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ANNA KARÉNINE 

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Théâtre de la Contrescarpe

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De Léon TOLSTOÏ

HISTOIRE(S) DE FEMME(S) Et si Anna Karénine avait aimé une femme ? Une adaptation audacieuse qui propose une lecture contemporaine du roman de Léon Tolstoï ! Un amour passionnel ravagé par une... Lire plus

HISTOIRE(S) DE FEMME(S)

Et si Anna Karénine avait aimé une femme ? Une adaptation audacieuse qui propose une lecture contemporaine du roman de Léon Tolstoï !

Un amour passionnel ravagé par une société moraliste. Vronski devient Varinka et l’œuvre de Tolstoï se révèle d’une actualité saisissante.


« Cette femme est morte comme elle avait vécu,

lâchement et misérablement.
Anna Karénine – Léon Tolstoï

 

Anna Karénine, issue de la “bonne” société et mariée a un haut fonctionnaire, trompe son mari avec Varinka. Femme sincère en quête d’absolu, elle sacrifie tout à sa liaison avec sa maîtresse : sa vie de femme, sa vie d’épouse, sa vie de mère et sa réputation.


Vivant en marge de la société, Anna supporte difficilement les effets cette liaison. En proie aux plus vifs tourments, et prise dans un engrenage dont elle ne peut se délivrer, elle met fin à sa vie en se jetant sous un train.

 

Note d’intention de Laetitia GONZALBES :

 

Anna est-elle l’incarnation du péché ou celle de la liberté ? Décortiquer les rapports humains, questionner la morale et la liberté, démontrer que le bonheur d’un être ne peut pas reposer sur le sacrifice de ses besoins fondamentaux … voilà l’objet de cette adaptation. Avec au centre l’amour et l’étincelante pensée de Tolstoï.

 

Morale et liberté : une dichotomie inévitable ? La morale dont nous sommes pourvus, nous pousse naturellement à penser qu’Anna, du fait de l’adultère et « l’abandon » de son fils, serait l’incarnation du péché. Sa déchéance morale la conduit au suicide, rongée par les remords. Un soulagement pour le lecteur ?
Si on place, au contraire, Anna en symbole de la liberté, elle devient le miroir de nos propres questionnements et nous renvoie à nos choix, nos renoncements, nos lâchetés…

 

Toute la force du roman réside dans cette double interprétation du rôle d’Anna. J’aimerais plonger le spectateur dans pareille interrogation avec des dispositions analogues à celles de l’époque. C’est ainsi que l’adaptation s’est voulue contemporaine et qu’un regard sur l’homosexualité est survenu.

 

Une adaptation contemporaine – Un regard sur l’homosexualité. L’exclusion d’Anna est motivée par les vues que l’on portait sur le mariage et la position de la femme. La fin du XIXème siècle est une période délirante à l’endroit des femmes et la société s’introduit jusque dans leurs lits. Fort heureusement le « système » se veut moins violent aujourd’hui, du moins dans notre pays. Il subsiste tout de même un domaine du privé qui suscite encore malveillance et agressivité, nous y sommes confrontés quotidiennement, il s’agit du regard porté sur l’homosexualité. Vronsky, l’amant d’Anna dans le roman de Tolstoï, est devenu Varinka, la maîtresse d’Anna. En changeant le sexe de l’amant, tout ce que Tolstoï dénonçait à l’époque dans son œuvre devient malheureusement d’autant plus actuel. Notamment les agissements et regards haineux portés sur Anna du fait de sa conduite « condamnable » selon son entourage… Ce qui la mènera inévitablement vers l’isolement.

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Première

 : 

Dernière

 : 

Adaptation :

GONZALBES LAETITIA

Mise en scène :

GONZALBES LAETITIA

Lumière :

HOVE CHARLY

Costumes :

Claire AVIAS

Infos et réservation :

Guichet :

Contrescarpe 5 rue Blainville 75005 Paris  

Tél. location

 : 01 42 01 81 88
 réserver

La presse parle de ANNA KARÉNINE

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L'Évasion des Sens

Le théâtre de La Contrescarpe présente une adaptation très libre de Laetitia Gonzalbes du célèbre roman « Anna Karénine » de... Lire plus

Le théâtre de La Contrescarpe présente une adaptation très libre de Laetitia Gonzalbes du célèbre roman « Anna Karénine » de Léon Tolstoï.

