Du mardi au samedi à 19h au Théâtre de la Contrescarpe à Paris jusqu'au 4 janvier.
Marie-Hélène Abrond

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Théâtre au vent

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Elliot JENICOT est irrésistible de faconde et de drôlerie.

« Et pour qui te prends tu ? – Je me prends pour Erik Satie, ne vous en déplaise » Certains se prennent pour Dieu et celui-là pour Erik Satie. Evidemment, l’énergumène a élu domicile dans un asile psychiatrique où seule une gracieuse et douce infirmière semble le prendre... Lire plus

« Et pour qui te prends tu ? – Je me prends pour Erik Satie, ne vous en déplaise » Certains se prennent pour Dieu et celui-là pour Erik Satie. Evidemment, l’énergumène a élu domicile dans un asile psychiatrique où seule une gracieuse et douce infirmière semble le prendre au sérieux. Les bouffées délirantes de ce fou dansant se révèlent très instructives sur la vie d’Erik Satie qui probablement n’aurait pas défrayé les chroniques si l’homme n’avait pas composé ses fameuses gymnopédies. L’homme fait figure d’ovni dans le paysage musical de son époque. Incompris, méprisé par ses pairs, il réussit cependant à passer la rampe, heureusement accueilli par Picasso, Jean Cocteau, les ballets russes de Serge Diaghilev avec lesquels il crée un spectacle « Parade » en 1917 qui fit scandale.


Cela doit être un bonheur de se prendre pour Erik Satie, le poète musicien d’Arcueil; il y vécut une trentaine d’années jusqu’à sa mort dans un logement sans eau ni électricité. Sa richesse était ailleurs dans ces notes de musique anarchiste qu’il distribua généreusement et dont les airs nous saisissent par leur joyeuse et mélancolique fantaisie.


Qui aurait pu imaginer la misère noire de l’homme qui avait étrange allure avec son pince-nez, son chapeau melon et sa barbe en pointe.


Son interprète sur scène, Elliot JENICOT est irrésistible de faconde et de drôlerie. Anaïs YAZIT, sa partenaire à qui il revient d’endosser à la fin de la pièce, l’aspect dépressif du personnage, l’est tout autant irrésistible de grâce et luminosité. La scénographie est illustrée par de joyeux dessins sur écran.
Laetitia GONZALBES signe avec ce spectacle une délicieuse parade à la morosité ambiante avec à l’honneur un chef d’orchestre hors du commun, Erik Satie !

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Pièce très originale et magnifiquement interprétée. Mise en Scène éblouissante.

Un grand spectacle dans un petit Théâtre. Il est vrai que celui de la CONTRESCARPE a une programmation ambitieuse qui nous surprend agréablement souvent. C'est Laetitia GONZALBES qui a écrit cette pièce très originale et magnifiquement interprétée. Elle en signe une Mise en... Lire plus

Un grand spectacle dans un petit Théâtre.

Il est vrai que celui de la CONTRESCARPE a une programmation ambitieuse qui nous surprend agréablement souvent.

C'est Laetitia GONZALBES qui a écrit cette pièce très originale et magnifiquement interprétée. Elle en signe une Mise en Scène éblouissante. Une réussite totale.

Un beau décor, une belle Lumière, une salle pleine, tous strapontins occupés.

Elliot JENICOT, un Satie à s'y méprendre. Nous survolons les moments les plus importants de sa vie.

Anaïs YAZIT, une vraie découverte talentueuse. Les chorégraphies, un vrai bonus !

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Une fiction ensoleillée, troublante, qui a pour prétexte Erik Satie.

« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » de et mise en scène par Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe est une fiction ensoleillée, troublante, qui a pour prétexte Erik Satie. Dans un décor tout blanc où le noir sera présent, nous sommes dès le... Lire plus

« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » de et mise en scène par Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe est une fiction ensoleillée, troublante, qui a pour prétexte Erik Satie.

Dans un décor tout blanc où le noir sera présent, nous sommes dès le début saisis ; saisis par cette surprenante intervention d’un infirmier d’un hôpital psychiatrique qui demande du renfort suite à l’évasion d’un patient.
Puis entre sur scène une infirmière, toujours pas d’Erik Satie me direz-vous. Nous qui sommes venus écouter un témoignage sur sa vie commençons à nous poser des questions…
Ah enfin Erik Satie entre sur scène avec en musique de fond sa première Gymnopédie qui me bouleverse à chaque fois au plus haut point, et nous écoutons alors un dialogue surréaliste entre l’infirmière et le compositeur : un univers qui m’a fait penser à Ionesco.
Et la phrase du flyer de Xavier Delette : « sommes-nous prêts à accepter un autre qui ne fonctionnerait pas comme nous ? » commence à avoir du sens…

Un dialogue entre cette jeune infirmière bienveillante Anna et le compositeur doté d’un pince-nez toujours un peu de travers et d’une barbe en pointe, à la stature longiligne, aérienne, qui dévoile petit à petit la vie d’Erik Satie à la folie, la sensibilité exacerbées depuis cet hôpital d’Honfleur, ville de sa naissance…Hasard du lieu ou un rendez-vous programmé !?

Le compositeur aux œuvres intemporelles, comme celles de ses Gymnopédies, ses Gnossiennes et ses morceaux en forme de poire dont vous découvrirez une très belle calligraphie sur un écran témoin de sa vie, se livre sans réserve.017 format web ©
En tous cas une progression dramatique intéressante, parfois inquiétante, qui nous fait découvrir, si vous n’êtes pas un aficionado d’Erik Satie, sa vie, son œuvre, ses colères, les témoins de son parcours comme Debussy à qui il aimait envoyer des piques, ou encore Cocteau, Picasso, Ravel et tant d’autres…sans oublier son amour pour l’artiste peintre Suzanne Valadon. Mais aussi un rapport patient – praticien ciselé où la vie et le deuil se mêlent.

Une fiction très originale, très documentée, entre un personnage réel et inventé où les tics et la gestuelle des personnages ont une importance primordiale dans leur évolution, dans leurs jeux. La fin de cette fiction, très surprenante, au rebondissement théâtral, ne manquera pas de vous toucher. Une fin à fleur de peau qui laisse place à un beau soleil apportant une fragilité réconfortante.

La mise en scène de Laetitia Gonzalbes est rythmée, fluide, légère, et met nos deux comédiens en phase dans leurs corps, dans leurs danses, aux gestes très précis. Ils sont habités par leurs personnages, et nous plongent avec beaucoup d’humour, d’émotions, dans la vie de ce virtuose dont la musique ponctue les dialogues avec délices ; une musique adaptée et interprétée par Tim Aknine et David Enfrein.

Les vidéos, les illustrations de Suki sont le troisième personnage. Elles sont magnifiques dans leurs graphismes, comme ces lettres adjointes de vrilles qui permettent aux plantes grimpantes de s’accrocher sur leur support.
Elliot Jénicot est un Erik Satie tout à fait remarquable. Son jeu millimétré et très expressif nous emporte dans un tourbillon de fantaisies à la légèreté rieuse.
Quant à Anaïs Yazit elle joue une infirmière, en toute simplicité, avec une émotion, une fragilité, palpables. Son grain de voix donne une belle couleur à son personnage empreint de gentillesse qui cache un désir intense de liberté.

Alors n’hésitez pas, laissez-vous séduire par les mots d’Erik Satie toujours à la recherche de son parapluie…

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Biographie ludique et décalée !

