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Théâtre de La Huchette 

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23, rue de La Huchette
75005   Paris

T : 01.43.26.38.99

Direction : Franck DESMEDT

La légende du quartier latin

 

Né dans la folle euphorie de l'après-guerre, le théâtre de la Huchette est l'une des rares salles du quartier latin à avoir survécu. Fondée par Georges Vitaly et longtemps animée par Jacques Legré et Nicolas Bataille, elle fut le théâtre de créations symboliques de la seconde moitié du 20ème siècle comme La Fête Noire et Pucelle de Jacques Audiberti, La Quadrature du Cercle de Valentin Kataiev… On y voit notamment de jeunes comédiens comme Jacqueline Maillan, Claude Gensac, Monique Delaroche ou Pierre Mondy.

 

Suite au départ de Georges Vitaly, et sous la direction de Marcel Pinard en 1952, le Théâtre de la Huchette entretient le style et la programmation des années précédentes. Le 16 février 1957 sonnera toutefois comme une date forte pour son histoire, puisque les deux premières pièces d'Eugène Ionesco, La Cantatrice Chauve et la Leçon s'unissent définitivement, pour une reprise qui ne devait durer qu'un mois initialement...

 

Jouées sans interruption depuis 1957, la petite salle de la rive gauche est alors devenue un mythe mondial ! Une longévité et un succès unique dans l'histoire du théâtre (plus de 56 ans à l'affiche, le record mondial du spectacle joué sans interruption dans le même lieu) qui n'a pas empêché La Huchette de rester un lieu de création audacieux.

 

Pour réserver vos places pour la Cantatrice Chauve et la Leçon, mais aussi les autres créations proposées par le Théâtre de la Huchette, retrouvez ci-dessous la programmation et réservez votre place en ligne.

A l'affiche dans le Théâtre de La Huchette

La cantatrice chauve et La leçon - spectacle Ionesco

La cantatrice chauve et La leçon - spectacle Ionesco

de Eugène IONESCO

LA CANTATRICE CHAUVE : Une autopsie de la société contemporaine par le truchement de propos ridicules de banalité que tiennent deux couples. LA LEÇON : Un professeur timide, une élève insolente. Mais les rôles vont changer, la situation se... Lire plus

LA CANTATRICE CHAUVE : Une autopsie de la société contemporaine par le truchement de propos ridicules de banalité que tiennent deux couples.

LA LEÇON : Un professeur timide, une élève insolente. Mais les rôles vont changer, la situation se renverser.

Un monument du théâtre joué sans interruption depuis le 16 février 1957. Plus de 18 000 représentations. Molière d’Honneur 2000.

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La naissance de La Cantatrice Chauve...

Marcel Cuvelier, Eugène Ionesco, Nicolas Bataille - 1982 © MakiDans l’arrière-salle d’un café du boulevard Saint-Michel, une tablée de comédiens hurle de rire. Nicolas Bataille, jeune directeur de troupe, leur lit les deux premières scènes d’une pièce d’un jeune auteur, Eugène Ionesco.

Un couple qui n’a plus rien à se dire après vingt ans de mariage passe la soirée avec un autre qui ne se reconnaît plus.

Le texte a déjà été soumis à Bernard Grasset, mais, pour lui, cela ne vaut rien. Même fin de non-recevoir à la Comédie-Française. Ces premières scènes, Ionesco les a ébauchées en voulant apprendre l’anglais à partir de la méthode quotidienne Assimil, intitulée L’Anglais sans peine. Ses phrases toutes faites, alignées les unes derrière les autres, lui ont dévoilé un dérèglement du langage et un monde saisissant. Dès le début, ce grand lecteur de Lewis Carroll et des surréalistes a su précisément qu’il voulait en faire une parodie de théâtre.