Un spectacle rythmé, un amant devenu amante, un personnage inédit d’une formidable présence, une mise en scène évoquant à la fois le 19ème siècle de Tolstoï et notre 21ème siècle.
Sur scène : une méridienne baroque, une table, des chaises et des cubes de plexiglas, des diodes électroluminescentes…
Fidèle au thème du roman, Laetitia Gonzalbes nous confronte à la place de la femme dans la société (« Oui, mais les femmes qui ont des ombres finissent mal en général »), au choc des convenances (« Tu t’es tenue de façon inconvenante. Je désire que cela ne se reproduise pas») et nous entraîne dans d’inattendues embardées : références à Tolstoï, emprunts à d’autres auteurs, création musicale contemporaine, homosexualité, lugubres ponctuations par l’homme sans nom…
Dans son journal rédigé en 1854, Léon Tolstoï s’interroge sur son identité « Que suis-je ?… Je suis laid, gauche, malpropre, sans vernis mondain. » Pour Tolstoï, l’écriture est un cheminement vers la connaissance de soi.
À travers la vie d’un couple et le destin tragique d’Anna, l’auteur jette un regard critique sur la noblesse russe et aborde les questions existentielles et politiques qui lui tiennent à cœur (le sens de la vie, la vérité et la religion, le mariage et l’amour, le travail de la terre et l’oisiveté, les questions ouvrière et agricole, les droits des femmes).
Laetitia Gonzalbes fait affleurer la richesse de ses pratiques artistiques (danse, chant, théâtre) et nous livre une adaptation libre et exaltante de la quête et du désordre émotionnel décrits par Tolstoï.
Bref, propulsez-vous jusqu’à ce théâtre intimiste niché à deux pas de la chaleureuse place de la Contrescarpe !

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Sous une forme théâtrale à la fois méditative et très vivante Laetitia Gonzalbes  met en scène Anna... Lire plus

Sous une forme théâtrale à la fois méditative et très vivante Laetitia Gonzalbes  met en scène Anna Karénine de Tolstoï au Théâtre de la Contrescarpe. 

Ecrit en 1877, ce roman,  l’un des plus connus de Tostoï,  concentre sans doute bon nombre d’interrogations cruciales chez les auteurs dramatiques dès la fin du XIXe siècle. Dans Anna Karénine, on évoque ouvertement le poids des conventions sociales, celui du rôle restrictif dévolu aux femmes (même issues de la haute société),  la place de l’argent dans le couple  ou encore la culpabilisation féminine dans ses dimensions amoureuses et éducatives. En cela Anna Karénine a beaucoup de points communs avec d’autres œuvres phares du théâtre européen  comme Une Maison de poupée (1879)  du Norvégien Ibsen,  Gertrud (1906) du Suédois Söderberg ou La Peur (1913) de l’Autrichien Zweig.

Sans cesse réinventée, selon le style, le talent et la nationalité de chaque auteur, c’est toujours la même histoire : celle d’une femme de bon milieu, écartelée entre un confort bourgeois illusoire et une passion fugitive et dévorante, situation d’autant plus éprouvante pour les personnages féminins qu’ils sont la plupart du temps confrontés au rejet de la société et victime doublement (du mari et de l’amant). Tragique par son dénouement Anna Karénine est l’histoire d’une femme (Anna Karénine) mariée à un haut fonctionnaire de la haute société pétersbourgeoise découvrant l’amour auprès d’un brillant officier (Vronsky). Par le menu le roman de Tolstoï nous conte le long pourrissement de ce couple – à la suite de la révélation de l’adultère – et ses continuels atermoiements ainsi que la fuite des amants jusqu’au suicide de son héroïne.