Erik Satie, je n’allais pas manquer un spectacle sur un de mes compositeurs favoris, je n’ai pas été déçue ! Pensez donc, les Gymnopédies, les "embryons desséchés", les "gnossiennes", et de jolies mélodies “je te veux” ou l'inénarrable “Allons y... Lire plus

Erik Satie, je n’allais pas manquer un spectacle sur un de mes compositeurs favoris, je n’ai pas été déçue ! Pensez donc, les Gymnopédies, les "embryons desséchés", les "gnossiennes", et de jolies mélodies “je te veux” ou l'inénarrable “Allons y chochotte” !
Mais sommes-nous vraiment face à ce génial compositeur ? comment se fait-il qu’il donne un autre nom à Anna ? Enfin, de toutes façons Monsieur Satie, binocles sur le nez, parapluie, chapeau melon et barbichette se lance dans l’évocation de sa vie, dansant, prenant des poses, aidé par la jeune femme, ces deux-là s’amusent bien !
Cet original se moque des conventions, sa musique manque de forme ? bon et bien il composera trois morceaux “en forme de poire” ! Un humour dévastateur ce Satie vous dis-je ! Iconoclaste, se prenant au sérieux, pas vraiment, en tout cas brocardant certains de ses confrères, et la critique n’en parlons pas ! Sa vie amoureuse ? “Biqui” Suzanne Valadon, rejeté par elle, il compose “Vexations”...
Sur un livret de Cocteau, le décor et les costumes de Picasso, musique de Satie, le ballet “Parade” sera créé par Diaghilev, les critiques seront virulentes. Satie baigne dans un “bouillon de culture”, il est à l’origine du groupe des six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre), ses compositions jouées dans le monde entier, chantées et toujours au répertoire des artistes lyriques.

Biographie ludique et décalée, grâce à l’interprétation géniale de Elliot Jenicot, qui investit le personnage, douceur et sensualité avec Anaïs Yazit. La projection d’un film d’animation aurait beaucoup plu à Satie, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est créative, en forme de… peut-être !
Un très bon moment de théâtre et de musique à ne pas manquer !

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C’est riche, drôle parfois, grave aussi...

La vie d’Erik Satie a été mouvementée. Après une brève carrière dans l’armée, il s’exerça dans les cabarets de Montmartre dont notamment Le Chat noir et L’Auberge du Clou. Il rencontra même Debussy avec lequel ils restèrent liés pendant... Lire plus

La vie d’Erik Satie a été mouvementée. Après une brève carrière dans l’armée, il s’exerça dans les cabarets de Montmartre dont notamment Le Chat noir et L’Auberge du Clou. Il rencontra même Debussy avec lequel ils restèrent liés pendant longtemps. Peu compris par ses contemporains, il « s’exila » en banlieue parisienne dans une modeste demeure (à Arcueil). Néanmoins son activité resta intense et il composa de nombreux morceaux dont en particulier Trois morceaux en forme de poire (1903), mais ne connut le succès qu’avec Parade (avec l’aide de Cocteau, Massine et Picasso, le fameux groupe des Six). La courte pièce qui se joue en ce moment au théâtre de la Contrescarpe et que je vous recommande chaudement nous révèle certains aspects de sa personnalité. Personnage déconcertant et génial, il fut un incompris. Elliot Jenicot endosse magnifiquement le costume du grand maître et nous fait vivre quelques heures de son quotidien. Anaïs Yazit, sa partenaire sur scène, n’est pas en reste et se révèle bien plus qu’une simple infirmière. Pour ne pas trop en dire, allez vite voir ce spectacle, c’est riche, drôle parfois, grave aussi et surtout on en apprend beaucoup sur le grand homme de notre histoire culturelle et musicale. Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde, texte et mise en scène de Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe (de grandes pièces dans un petit théâtre et un super quartier pour l'après spectacle...)

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Tout se dévoile avec beauté grâce à une mise en scène dynamique, inventive et délicate.

Erik Satie était un compositeur énigmatique et talentueux. Son nom évoque autant la folie que le génie. Alors que peut-il se cacher derrière le titre « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » ? Excentrique, novateur, indépendant, caractériel… sa musique peut... Lire plus

Erik Satie était un compositeur énigmatique et talentueux. Son nom évoque autant la folie que le génie. Alors que peut-il se cacher derrière le titre « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » ?

Excentrique, novateur, indépendant, caractériel… sa musique peut être évoquée de cent façons différentes. Laetitia Gonzalbes qui a déjà montré son ingéniosité dans la libre adaptation d’Anna Karénine, se lance dans un nouveau défi. Raconter la vie d’Erik Satie, ce musicien à l’imagination hors norme qui a su imposé sa créativité et son talent au monde entier. Encore aujourd’hui, on entend les célébrissimes Gymnopédies. L’art pour lui ne s’écrivait pas qu’avec des notes. On pouvait compter dans son entourage des personnages comme Debussy, Cocteau, Picasso, Ravel, Suzanne Valadon… Sa vie est un véritable roman alors comment ne pas le placer au cœur d’une histoire à travers une fiction pleine d’humour, de tendresse et de folie ?
Sur scène, deux comédiens virtuoses. D’un côté, nous avons l’ancien pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot. Je me souviens encore de sa performance époustouflante dans « Les enfants du silence ». Le retrouver est un véritable plaisir. Son costume avec le chapeau melon, la moustache barbichette et les petites lunettes sans oublier le parapluie nous montre un homme assez singulier. C’est normal puisqu’il est enfermé dans un asile psychiatrique. Du moins, on essaie de nous le faire croire par un habile stratagème. C’est l’infirmière qui va permettre de délier le fil du passé pour nous proposer un voyage tout en musique. Un rôle magnifiquement interprété par Anaïs Yazit.
Une discussion et lien de confiance se créent entre eux. L’étrangeté de l’artiste s’affiche avec pudeur et dérision. Tout se dévoile avec beauté grâce à une mise en scène dynamique, inventive et délicate. Le duo joue mais aussi chante, danse, fait de la musique. Ils sont accompagnés de musique qui sublime les émotions. En parallèle, sur l’écran derrière eux s’anime un personnage caricaturé d’Erik Satie assez drôle, des lettres parfois en forme de poire, des notes qui s’envolent… Tout contribue à créer une ambiance chaleureuse et fantastique d’une rencontre improbable et mystérieuse. Le public ne s’y trompe pas sur la qualité remarquable de la représentation car encore ce soir le spectacle se joue à guichet fermé. Une bulle savante de magie et d’onirisme on l’on plonge avec plaisir et ravissement. Que demander de plus ?
On a tous quelque chose en nous d’Erik Satie avec notre part de fragilité et d’extravagance.

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l'œil d'olivier

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Un duo d’acteurs qui touche au cœur, un récit joliment concocté !

Elliot Jenicot un Satie pas comme les autres.   Jouant sur les ambiguïtés, les excentricités du personnage, son caractère irascible, loufoque, Laetitia Gonzalbes esquisse, au théâtre de la contrescarpe, le portrait tendre, humain du compositeur Erik Satie. Évoquant son style singulier... Lire plus

Elliot Jenicot un Satie pas comme les autres.