Nicolas Bataille repose les feuillets sur la table.
Aussitôt, Simone Mozet, Odette Barrois, Paulette Frantz et Claude Mansart s’écrient en choeur :

« Il faut monter ça ! »
« Mais c’est trop court… » remarque l’un.
« Il faudrait trouver un autre titre »,
décrète un autre.
Très vite, Nicolas Bataille prend rendez-vous avec Ionesco.
« Je veux monter votre pièce. »
« Mais vraiment ? Mais vous êtes fou ? Tout le monde me dit que c’est injouable. »
« Nous, nous voulons la jouer. »

Les répétitions durent près de cinq mois. Un jour, Ionesco, qui connaît un agent de change habitant un hôtel particulier près du Champ-de-Mars, propose aux comédiens de présenter l’oeuvre dans son salon. Ils la jouent comique. Les spectateurs sont effondrés, la troupe aussi. « Pourquoi ça ne fonctionne pas ? » se demande le jeune metteur en scène. Akakia Viala, sa complice, lui conseille un revirement à cent quatre-vingts degrés : jouer contre le texte, dramatiquement. Bataille adopte l’idée et l’enrichit. Sur ce texte insensé, la mise en scène solennelle, cérémonieuse, se révèle irrésistible. Elle se nourrit de références à Jules Verne : en le relisant, Bataille a trouvé de troublantes similitudes de langage et d’attitudes entre les personnages du romancier et ceux du dramaturge. Ionesco assiste à toutes les répétitions. Avec la troupe, il s’emploie à trouver un autre titre à sa pièce. C’est alors que Jacques-Henri Huet, éblouissant pompier imbu de lui-même, fait un lapsus linguae dans son monologue du Rhume. Il remplace l’« institutrice blonde » par une « cantatrice chauve ». Ionesco bondit de son fauteuil et proclame : « Voilà le titre ! »

La troupe obtient une audition au Théâtre des Noctambules. Dirigé depuis 1939 par deux passionnés, Pierre Leuris et Jean Claude, cette salle est devenue, après des débuts difficiles, un haut lieu du renouveau théâtral.

« C’est épatant, s’exclame Pierre
Leuris, seulement ça ne fait qu’une heure !
Qu’est ce que vous voulez que je fasse avec une heure ?
Écoutez, je veux bien vous programmer, mais à 18 heures, parce que j’ai un spectacle à 21 heures. »

L’horaire est médiocre, mais la troupe n’a pas le choix. Elle improvise un décor avec des meubles prêtés par les parents des comédiens, et emprunte les costumes du film Occupe-toi d’Amélie, réalisé par Claude Autant-Lara, ami de Nicolas Bataille.

Le 10 mai 1950, c’est le jour de la première au Théâtre des Noctambules, Il n’y a pas beaucoup de monde dans la salle. Eugène Ionesco assiste anxieusement à la representation dans les coulisses. Pendant la scène des Smith, il entend des rires. « Mais… mais ils rient », murmure-t-il. Cela ne dure pas.

Le public est partagé. Des spectateurs les insultent : « Mais qu’est-ce que c’est que ces petits cons ! Ils se foutent de notre gueule ! » Camus, Breton ou Queneau par contre sont conquis. Mêmes réactions du côté des critiques. Si Jacques Lemarchand et certains de ses collègues la défendent ardemment, d’autres la descendent sans concession. Jean-Baptiste Jeener écrira : « En attendant, ils font perdre des spectateurs au théâtre. » Au bout d’un mois, la troupe est contrainte d’arrêter les représentations faute de public.

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Durs débuts de Leçon...

«J’aimerais bien monter un spectacle de vous. Est-ce que vous avez quelque chose, une pièce ? »

demande Marcel Cuvelier à Eugène Ionesco, au sortir d’une représentation de La Cantatrice Chauve. Ionesco est surpris. C’est la première fois qu’on lui fait une telle demande. « Je suis en train d’en écrire une, lui répond l’auteur. C’est l’histoire d’une leçon : un professeur, une élève. A la fin, le professeur tue l’élève. » Histoire du petit chaperon rouge dévoré par le grand méchant loup. Dans cette allégorie des ravages de tout pouvoir dictatorial, l’absurdité du comique tourne vite au cauchemar.