À la fois romantique et sombre, la symbolique d’Anna Karénine nous parle de passion amoureuse et d’individus rejetés par la bonne société sous couvert de bonne conscience. Sans en esquiver la dimension étouffante, la libre adaptation et mise en scène de Laetitia Gonzalbes se caractérise par une grande fluidité et une liberté au ton original autour de scènes rythmées et courtes. Les comédiens n’en font jamais ni trop ni pas assez. Ils sont pleinement présents à la scène, par l’élocution, par la manière de se déplacer, par l’émotion juste, par l’expressivité affichée de vêtements changeants. Le plateau scénique donne d’ailleurs le ton : une méridienne baroque, quelques cubes en plexiglas, une table et des chaises ; au plafond, des tubes de diodes électroluminescentes.

Tout cela oriente le spectateur vers une impression de volupté scandaleuse, de rudesse des temps, de labyrinthique dilemme amoureux… Dans cette adaptation Vronsky (l’amant) devient Varinka (l’amante), ce qui – au-delà de l’évidente connotation homosexuelle – contribue peut être à rendre plus compréhensible le décalage d’origine entre Anna Karénine et son mari. Quant à l’Homme sans nom, c’est un personnage masqué devisant avec les autres personnages et ne dédaignant pas de se promener dans la salle. Sorte de chef d’orchestre mortuaire, il participe pleinement au climat allégorique de cet excellent spectacle, qui dégage, entre autres, un fort parfum de mystère.

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Lesbien raisonnable ? Et si Anna Karénine était tombée amoureuse d’une femme ? Cela changerait-il le cours de son histoire d’amour ou au contraire,... Lire plus

Lesbien raisonnable ?
Et si Anna Karénine était tombée amoureuse d’une femme ? Cela changerait-il le cours de son histoire d’amour ou au contraire, lui apporterait-il encore plus de chair et de cœur ? Réponse dans cette mise en scène sobre et étonnante, pour un spectacle indispensable en ces temps où l’homosexualité est encore et toujours fustigée.
On connaît tous l’histoire d’Anna Karénine, considéré comme le chef d’œuvre de Tolstoï. La belle Anne qui épouse sans l’aimer vraiment, Alexis Karénine, avant de tomber éperdument amoureuse du Comte Vronski dont elle porte l’enfant. Leur passion ravage tout sur leur passage et finit par être trop lourde pour eux et Anna se jette sous un train. Des transpositions au cinéma, à la télévision, en ballet en au théâtre ont déjà eu lieu. Comment rendre actuelle une telle histoire, à l’heure où l’infidélité ne cause plus un tel opprobre ?

Laetitia Gonzalbes a trouvé la parade. On a récemment vu à l’œuvre la metteure en scène qui a remis au goût du jour Charles Péguy dans Péguy le visionnaire. Ici, pour sa version d’Anna Karénine, elle casse les codes et les conventions : Anna épouse bien Alexis, mais elle tombe amoureuse de Varinka, la meilleure amie de ce dernier. Une autre histoire d’amour impossible qui continue, malheureusement, de résonner avec l’actualité où l’homophobie continue de tuer et de blesser chaque jour de nombreuses personnes homosexuelles.

Pour appuyer son propos et sa mise en scène esthétique et sophistiquée, Laetitia Gonzalbes s’est adjointe la triste figure de la Mort en personne, ou plutôt de la Fatalité, qui s’invite aux discussions, interagit, sous son masque de mystère, avec les personnages, prodigue des conseils et des remontrances, tente d’alerter les funestes horizons et finit par s’en réjouir. Le décor oscille entre modernité et tradition, avec ses néons suspendus qui évoquent des épées de Damoclès, prêtes à fondre sur Anna et Varinka. Les costumes sont à l’avenant, entre habits de gala et froufrous érotiques. La bande son est remarquable, servant les comédiens qui parfois entament un pas de danse ou une chanson, avant de se laisser aller vers l’inéluctable…

L’histoire fonctionne justement parce ces quatre-là entament un ballet mortel avec autant de force que de sensibilité. Lisa Laffont campe une Anna éperdue entre sympathique pour son mari, amour pour son enfant et passion dévorante pour sa maîtresse ; Varinka, plus dure et plus sensée, est incarnée par une incandescente Maroussia Henrich. Chez les hommes, David Olivier Fischer fait un Alexis effacé très crédible, tandis que la figure allégorique du Destin prend corps et voix de Samuel Debure. On ne sait pas ce que Tolstoï aurait pensé de cette version 2018 ancrée dans son époque, mais force est de reconnaître que l’histoire d’amour tragique qu’il a imaginée fonctionne tout aussi bien que la version originale.