 

Jouant sur les ambiguïtés, les excentricités du personnage, son caractère irascible, loufoque, Laetitia Gonzalbes esquisse, au théâtre de la contrescarpe, le portrait tendre, humain du compositeur Erik Satie. Évoquant son style singulier entre surréalisme et minimalisme, elle offre à l’épatant Elliot Jenicot un rôle en or, et à sa jeune complice Anaïs Azit une belle partition. 
Qui est donc l’auteur des Gymnopédies, des Gnossiennes, de Trois morceaux en forme de poire ? Un artiste maudit, un peu fou, un compositeur de génie, incompris de son temps, un homme a la vie mouvementée, chaotique, tragique ? Un peu de tout cela. Avec une certaine légèreté, un lyrisme aérien, Laetitia Gonzalbes s’empare de cette personnalité unique et conte par touches son histoire. Né à Honfleur en 1866, Erik Satie doit faire face très tôt au deuil. Il n’a pas 7 ans quand sa mère, d’origine écossaise meurt et pas plus de 12 ans quand sa grand-mère paternelle est retrouvée inanimée sur une plage de la côte normande. Marqué à vie par ses deux disparitions, il se cherche dans la musique, invente son style, sa patte.
Partant d’un incident dans un asile, la fuite d’un homme, d’une jeune femme, lui grand, portant chapeau melon, elle toute fine, habillée d’une blouse blanche décorée d’étoiles noires, l’auteure-metteuse en scène s’amuse à déconstruire le mythe, à explorer la créativité de Satie pour mieux lui rendre hommage. Entremêlant réalité et fiction onirique, elle entraîne le public dans la tournée des bars montmartrois, à la rencontre de Cocteau, de Picasso, de la belle Suzanne Valadon. Elle parle de ses tocs – répondre à des lettres qu’il n’a ni lues, ni décachetées – , de ses peurs, de ses angoisses. Elle évoque son animosité rageuse envers les critiques qui n’ont jamais compris son travail. Elle lève le voile pudiquement sur l’intimité de l’homme, bien au-delà de l’artiste. 
S’appuyant sur les très belles et inventives animations de Suki qui viennent souligner le propos, Laetitia Gonzalbes signe un spectacle délicat, poignant, qui malgré quelques facilités d’écriture, séduit et réhabilite la figure mal connue du compositeur honfleurais. Entre déprime et alcoolisme, entre amour déçu et perte d’appétit de vivre, suite à la mort d’un proche, Satie apparaît en filigrane, magnifiquement interprété par Elliot Jenicot. Sensible, drôle, troublant, le comédien habite la scène, l’illumine. Face à lui, la jeune Anaïs Yazit se révèle bouleversante, vibrante. Un duo d’acteurs qui touche au cœur, un récit joliment concocté, Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde tient ses promesses. Une soirée théâtrale à caler a plus vite ! 
Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Une jolie caresse à la mélancolie.

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde est une création originale de la vie du pianiste qui se joue au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 4 janvier 2020. Cette pièce de théâtre, mise en scène par Laetitia Gonzalbes décrit par petites touches un personnage pétri de... Lire plus

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde est une création originale de la vie du pianiste qui se joue au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 4 janvier 2020.
Cette pièce de théâtre, mise en scène par Laetitia Gonzalbes décrit par petites touches un personnage pétri de contradictions, dont il sort par une simple pirouette. L’air de rien, Erik Satie manie avec adresse l’ironie et l’humour noir pour dépeindre son époque et répondre à ses détracteurs, pour le plus grand plaisir de son auditoire. La pièce invite le public à se délecter de ses bons mots, à travers la reprise de nombreuses citations du musicien, qui laisse entrevoir, de façon décousue, quelques aspects de sa vie.

Au début et à la fin du spectacle retentissent en off les voix d’Erik Satie enfant et de sa mère, (Jane Leslie Anton) jouant à cache-cache, comme si le personnage allait remonter et ainsi faire découvrir le jeune Normand facétieux qu’il était. Puis, soudainement, plus rien. Seulement des murs blancs baignés de lumière. De Satie, il ne reste que les quelques partitions de musique suspendues de part et d’autre de la scène et éclairées par le bas à l’aide d’un projecteur posé au sol. Sur scène, Erik Satie et Anna apparaissent. Lui, reconnaissable entre mille par sa longue barbe, porte un chapeau rond noir et tient un parapluie dans une main. Il pleut, l’orage gronde. Le pauvre bougre est hospitalisé. Il souffre de plusieurs pathologies sévères (cirrhose du foie, pleurésie, pneumonie, rhumatisme, polype dans le nez, alcoolisme, tabagisme…). Heureusement, cette semaine-là, c’est Anna qui est de garde pour égayer ses après-midis. Anna réussit avec bienveillance à faire parler l’artiste qui se dérobe en musique: « La Bohème » de Charles Aznavour, puis « J’irai revoir ma Normandie » de Frédéric Bérat qui témoigne son attachement pour sa région natale. Il répète souvent qu’il a « une œuvre à achever…. » Le public (re) découvre ses morceaux emblématiques tels que « Gymnopédies », « Gnossiennes » ou encore « Trois morceaux en forme de poire », composé pour son ami Claude Debussy.
Quelle étrange jeune femme, Anna. Elle, qui semblai être au départ un personnage rationnel, plutôt banal, se révèle au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire une personne bien plus complexe qu’il n’y paraît…, à l’instar de l’environnement dans lequel elle évolue. Animé par les illustrations et textes de Suki projetés sur le mur du fond, ce dernier nous emmène aux frontières du réel et de l’imaginaire. Erik Satie est interprété par Elliot Jenicot et Anna par Anaïs Yazit. Les deux comédiens rendent la pièce poignante, voire perturbante par son authenticité. Une jolie caresse à la mélancolie.

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Un couple contrasté et complice qui confère à cette évocation originale un charme irrésistible.

JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE. Texte et mise en scène Laetitia Gonzalbes. Avec Elliot Jénicot et Anaïs Yazit. Deux personnes viennent de s’échapper d’une maison psychiatrique, un homme d’âge mûr avec son parapluie et une jeune femme, à la robe parsemée... Lire plus

JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE. Texte et mise en scène Laetitia Gonzalbes. Avec Elliot Jénicot et Anaïs Yazit.
Deux personnes viennent de s’échapper d’une maison psychiatrique, un homme d’âge mûr avec son parapluie et une jeune femme, à la robe parsemée d’étoiles. Aucune précision sur leur identité…
Sur la scène très blanche et lumineuse, des parapluies, un bouillon nuageux de tulle, des pétales. Deux tout petits pianos imbriqués l’un dans l’autre. Deux personnages en noir et blanc vont y évoluer sur fond de Gymnopédies d’Erik Satie. Il est à la fois nerveux, ironique et primesautier, elle est, semble-t-il, l’infirmière chargée d’entretenir la conversation de l’après-midi, tout intimidée d’être ainsi en contact avec le grand Erik Satie, qui entreprend dans un récit apparemment chaotique de l’introduire dans son autobiographie. Se déroule alors la fresque haute en couleurs d’une personnalité hors normes, qui vécut dans le Paris des surréalistes, des poètes, des grands musiciens de l’époque, entre autres le Groupe des Six dont il fit partie. La jeune femme lui fait reproche de sa brouille avec Debussy, il évoque ses amours malheureuses, elle mime le nom de gymnopédie qui le rendit célèbre, il se montre fantasque, insaisissable tout autant qu’attendri par cette jeune fille qui pourrait être sa fille. À propos, se pourrait-il qu’elle… ? À qui imputer la folie ?
Toute logique chronologique ou anecdotique est laissée à la porte, les époques s’entrechoquent, les identités virevoltent. Chansons et chorégraphies jumelles s’entrelacent avec leurs dialogues, tandis que sur l’écran en fond de scène se dessinent des silhouettes, des lettres piriformes, des notes mutines qui dansent avec les étoiles. Dans cet univers inclassable et poétique, Elliot Jénicot forme avec Anaïs Yazit un couple contrasté et complice qui confère à cette évocation originale un charme irrésistible. A.D.