Pour présenter une pièce d’un auteur inconnu, avec des acteurs inconnus, dans la mise en scène d’un inconnu, il faut trouver une petite salle. Marcel Cuvelier contacte le directeur du Théâtre de Poche. Corentin Quéfellec lit La Leçon, qui ne l’enthousiasme pas. Mais un jour, il fait une proposition au metteur en scène : « Je n’ai rien pour le mois de mars, donne-moi soixante-dix mille francs et la salle est à toi. » Cuvelier lui demande trois jours de réflexion. Pas question de compter sur une subvention : « Montez la pièce d’abord », lui répète-t-on. Il pense alors à l’acteur Gamil Rhatib, qui cherche désespérément à mettre en scène un court drame, Les Assassins. L’Égyptien apporte cinquante mille francs et obtient, en contrepartie, que sa pièce soit programmée avec La Leçon. Mais ce n’est encore assez. Marcel téléphone alors à une ancienne amie. Elle et sa soeur vident leurs comptes en banque afin de lui permettre de boucler le budget. Il n’y a pas un sou pour la publicité, le décor et les costumes. Peu importe. Le metteur en scène emprunte les rideaux gris du théâtre, se sert d’une table et trois chaises trouvées sur place et demande à chaque acteur de fournir son costume. Ionesco assiste à presque toutes les répétitions. « Soyons honnête, nous avons fait la mise en scène ensemble, concède Marcel Cuvelier. Et puis, j’étais en permanence sur le plateau. »

Le 20 février 1951, au Théâtre de Poche, Marcel Cuvelier en professeur, Rosette Zucchelli en élève et Claude Mansard en bonne reçoivent le même accueil mitigé que la première pièce d’Eugène Ionesco. La pièce quitte l’affiche rapidement.


La première union...

Au printemps 1952, Ionesco confirme sa stature de dramaturge : Sylvain Dhomme crée Les Chaises au Théâtre Lancry, dans un décor de Jacques Noël, avec une certaine Tsilla Chelton. Générale triomphale et public absent, comme d’habitude. Le théâtre propose alors à Marcel Cuvelier de remonter La Leçon. À nouveau, c’est un échec.

Mais le metteur en scène persévère. Suite au retrait d’une pièce programmée au Théâtre de la Huchette, la salle dirigée par Marcel Pinard est libre pendant trois mois. Cuvelier saute sur l’occasion. Il se souvient qu’un jour, un critique avisé a émis l’idée d’associer La Cantatrice Chauve et La Leçon. Marcel Cuvelier appelle très vite Nicolas Bataille, qui se déclare partant.

Décorateur attitré de Ionesco, Jacques Noël est un jeune homme à la voix douce et aux idées subtiles. Il présente l’avantage non négligeable de travailler à crédit. Remarquant des paravents laissés là par une précédente production, il décide de s’en servir et en tire un décor réversible : côté vert pour La Cantatrice — une couleur tabou au théâtre, mais Nicolas Bataille n’est pas superstitieux sur ce plan — , côté rouge pour La Leçon.

La générale a lieu le 7 octobre 1952. Quelques jours plus tard, Jacques Lemarchand écrit dans Le Figaro littéraire : « Le Théâtre de la Huchette recèle en ses petits flancs de quoi faire sauter tous les théâtres de Paris. (…) Quand nous serons bien vieux, nous tirerons grand orgueil d’avoir assisté aux représentations de La Cantatrice Chauve et de La Leçon. » Cette fois, la salle est pleine. Mais au bout de trois mois, les deux premières pieces de Ionesco doivent céder la place à d’autres spectacles.


La reprise...