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Et si David Lynch s’installait dans un théâtre pour raconter la vie d’Anna Karénine ? Laetitia Gonzalbes donne une idée de ce que pourrait en être le... Lire plus

Et si David Lynch s’installait dans un théâtre pour raconter la vie d’Anna Karénine ? Laetitia Gonzalbes donne une idée de ce que pourrait en être le résultat au théâtre de la Contrescarpe.

Anna Karénine… le chef d’oeuvre de Tolstoï. Femme vertueuse mariée à un homme pieux et aussi respectueux des conventions et des apparences, Anna lutter contre, puis vivre, une passion chahutée avec un autre homme. Elle part avec son amant, ne supporte pas d’avoir abandonné son fils, met fin à ses jours. La passion vient de perdre contre la morale.

Dans cette version, Vronski est Varinka, l’amant est une amante. Une façon de rendre l’histoire plus actuelle. On est en 2018, j’ose espérer que personne ne sera ni surpris ni choqué.

La mort accueille le public, masque mi vénitien mi crane d’oiseau, habit noir, peau parcheminée. « Je vous observe depuis longtemps ». Anna arrive, l’histoire se déroule telle que Tolstoï l’a écrite – voire vécue, il y a de l’autobiographie dans cette histoire. Avec quelques inserts, Maupassant, Jean Fournée.

Dans son adaptation d’Anna Karanine, Laetitia Gonzalbes ose. Elle ose modifier le texte, elle crée un univers. Un univers visuel et auditif qui marche. Appuyé sur une distribution qui tient le choc, des costumes de grande qualité, une utilisation audacieuse de la lumière. Elle ne tombe pas dans le piège de la performance pour la performance, c’est du théâtre, des personnages sont là, bien là, ils prennent le temps de raconter leur histoire. Une histoire intemporelle, racontée d’une façon très actuelle.

Actuelle et élégante.

Anna Karenine, c’est la passion contre la morale, le sexe animal contre la religion torturée. Je me souviens de la scène où les corps d’Anna et de Varinka se mêlent dans une danse sensuelle. Je me souviens de l’accouchement d’Anna. Tout est là, animal, charnel, entre ombre et lumière, sans franchir les limites de l’élégance.

L’esthétique de son univers m’a rappelé celle de David Lynch. Oui, c’est ça. Costumes, lumières, place de la musique, utilisation de la danse, c’est l’âme russe transportée à Twin Peaks, émouvant, prenant, impressionnant.

Avec une mention particulière pour le jeu de Lise Laffont, que j’ai trouvée magnifique dans le rôle d’Anna Karénine.

Ça peut étonner. Déstabiliser. Ou emporter. J’ai été un peu surpris au début, puis curieux. Et puis je me suis laissé emporter.

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Une écriture précise, des comédiens investis et une mise en scène ingénieuse… Adaptation très originale qui saura changer votre regard sur... Lire plus

Une écriture précise, des comédiens investis et une mise en scène ingénieuse…

Adaptation très originale qui saura changer votre regard sur Anna Karénine…

L’amour ça ne se commande pas. Alors quand Anna se marie et tombe amoureuse d’une autre personne, elle va devoir faire face à un dilemme. Un choix impossible qui va la mener vers un destin funeste.