 

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Une pièce décalée, hilarante et touchante. L’occasion de passer une excellente soirée !

ous aimez les fantaisies, l’art et la poésie ? Découvrez “Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde” de Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 5 janvier 2020 !  Vous avez aimé “Charles Péguy le visionnaire”? Vous allez adorer “Je... Lire plus

ous aimez les fantaisies, l’art et la poésie ? Découvrez “Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde” de Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 5 janvier 2020 ! 
Vous avez aimé “Charles Péguy le visionnaire”? Vous allez adorer “Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde” de Laetitia Gonzalbes. À travers une histoire du moins surréaliste, on découvre la vie du compositeur avant-gardiste mondialement connu pour ses célèbres compositions Gymnopédies et les Gnossiennes.Il est considéré comme le précurseur de plusieurs mouvements tels que le surréalisme, le minimalisme, la musique répétitive et le théâtre de l’absurde. 
Que dire de la pièce ?
La pièce est donc à l’image du personnage atypique qu’est Erik Satie. Mélanger réalité et fiction devient un jeu d’enfant dans “Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde”. La pièce nous fait voyager dans le monde imaginaire et fantastique de l’enfance. L’enfance, cet univers de l’innocence et de tous les possibles dans lequel se mêlent romance et philosophie. Cette ambiance onirique est merveilleusement bien orchestrée par les deux comédiens, Elliot Jenicot et Anaïs Yazit. Ceux personnages touchants et bouleversants nous transportent dans une folie poétique, philosophique à la découverte de l’art, de la féminité, des sentiments… Avec une question existentielle : qu’est-ce que la vie ? 
Aux deux comédiens s’ajoutent des jeux de sons et lumières, des dessins, des animés, des poèmes projetés en fond de scène… Nous sommes en immersion totale ! La pièce nous accompagne tout au long dans un voyage à travers les rêves et les émotions jusqu’à sa fin, une fin qui fait d’ailleurs travailler notre imagination !
“Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde” est une pièce décalée, hilarante et touchante. L’occasion de passer une excellente soirée !

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artistikrezo.com

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Elliot Jenicot a visiblement compris Satie !

ARTISTIK REZO vous parle de "JE M'APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE" Dans ce jubilatoire voyage dans la vie du compositeur génial que fut Satie, c’est la rencontre entre l’artiste et sa muse inventée qui fait le lien discontinu d’un texte qui s’apparente davantage au théâtre... Lire plus

ARTISTIK REZO vous parle de "JE M'APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE"

Dans ce jubilatoire voyage dans la vie du compositeur génial que fut Satie, c’est la rencontre entre l’artiste et sa muse inventée qui fait le lien discontinu d’un texte qui s’apparente davantage au théâtre musical qu’au récit biographique (ou biopic, déjà ce mot exécrable). S’inspirant de la période où Erik Satie allait au bout de sa vie à Arcueil, Laetitia Gonzalbes, auteur et metteuse en scène, fait une intrusion volontaire dans un monde onirique et franchement radieux aux confins de l’univers psychiatrique dans lequel se débattent deux personnages aussi gauches qu’attachants.
Anna et Satie sont deux êtres un peu beaucoup paumés qui nous confient mille de leurs tourments, de leurs joies et de leur espérance en un autre monde.
Erik Satie (1866-1925) était apprécié de ses amis Ravel et Debussy qu’il influença. Le compositeur en avance sur son temps travailla avec Cocteau, Diaghilev, Picasso ou Francis Picabia qui lui donna le surnom de « Satierik ». Pris par le mysticisme ambiant de son époque, il fut rosicrucien (c’est Debussy qui l’y entraîna) et fut bohème marginal et solitaire bien que fréquentant les bistrots mal famés comme les sorties mondaines. Son dandysme extériorisé cachait une formidable timidité. Il vécut pauvre, était-ce son choix philosophique ? Il allait sans compromission, il fut dadaïste et communiste et on peut constater au final qu’il avait une piètre opinion de l’Art d’autant que sa démarche créatrice fut incomprise.
Elliot Jenicot a visiblement compris Satie. Son interprétation est élégante, enlevée, burlesque (Il sort du duo pantomime «Les Frères Taquin») Il apporte la gravité qu’il faut à son personnage débridé (il a été pensionnaire de la Comédie Française de 2011 à 2019). De bout en bout, il nous attache à son jeu maîtrisé dans sa «confrontation» avec la lumineuse et non moins jolie Anaïs Yazit.
Anaïs est Anna, comédienne et danseuse. Professionnelle des claquettes, de la danse contemporaine (hip-hop, modern jazz…et surtout flamenco) elle est de plus mezzo soprano (également excellente chanteuse de pop funk, rock et soul). Comédienne, vous l’avez vue dans Zelda et Scott, Cendrillon, Le temps d’aimer, La magie des rêves et Le baiser du jouet. Elle apporte un charme évident et inquiétant pour restituer la véritable mise en danger des deux comparses. Quel danger ? L’amour bien évidemment ! La mort ?
Erik Satie s’exprimait par des fragments écrits, des articles, des correspondances. Il annotait en marge de ses partitions des indications fort poétiques. Est-ce que c’est parce que lui-même utilisait les calligraphies et le dessin que le fond de scène de la Contrescarpe s’illumine jusqu’aux cintres pour ponctuer la dramaturgie par les caricatures et les traits qu’offre l’illustrateur Saki (finaliste des Audi Talents Awards en 2013, réalisateur de Reflets, 2006, thriller animé qui a fait une carrière internationale) ?
Dans cette théâtralité poétique, Tim Aknine et David Enfrein prennent la musique à bras le corps (à bras le cor). Ce duo d’interprètes et adaptateurs venu de conservatoires classiques et jazz compose depuis 2015 pour des courts métrages, publicité, séries TV, théâtre et musique live.

Laetitia Gonzalbes est dramaturge, comédienne, metteuse en scène et danseuse. Elle a joué au théâtre, au cinéma et à la télévision. Laetitia a écrit et mis en scène un conte musical jeune public, recréé en opéra pour jeune public puis a écrit et réalisé le docu-fiction Lulu et les valeurs de la République. Elle a mis en scène Péguy, le visionnaire de Samuel Bartholin avec Bertrand Constant. Elle a écrit et mis en scène une adaptation libre d’Anna Karénine de Léon Tolstoï. Enfin, pour le Théâtre de la Contrescarpe, elle a écrit et elle met en scène Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde.

Comment avez-vous appréhendé cette personnalité aussi étonnante qu’était Erik Satie ?
Laetitia Gonzalbes : tout est décalé chez Satie. À la lecture de ses lettres, de ses mémoires, je me rends compte qu’il vit à la marge… en marge de son temps, de la société qu’il rejette. Ce qui reste surprenant, c’est qu’il soit à ce point secret au point qu’il est également à la marge de ses amis les plus proches. Ainsi pour donner un exemple, ceux-ci ignoreront l’extrême précarité dans laquelle vivait le compositeur. Cela m’a beaucoup touchée. Aussi, ai-je voulu lui rendre hommage
Il est mort à l’hôpital mais pas à l’hôpital psychiatrique. Cela a t-il un sens ? Pourquoi le force t-on à vivre ? Je voulais le dire. Qui est le plus fou ? Est-ce le fou ? Les fous sont-ils du bon côté ?

Vous nous renvoyez au cinéma réaliste allemand à la Fritz Lang avec des comédiens dont la gestuelle nous rappelle le duo Debby Reynolds Gene Kelly et même Louis Jouvet. Est-ce un choix ?
C’est ce que je voulais. C’est l’imagerie de la Bohème et c’est la redécouverte d’un artiste génial. La dramaturgie passe tour à tour par une chorégraphie qui va de la comédie à la tragédie. La danse a des rythmes soutenus, des ruptures…

Les jolies caricatures de l’illustrateur Saki sont projetées en fond de scène. Qu’avez vous voulu donner en écho à la voix de Satie?
Eric Satie n’arrive pas à parler d’amour à celle qu’il peut aimer. Les dessins de Saki le font à sa place. En écho précisément, c’est un peu comme l’esprit de l’artiste qui vient réagir à bien des situations. C’est le jeu de l’ironie, parfois de la moquerie.

Vous donnez sa part à l’univers psychiatrique. Dans cet espace médical évoluent soignés et soignants. Or, Anna dont Satie fait la connaissance, semble être tour à tour son infirmière ou son petit démon qui incite au jeu quasi amoureux. Anna devient dès lors, patiente soignée, que le cynisme du compositeur pousserait aux élans suicidaires ?
C’est ainsi pour Satie, l’amour crée des distances avec son art. Là est sa souffrance. Il ne peut aimer sans avoir le sentiment de s’éloigner de l’artiste qu’il est. Aimer, accepter d’être aimé lui semble si difficile. Quatre mois d’amour dans toute sa vie, c’est son exception.