Depuis 1952, Nicolas Bataille et Marcel Cuvelier jouent ou mettent en scène des pieces au Théâtre de la Huchette. Ils se croisent souvent dans les coulisses, mangent avec leur troupe respective des pâtes chez l’un ou chez l’autre. Germe l’idée de réunir de nouveau La Cantatrice Chauve et La Leçon.

« On ne peut pas reprendre le Spectacle Ionesco sans même avoir de quoi payer une affiche ! déclare Jacqueline Staup à ses camarades. Il faut que nous mettions toutes les chances de notre côté. »

La seule personne en mesure de leur prêter les fonds nécessaires, c’est son ami Louis Malle. Le réalisateur accepte aussitôt. Il prête à la troupe un million d’anciens francs (l’équivalent de mille cinq cents euros), de quoi payer la location du théâtre et la promotion du spectacle Ionesco, que Marcel Pinard accepte de reprendre pour un mois, du 18 février au 18 mars 1957.

Cette fois, le succès est immédiat...

L’incroyable se produit. Le Tout-Paris se presse rue de La Huchette.
La mode a enfin rejoint Ionesco, jusque-là trop en avance. On aperçoit dans la salle Edith Piaf, Sophia Loren, Maurice Chevalier… Tandis que la critique, cette fois, vole au secours de la victoire : « La Cantatrice Chauve a sept ans, souligne Georges Lerminier. Elle vieillit bien, elle vieillit même très bien. Pas un cheveu blanc. » Il ne croyait pas si bien dire, celui qui écrivait ces lignes au bon vieux temps du président Coty. Les présidents et même les Républiques passent, La Cantatrice Chauve et La Leçon demeurent. Même s’il arrive encore que des spectateurs quittent la salle outrés, le public a compris le sens et la portée de ces deux pièces.

Semaine après semaine, mois après mois, année après année, décennie après décennie, le succès ne se démentira plus.


Une avant-garde devenue un classique...

Avec les années, la troupe est obligée de se dédoubler. En 1964, elle se transforme en coopérative, Les Comédiens Associés, plagiant dans son règlement intérieur les règles de la Comédie Française.

Le Spectacle Ionesco a un tel retentissement que très vite les tournées se succèdent. France, Allemagne, Etats-Unis, Liban, Japon, Tunisie, etc… la troupe parcourt le monde au fil des ans.

Elle inspire les plus grands artistes comme le photographe William Klein ou le graphiste Massin. De Louis Malle à Robert Enrico, en passant par Jacques Tati, de nombreux réalisateurs de cinéma font appel aux comédiens de la Huchette.


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  • Mise en scène : Nicolas BATAILLE

La presse parle du Théâtre de La Huchette

La cantatrice chauve et La leçon - spectacle Ionesco

« Et des centaines de spectateurs continuent d’assister à ce dîner anglais se transmettant, comme un précieux patrimoine, le plaisir de ce texte génial... Lire plus

« Et des centaines de spectateurs continuent d’assister à ce dîner anglais se transmettant, comme un précieux patrimoine, le plaisir de ce texte génial et incongru. »

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Zurban - 20:26 07 2005 - Spectacle Ionesco (jpg)
La cantatrice chauve et La leçon - spectacle Ionesco

« Rompus aux jeux de mots du dramaturge roumain, les comédiens n’en sont pas moins brillants et subtils. »

Le Figaroscope - 24 04 2013 - Spectacle Ionesco (jpg)
La cantatrice chauve et La leçon - spectacle Ionesco

« Quand nous serons bien vieux, nous tirerons grand orgueil d’avoir assisté aux représentations de « La Cantatrice chauve » et de... Lire plus

« Quand nous serons bien vieux, nous tirerons grand orgueil d’avoir assisté aux représentations de « La Cantatrice chauve » et de « La Leçon ».

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Le Figaro Littéraire (Jacques Lemarchand) - 18 10 1952 - Spectacle Ionesco (jpg)
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