Propos recueillis par Patrick duCome

 

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Des mots pour vous dire

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Un spectacle esthétique tout en finesse !

Un spectacle esthétique tout en finesse : Elliot Jenicot et Anaïs Yazit déchiffrent avec élégance les partitions de la vie de ce compositeur inclassable qu’était Erik Satie. Avec la grâce d’une cygogne noire, grand et filiforme, dans un costume trois-pièces, binocles sur le... Lire plus

Un spectacle esthétique tout en finesse : Elliot Jenicot et Anaïs Yazit déchiffrent avec élégance les partitions de la vie de ce compositeur inclassable qu’était Erik Satie.

Avec la grâce d’une cygogne noire, grand et filiforme, dans un costume trois-pièces, binocles sur le nez, parapluie sur le bras, chapeau melon sur la tête, Elliot Jenicot arrive devant nous et invite Anaïs Yazit à la danse. Dans une robe blanche aux motifs noirs, assortie à ses chaussures, cette nouvelle comédienne dont le talent ne tarde pas à s’exprimer paraît tout aussi à l’aise que l’ancien pensionnaire de la Comédie française. Un jeu de contraste de lumières sur fondu rose donne éclat à la scène. Sur un grand écran blanc, sur les notes de Gymnopédies et Gnossiennes, l’illustrateur Suki dessine trait par trait le portrait de l’artiste, fait tomber la pluie, défiler le temps et l’arrête.
Stylo et bloc-notes à la main, Anaïs Yazit qui pour cette fiction théâtrale est infirmière doit interroger son nouveau patient, Elliot Jenicot, qui s’est glissé pour une heure et demie dans la peau du pianiste honfleurais. Sur un ton familier surprenant – le public comprendra pourquoi à la fin –, ils échangent sur sa vie et livrent pêle-mêle au public les éléments de sa vie : son enfance douloureuse, ses fréquentations aux cabarets Le Chat noir, L’Auberge du Clou, ses amitiés avec Debussy, Cocteau, Picasso, Ravel, son amour de courte durée avec la peintre Suzanne Valadon, son influence sur le groupe des Six, ses rapports difficiles avec la critique, sa pauvreté, son addiction à l’alcool, sa personnalité iconoclaste qui collectionnait pléthores de parapluies, costumes identiques et de nombreuses lettres qu’il n’ouvrait jamais même s’il y répondait.

Ce très joli spectacle est éligible aux Molières 2020. Souhaitons lui bonne chance !
Carole Rampal

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Coup de génie au Théâtre de la Contrescarpe ! virtuosité et humour !

Au Théâtre de la Contrescarpe, Erik Satie se donne en spectacle ! Coup de génie au Théâtre de la Contrescarpe ! Laetitia Gonzalbes nous livre un conte musical autour d’Erik Satie, son héros. Le temps d’une soirée, les comédiens Elliot Jenicot et Anaïs Yazit nous plongent... Lire plus

Au Théâtre de la Contrescarpe, Erik Satie se donne en spectacle !
Coup de génie au Théâtre de la Contrescarpe ! Laetitia Gonzalbes nous livre un conte musical autour d’Erik Satie, son héros. Le temps d’une soirée, les comédiens Elliot Jenicot et Anaïs Yazit nous plongent dans l’intériorité du compositeur avec virtuosité et humour.

Erik Satie : un personnage, un destin
Orphelin, élève incompris, artiste méprisé, Satie est pourtant l’un des plus grands compositeurs de son temps. Ses Gymnopédies, écrites à 23 ans et orchestrées par son ami Debussy, comptent parmi les œuvres les plus jouées dans le monde. Angoisse et succès se côtoient, fantaisie et pensée loufoque l’habitent.

Le récit de sa douloureuse rupture avec la peintre Suzanne Valadon, sa vision désabusée de l’Amour, sa foi incertaine et ses réflexions sur l’Art… Tout dans la pièce nous fait comprendre que la vie de Satie fut bien moins douce que sa musique. Et pourtant…Il en sort un génie incontesté.

Il fallait bien une pièce pour raconter cette vie !
Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde, un spectacle plein de poésie et de légèreté
À la Contrescarpe, les comédiens Elliot Jenicot et Anaïs Yazit donnent vie à une légende dans un décor minimaliste. Tout est clin d’œil à Satie ! Anna, la jeune infirmière de l’hôpital psychiatrique d’Honfleur, entame un dialogue avec Satie. Ensemble, ils tentent d’élucider le mystère de son génie. Et pour y parvenir, le compositeur virtuose et avant-gardiste va jusqu’à révéler les obsessions qui envahissent sa vie, de la haine de la critique à la peur de perdre son parapluie british…

Dessins projetés sur l’arrière de la scène, lecture de lettres, danse, et musique rythment ce spectacle poétique où Erik Satie est célébré comme un homme libre et plein d’humour.
Une ode à la figure de l’artiste
La complexité du personnage est minutieusement retranscrite dans l’écriture et la mise en scène de Laetitia Gonzalbes. Et la nomination de la pièce aux Molières 2020 est peut-être un pied-de-nez à la relation complexe qu’entretenait le musicien avec la critique. Satie aurait certainement tiré son chapeau à Laetitia Gonzalbes. Alors cette fois-ci, oubliez le mélancolique « Pleurez-y », et n’hésitez pas : “Courez-y” !
Joséphine de Gouville

 

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Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

une véritable fable émouvante et un vibrant hommage à Erik Satie...

Bonsoir à tous !! Ce soir je vais vous parler d’une petite pièce découverte au détour de la Rue Blainville, au Théâtre De La Contrescarpe. Il s’agit de la pièce Je M’Appelle Erik Satie Comme Tout Le Monde, écrite et mise en scène par Laetitia... Lire plus

Bonsoir à tous !!
Ce soir je vais vous parler d’une petite pièce découverte au détour de la Rue Blainville, au Théâtre De La Contrescarpe. Il s’agit de la pièce Je M’Appelle Erik Satie Comme Tout Le Monde, écrite et mise en scène par Laetitia Gonzalbes et interprétée par Anais Yazit et Elliot Jenicot.
L’Histoire : Une jeune femme et un homme d’un certain âge s’évadent d’un hôpital psychiatrique. Pourquoi ? Une heure auparavant, Anna (Anais Yazit) attend un patient de l’hôpital. Ce patient, semblant normal au premier abord et se présentant sous le nom de Samuel Damalis, prétend être Erik Satie (Elliot Jenicot), l’un des plus grands compositeurs de notre temps et le célèbre inventeur des Gymnopedies. À travers l’échange entre Anna et Erik se retrace la vie de ce virtuose et les rencontres qui traversent sa vie, entre chants, danses et mélodies entraînantes. Mais qui est réellement ce patient face à Anna : Samuel ou Erik ?
Mon Avis : J’ai passé un sublime moment, suspendu dans le temps, face à ce Erik Satie. Tout dans cette pièce est source de légèreté et de poésie; et déjà dans l’écriture de Laetitia Gonzalbes qui est d’une véritable douceur, beauté et tendresse ; mais aussi profonde, intense et bouleversante et ne laisse personne insensible à l’émotion que ses mots transmettent.
Côté mise en scène, nous ne nous retrouvons pas face à une mise en scène traditionnelle mais à un troisième acteur de la pièce.
Les décors signés Claire Avias (qui signe aussi les costumes) avec ces papiers, que l’on pense être des partitions, suspendus perpétuellement ; ces 2 petits pianos et ce sol jonché de pétales blanches nous donnent l’impression d’être dans un lieu hors du monde et du temp s; les musiques signés Tim Aknine et David Enfrein qui sont d’une beauté inouïe nous donnent aussi cette sensation d’être hors du monde ; et que dire des sublimes illustrations et animations nées de la plume et l’imagination de Suki ; celles ci nous font voyager entre le réel, via les lettres d’Erik Satie, et L’Imaginaire avec ce personnage qui apparaît et déambule à chaque instant de l’histoire de nos personnages.
La distribution de cette petite pépite théâtrale est aussi talentueuse et éblouissante que la pièce qu’elle nous offre sur un plateau d’argent :
Anais Yazit est tout en sensibilité et absolument éblouissante avec ce personnage d’Anna ; fascinée par la vie et de se retrouver face à ce grand Monsieur qu’est Erik Satie. Elle nous offre une Anna tout en douceur, grâce et sensibilité; nous éblouit et nous émeut du début à la fin ; et Elliot Jenicot est à mes yeux, en plus d’un véritable performer, un comédien absolument extraordinaire et rempli de talent. Oui car il faut avoir énormément de talent, et ce qui est le cas aussi pour Anais, pour passer en une fraction de seconde du rire aux larmes, d’un personnage torturé intérieurement à une espèce de clown exubérant ; et tout ça par des chorégraphies rythmées et des expressions du visage absolument épatantes. En voyant Elliot dans ce personnage, peut être le costume aide un peu aussi, j’avais l’impression de voir une sorte d’hommage vibrant et éblouissant à Charlie Chaplin.
C’est une véritable fable émouvante et un vibrant hommage à Erik Satie, subtilement écrit et magnifiquement interprété que vous avez la possibilité de découvrir sur scène. Ça chante, ça danse, ça rit, ça pleure; et vous sortez de ce cette petite pépite théâtrale avec du baume au cœur, des mélodies et des étoiles plein la tête.

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À la recherche du temps perdu

Cette adaptation se caractérise par son éclatante cohérence !

“Une valise à la main, tout de blanc vêtu, l’homme avance lentement sur scène. Bientôt, les mots de Proust s’élèvent dans leur troublante et mystérieuse beauté. Réalisée à partir d’extraits plus ou moins connus de “À la recherche du temps perdu”, cette adaptation se caractérise par son... Lire plus

“Une valise à la main, tout de blanc vêtu, l’homme avance lentement sur scène. Bientôt, les mots de Proust s’élèvent dans leur troublante et mystérieuse beauté. Réalisée à partir d’extraits plus ou moins connus de “À la recherche du temps perdu”, cette adaptation se caractérise par son éclatante cohérence. Une même évidence qui se retrouve dans la mise en scène où le moindre objet a sa justification, le moindre silence sa raison d’être. Une réussite parachevée par l’interprétation envoûtante de David Legras, qui nous emmène sur le chemin sinueux des souvenirs à la rencontre de la duchesse de Guermantes ou d’Albertine. Un plaisir rare au goût aussi savoureux que celui d’une petite madeleine.”

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À la recherche du temps perdu

La présence scénique humanise tout en sobriété cette écriture géniale.

Une gageure que de mettre sur les planches “À la recherche du temps perdu”. Virgil Tanase s’y essaie pourtant et parvient à nous faire entrer dans le monde de Marcel Proust par une petite porte tout en finesse. Des morceaux choisis, des phrases, des moments de texte qui évitent l’écueil des raccourcis. Sur scène,... Lire plus

Une gageure que de mettre sur les planches “À la recherche du temps perdu”. Virgil Tanase s’y essaie pourtant et parvient à nous faire entrer dans le monde de Marcel Proust par une petite porte tout en finesse. Des morceaux choisis, des phrases, des moments de texte qui évitent l’écueil des raccourcis. Sur scène, quelques-unes des thématiques fortes du roman : la réminiscence et le souvenir chers à l’auteur, entre autre. Et David Legras, seul sur le plateau, nous fait partager intelligemment la phrase proustienne, dont la structure complexe se déroule avec jouissance, servie par la clarté de la diction et l’expressivité du comédien. La présence scénique humanise tout en sobriété cette écriture géniale. Sans l’appauvrir.
L’on écoute comme une évidence ce soliloque oiseux, cette introspection qui, au sens propre, nous parle. Les quelques accessoires suggèrent l’incarnation des figures chéries. Ils rythment les moments du texte soutenant l’attention de l’auditoire, servant d’allégories à tous les personnages et notions présents fantomatiquement. En une heure et quart, le spectateur perçoit les plus minuscules détails qui peuplent la vie de l’enfant jusqu’à ceux qui obnubilent l’homme d’âge mûr. Une description de chambre, une évocation de femme ou une peinture de comparses vieillissants.
Combray, Albertine, Swan, vous n’aurez qu’une hâte au terme du spectacle : les retrouver, (r)ouvrir l’un des tomes, au hasard et ressentir à nouveau ce que vous avez éprouvé à la lecture d’un Proust, jadis”

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À la recherche du temps perdu

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque.

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque “À la recherche du temps perdu de Marcel Proust rivalise avec l’ambition des cathédrales et des symphonies. Virgil Tanase met en scène cette balade du souvenir aux couleurs sépia, trempées des rayons réfractés de la vie passée. Des occasions... Lire plus

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque
“À la recherche du temps perdu de Marcel Proust rivalise avec l’ambition des cathédrales et des symphonies. Virgil Tanase met en scène cette balade du souvenir aux couleurs sépia, trempées des rayons réfractés de la vie passée. Des occasions d’éblouissements pour des intuitions que l’on croyait perdues, avec la sérénité et l’inquiétude contrôlée de David Legras, le flâneur dont les pensées et les mouvements mènent à des relais obligés du cycle proustien. L’écriture, produite dans une chambre tapissée de liège, ne saurait oublier toutes les alcôves protectrices de l’enfance, entre rideaux de mousseline à la blancheur d’aubépines chez les grands-parents à Combray, et l’odeur de renfermé que distillent des brindilles de bois sur le sol, un morceau de temps retrouvé: « Longtemps, je me suis couché de bonne heure… ». Surgit soudainement à la mémoire la disparition signifiante de la grand-mère, l’instant où le garçon prend conscience qu’il ne la reverra plus, tout en chaussant ses bottines.
Miracle d’un crissement qui laisse affleurer les jours anciens
Au rendez-vous, la fameuse madeleine, moment inattendu d’une félicité goutée à nouveau, à l’instant même où les «miettes du gâteau » imbibées de thé touchent le palais. Voilà l’envahissement d’un « plaisir délicieux » dont l’adulte ne peut saisir la cause, une simple offrande dominicale de la tante Léonie à l’enfant qu’il était. Quand au sentiment de l’amour, il s’impose à travers le portrait d’Albertine, l’adolescente si changeante rencontrée pendant la villégiature normande. Le spectacle donne la mesure des trésors poétiques de l”A la recherche du temps perdu” à l’aide d’images scéniques réinventées, non pas par le déséquilibre attendu des « deux dalles inégales du baptistère de Saint-Marc », mais grâce à une voiture enfantine du siècle dernier avec un guignol de poupées. Miracle d’un crissement de métal pleurant qui laisse affleurer les jours anciens.”

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À la recherche du temps perdu

Les réminiscences s’entremêlent et donnent la vie à ce très beau “À la recherche du temps perdu”

“Il faut du cran pour se risquer à pénétrer dans le temple de Proust. Le parfum de ses réminiscences échappe à nombre de flacons… Alors, une heure et quart de recherche. Il s’agit de faire jaillir le passé dans le présent ; de réitérer une sensation pour lui faire dire ce qu’elle renferme de souvenirs. Le... Lire plus

“Il faut du cran pour se risquer à pénétrer dans le temple de Proust. Le parfum de ses réminiscences échappe à nombre de flacons… Alors, une heure et quart de recherche. Il s’agit de faire jaillir le passé dans le présent ; de réitérer une sensation pour lui faire dire ce qu’elle renferme de souvenirs. Le désir de Proust – retrouver par les mots un plaisir évanoui – est atteint grâce à un processus mental minutieux, auquel le spectateur assiste, en même temps qu’il se délecte de la magie poétique des images. David Legras apparaît là comme un « voyant ». Il transmet cette « fièvre de la recherche » au pays de la mémoire, avec une flamme particulièrement captivante. Il voyage dans l’écriture de Proust, en nous la restituant fluide, voluptueuse et enivrante. Les moments choisis, dont fait partie le passage de la mythique madeleine «imbibée de thé», l’amour exaltée envers l’étrange, l’ambigüe Albertine, s’incarne dans les quelques accessoires présents sur la scène. Un phono, du vieil or, des fleurs, une poupée, un simple grincement : tout nous propulse dans cette galerie de miroirs, où les émotions enfouies se conjuguent et se reflètent encore une fois, au creux des phrases complexes et infiniment extatiques de Proust. Les réminiscences s’entremêlent et donnent la vie à ce très beau “A la recherche du temps perdu”, sous le pinceau d’un Virgil Tanase, au meilleur de sa forme.”

 

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À la recherche du temps perdu

David Legras est fascinant, magistral !

D’emblée c’est beau, blanc sur noir. Atmosphère, ombre et lumière… Des draps blancs recouvrant des meubles, et déjà prend vie une maison prometteuse d’histoires, dans laquelle pénètre lentement un homme très élégant, tout de blanc immaculé... Lire plus

D’emblée c’est beau, blanc sur noir. Atmosphère, ombre et lumière… Des draps blancs recouvrant des meubles, et déjà prend vie une maison prometteuse d’histoires, dans laquelle pénètre lentement un homme très élégant, tout de blanc immaculé vêtu, entre deux âges. Ses mains s’emploient à interroger l’espace en le/se découvrant au fur et à mesure… Son regard hypnotique invite à une intimité étrangement pudique. Il raconte, partage des fragments de son passé. Avec une fébrilité maîtrisée, de sa voix modulable, il décortique les mots qui décortiquent les moments choisis, de manière à ce qu’ils paraissent tangibles pour/par tous les sens. L’éphémère devient universel, le banal se revêtit d’une importance capitale. L’homme qui parle au passé, par sa présence, est une évidence, apaisante et troublante à la fois. Il semble chercher sans réellement en avoir besoin, sauf peut-être pour se rassurer enfin de ne pas l’avoir perdu… tout ce temps.

Seul en scène, David Legras est fascinant, magistral dans son art de jongler avec le rythme et les intonations, la précision, l’émotion. Il sert avec panache et justesse le magnifique texte proustien.

Quant à la mise en scène, elle est surprenante, esthétique, épurée et inventive à la fois : Virgil Tanase l’a forgée à la hauteur de son talent et de son imagination. Et nul doute, ce grand Monsieur est un magicien espiègle qui aime transporter les spectateurs dans son univers particulier, où derrière le moindre détail scénique se cache un symbolisme inattendu. À vous/nous de trouver !

Certains, comme Gide, aiment Proust. Les autres le (re)découvrent grâce à cette pièce qui lui rend si majestueusement hommage.

Luana Kim

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À la recherche du temps perdu

Il y a en effet de quoi être impressionné par l’interprétation de David Legras !

Réuni au sein de la petite salle du Théâtre de la Contrescarpe, le public, souvent épris de l’œuvre de l’auteur mis en scène, découvre avec surprise, parfois même avec interrogation, un spectacle captivant, toujours sur le fil. Notre avis : Proust est l’auteur qui,... Lire plus

Réuni au sein de la petite salle du Théâtre de la Contrescarpe, le public, souvent épris de l’œuvre de l’auteur mis en scène, découvre avec surprise, parfois même avec interrogation, un spectacle captivant, toujours sur le fil.
Notre avis : Proust est l’auteur qui, souvent, fait l’unanimité au sein des adeptes de littérature. Il est certain cependant que l’écriture de ce dernier peut dérouter, par son caractère fortement descriptif, introspectif, patient. Pour réussir à lire Proust, il faut du temps, il faut aussi avoir vécu. Sinon, la magie n’opère sûrement pas pleinement.
On mesure alors le défi du comédien, David Legras, et de son metteur en scène, Virgil Tanase, pour rendre la Recherche accessible. Car c’est bien le texte de Proust que le spectateur écoute, attentivement, durant cette heure de réflexion. Réflexion sur l’oubli, sur le souvenir, sur l’être.
Il y a en effet de quoi être impressionné par l’interprétation de David Legras, totalement habité par ce texte, par ses circonvolutions, par sa musicalité, qu’il nous transmet merveilleusement. Mais il fut étonnant, en tant que spectateur, de ressentir parfois l’envie de retrouver ces mots seul, à côté d’une lampe de chevet, de se les dire à soi, dans sa tête. Le texte de Proust a cette particularité qu’il ne se donne pas facilement. Et si le comédien réussit brillamment à adapter son phrasé à la complexité du propos, le désir de le faire sien est plus grand que celui de se le faire conter.
Tout n’est qu’une question de goût finalement, car ce seul-en-scène aiguise toutes les subjectivités. Qui ne s’est pas en effet, un jour, repassé le film de sa vie en retrouvant sa chambre d’adolescent ? Son odeur, sa lumière, ses bibelots. Pour qui aime à se laisser aller à des pensées, sans pour autant s’y perdre, pour qui a le goût du questionnement, de la démesure et de l’absolu dans la quête de sens, cette pièce résonnera très certainement en lui.
Mais il fut par la même amusant de ressentir davantage l’envie de se replonger dans les pages de Proust, plutôt que de se projeter dans l’imaginaire du comédien. La Recherche a cette magie, cette plénitude, qui fera d’elle le roman de chacun.
En tout cas, ce spectacle démontre que l’amour des artistes pour cette œuvre est bien palpable.

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À la recherche du temps perdu

Un bien beau moment à conseiller vivement...

Virgil Tanase, romancier et dramaturge d’origine roumaine, est bien connu du public français. Installé sur notre territoire depuis 1977, il a réalisé depuis cette date nombre d’adaptations théâtrales d’inspirations très diverses. C‘est un court texte d’André... Lire plus

Virgil Tanase, romancier et dramaturge d’origine roumaine, est bien connu du public français. Installé sur notre territoire depuis 1977, il a réalisé depuis cette date nombre d’adaptations théâtrales d’inspirations très diverses.
C‘est un court texte d’André Gide sur l’œuvre de Marcel Proust qui déclencha en lui cette envie d’un nouveau spectacle.

A partir d’extraits soigneusement choisis des divers tomes de « A la Recherche », Tanase analyse le subtil processus de souvenir inconscient indissociable, selon lui, de l’acte de création artistique.

Dans les passages proposés on retrouve bien sûr les grands classiques, de l’église de Combray à la petite madeleine trempée dans le thé. Et puis d’autres, moins connus, qu’on vous laisse identifier.

Des noms évocateurs surgissent du passé, celui de la Duchesse de Guermantes, ceux de Bergotte et de Saint Lou et aussi des prénoms qui nous sont familiers, Albertine et Gilberte, par exemple.

C’est à David Legras qu’incombe la tâche délicate d’incarner le narrateur. Nous l’avions découvert dans une adaptation du « Petit Prince » de Saint-Exupéry au théâtre de la Pépinière il y a une dizaine d’années.

Tout de blanc vêtu de la tête aux pieds, avec un élégant chapeau, il est l’incarnation parfaite du sublime Marcel. Pendant une heure un quart il nous susurre sur le ton de la confidence, parfois gourmand, amusé ou surpris, les phrases choisies par le metteur en scène. Le tempo est lent, régulier puis soudain accéléré, comme dans une sonate au piano.

Quelques meubles, d’abord cachés par des draps blancs, constituent le premier décor. Un guéridon, une chaise et une commode, objets familiers anciens d’une maison de campagne que l’on ferme après l’été et que l’on retrouve à la saison suivante.

D’autres accessoires font petit à petit leur apparition sur la scène de manière originale, tels une poussette grinçante ou un chapeau d’Albertine. La parole de l’acteur est quelquefois relayée par un gramophone qui délivre le texte derrière un délicieux grésillement.

Un bien beau moment à conseiller vivement à tous ceux qui aiment être bercés par la magie des mots et la réminiscence des souvenirs qu’on croyait perdus à jamais.

«Proust est quelqu’un dont le regard est infiniment plus subtil et attentif que le nôtre, et qui nous prête ce regard tout le temps que nous le lisons. Et comme les choses qu’il regarde sont les plus naturelles du monde, il nous semble sans cesse, en le lisant, que c’est en nous qu’il nous permet de voir ; par lui tout le confus de notre être sort du chaos, prend conscience et « nous nous imaginons » avoir éprouvés nous-mêmes ce détail, nous le reconnaissons, l’adoptons, et c’est notre passé que ce foisonnement vient enrichir » disait André́ Gide.

Alex Kiev

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À la recherche du temps perdu

David Legras sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs. Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement... Lire plus

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs.

Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement redingote et chapeau, et par la bouche de Proust nous transporte au temps jadis, dans la mémoire de l’écrivain.

Là resurgissent son amour pour Albertine, la maison de Combray, la mort de sa grand-mère, sa fascination pour la duchesse de Guermantes, sa sensation extatique pour la fameuse madeleine trempée dans une tasse de thé servie par sa tante Léonie. Mais aussi, dans une introspection profonde, toutes les petites émotions de son enfance qui restituées au présent – et sous l’analyse nécessaire de l’art, chère à Proust – les rendent immortelles.

Immortelles aussi les métaphores poétiques de cette œuvre colossale constituée de sept tomes et qui résonnent par extraits choisis dans la salle de La Contrescarpe.

Le grésillement d’un phonographe, le crissement d’un landeau qui se déplace comme par magie sur scène, une coiffeuse et un vieux lampadaire rappellent le XIXe siècle.
Écharpe et pot de fleurs donnent vie aux états d’âme de Marcel entre les mains de David Legras qui, sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

Carole Rampal

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À la recherche du temps perdu

Belle et saisissante plongée dans une écriture !

Critiques / Théâtre A la recherche du temps perdu de Marcel Proust par Gilles Costaz Le tournoiement de la mémoire Proust au théâtre. C’est une transposition bien périlleuse que quelques aventuriers tentent de faire régulièrement. En général, le parti pris... Lire plus

Critiques / Théâtre
A la recherche du temps perdu de Marcel Proust
par Gilles Costaz
Le tournoiement de la mémoire

Proust au théâtre. C’est une transposition bien périlleuse que quelques aventuriers tentent de faire régulièrement. En général, le parti pris n’est pas celui de la grande reconstitution d’une société mondaine, comme le cinéma a pu le faire à plusieurs reprises, mais celui de la miniature où l’évocation passe d’abord par la diction du texte et par la mise en place d’une atmosphère. Le spectacle réglé par Virgil Tanase – grand écrivain qui n’a jamais rompu avec son goût du théâtre et de la mise en scène – se place dans cette continuité. C’est un moment à une voix, à un acteur. Le décor est 1900, rétro, nostalgique. Mais les éléments – un miroir, un fauteuil, un gramophone (qui fonctionne) – se détachent de l’obscurité. Ils semblent à peine posés, comme cette écharpe blanche que l’acteur va suspendre en entrant en scène. 
Tout est centré sur le souvenir. Le choix de textes comprend bien entendu le passage sur l’émotion déclenchée par la mastication d’une madeleine mais, dans un montage subtil qui tourne comme une valse, fait se succéder d’autres pages hantées par la mémoire, l’attente du baiser quotidien de la mère et bien d’autres… C’est un calme et pourtant brûlant tournoiement.
David Gras est tout de blanc vêtu. L’acteur traduit ainsi un homme de la bonne société, soucieux de son élégance, mais pris dans la mélancolie, par sa quête lancinante du « temps perdu ». Il ne reste pas dans l’immobilité – comme on joue généralement Proust -, il a les gestes d’une personne qui veut s’expliquer et même convaincre, d’une façon un peu désespérée. La voix est tendre, mais ferme. Les émotions sont là mais non libérées, non transparentes. Nouées au contraire. C’est une courte, belle et saisissante plongée dans une écriture, un temps et une âme heureuse de sa nostalgie.

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À la recherche du temps perdu

Une remarquable prestation qui sort judicieusement des sentiers battus.

Seul en scène d'après l'oeuve éponyme de Marcel Proust interprété par David Legras dans une mise en scène de Virgil Tanase. De la lecture ("Ecouter Marcel Proust") à la variation warlijowskienne ("Les Français") en passant par la causerie théâtralisée ("Proust en... Lire plus

Seul en scène d'après l'oeuve éponyme de Marcel Proust interprété par David Legras dans une mise en scène de Virgil Tanase.
De la lecture ("Ecouter Marcel Proust") à la variation warlijowskienne ("Les Français") en passant par la causerie théâtralisée ("Proust en clair), "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, oeuvre-monde, à la fois monument littéraire, mausolée d'une société disparue et réflexion sur le temps, est régulièrement portée sur scène.
Indiquant dans sa note d'intention l'envie de prolonger son plaisir de la lecture de cette oeuvre et le faire partager au public, et avec la complicité efficace de Virgile Tanase à la mise en scène, le comédien David Legra a développé une partition à la forme singulière à plus d'un titre.
En effet, pour théâtraliser cette machine à remonter le temps et à créer, par le processus de la mémoire, un présent éternel à partir d'un passé enfui matérialisé dans une oeuvre d'art, il a composé un puzzle subtil d'extraits, brefs ou longs, recomposés qui n'évoquent que de manière presque incidente certains épisodes inscrits dans l'inconscient collectif tels, entre autres, la fameuse madeleine de Tante Léonie et le coucher à Combray.
Ensuite, il s'est affranchi de la déférence rigide dévolue aux chefs-d'oeuvre et à une prose mythique dont l'oralisation dans le cadre de la théâtralisation implique l'interprétation par l'acteur usant de toute la technique vocale du comédien pour, en l'espèce, traduire en rythmes les multiples ponctuations qui maintiennent l'écriture proustienne. une écriture funambule, et soutenir, comme en musique, son expressivité.
Ainsi, en adresse au public, du grave au facétieux, en jouant les mots à l'envi et osant la fantaisie, voire l'humour avec de malicieux clins d'oeil et d'inattendus inserts, David Legras endosse le personnage du narrateur autofictionnel dans sa quête du temps retrouvé.
Celui d'un voyageur dandy de blanc vêtu apparaissant, au sens premier du terme, tel un fantôme, dans un pièce aux meubles houssés du voile de l'oubli qui se révèle sinon familière du moins suggestive d'un lieu ressortant à un espace mental pour un voyage auquel il convie le spectateur.
Et il dispense une remarquable prestation qui, n'en déplaise aux pseudo-puristes proustiens, sort judicieusement des sentiers battus.

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    Située juste à côté du Théâtre de la Contrescarpe, au 3 rue Blainville, la directrice du lieu, Florence Saragoni vous y conseillera pour la dégustation des vins de qualité ! 

    L'ABC du vin by la Truffière propose des verres de vins à partir de 5€ et des bouteilles à partir de 10€ (avec une carte comprenant plus de 4200 références de vins différents) que vous pourrez accompagner de sardines, de planches de charcuteries et/ou fromages et de plats raffinés...

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