Laetitia Gonzalbes auteure et metteure en scène, décide de créer une version assez singulière d’Anna Karénine. Un défi de taille car adapter un roman russe riche de descriptions, une pièce d’1h30 dans un petit espace, se montrait difficile à relever. Pour donner plus de volume au récit, elle va également intégrer des références à Bel-Ami et Enragée ? de Guy de Maupassant et des poèmes et partitions de Jean Fournée. Mais grâce à une écriture précise, des comédiens investis et une mise en scène ingénieuse tout est possible. Ainsi notre jeune amoureuse prend vie et nous, les spectateurs, allons la suivre dans sa descente aux enfers.
Il faut prévenir le puriste, celui passionné par l’œuvre de Léon Tolstoï. Cette Anna Karénine est une libre adaptation du roman. Notre jeune écervelée ne tombe pas sous le charme du Comte Vronsky mais de Varinka, une femme passionnée, libre, au tempérament de feu qui ne rend de compte à aucun homme. C’est Alexi, le mari d’Anna qui les mettra en relation. Très vite un lien va se créer entre elles. Nous allons assister à une magnifique scène érotico-sensuelle entre Lise Laffont et Maroussia Henrich. C’est le moment de rupture car le secret va être découvert par un mari jaloux. Anna devra choisir entre son cœur et sa raison. Son cœur l’emportera mais sa raison va l’abandonner petit à petit. La folie va la gagner et la perdre.
Le choix qu’Anna aime une femme au lieu d’un homme ne change pas le message critique derrière. La société et les biens pensants jugent ceux qui ne choisissent pas le chemin dit classique. Alors ils sont persécutés, rejetés et parfois humiliés. Un texte qui raisonne toujours autant malheureusement à notre époque. Les quatre talentueux comédiens donnent fougue passion à cette histoire.

Maroussia Henrich interprète avec douceur et sensibilité cette femme libre qui sait aimer avec sincérité et raison. Son costume de saltimbanque donne un mélange entre rebelle et force. Une tenue qui lui va à merveille. Lise Laffont, elle campe Anna, cette innocente enfant qui découvre le sexe le jour de son mariage. « Un viol légal ». Elle découvre la vie dans sa complexité et son injustice. Son personnage qui semble si épanoui à la première scène sombre dans la folie. Elle tient une magnifique scène de fin où elle perd pied et se rend compte de la situation. Son regard se porte au loin derrière le public et la justesse du ton montre sa fragilité. Les hommes ne sont pas en reste. David Olivier Fischer tient avec cruauté son rôle d’homme, égocentrique et cruel. Le visage blanchit, tenu noir, il incarne l’élégance et l’autorité. On ne doute jamais qu’il est cet Alexi. Pour lui tenir compagnie, l’énigmatique Samuel Debure, caché sous un masque. Même si l’on ne le voit jamais son visage, il s’impose là, de façon charismatique. Sa voix un peu pincée, se veut juge et partie. Les costumes de Claire Avias sont vraiment très bien pensés. C’est un mélange subtil de plusieurs matières et style qui donne un côté intemporel. Tout comme la mise en scène, avec des décors qui font anciens qui se couplent avec des cubes de rangement en plastique et des tubes lumineux au plafond qui changent de teintes. La musique créée pour le spectacle se dirige vers la techno avec des sons répétitifs qui correspond totalement à l’ambiance.

Ne passez pas à côté de cette adaptation très originale qui saura changer votre regard sur Anna Karénine.

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Comédie dramatique conçue et mise en scène par Laetitia Gonzalbes, avec Lise Laffont, Maroussia Henrich, David Olivier Fischer et Samuel Debure. Ardue et... Lire plus

Comédie dramatique conçue et mise en scène par Laetitia Gonzalbes, avec Lise Laffont, Maroussia Henrich, David Olivier Fischer et Samuel Debure.

Ardue et téméraire s'avère la transposition théâtrale d'un texte littéraire et davantage encore quand le choix se porte sur un chef d'oeuvre de la littérature, comme en l'occurrence sur "Anna Karénine" de Léon Tostoï.

Et donc émérite se révèle l'entreprise de Laetitia Gonzalbes qui propose une partition singulière et atypique, à plus d'un titre et qui, pour le moins, ne peut encourir la critique de formatage à l'aune des codes de la jeune scène contemporaine mainstream.

En effet, resserrée sur le trio de l'adultère, instillée d'emprunts à d'autres textes et poèmes, dont le "Bel-Ami" de Guy de Maupassant, et retenant les lignes de force de l'opus original, avec l'inconciliable trinité raison/passion/foi, elle présente une variation contemporanéisée de ce drame de la passion, destructrice et autodestructrice, en déclinant celle-ci de manière saphique, tout en le plaçant sous l'obédience du romantisme noir pour rendre compte des tourments psychologiques du personnage-titre.

Et noir c'est noir, tant pour la dramaturgie que pour la scénographie "black cube" avec un esthétisme qui n'est pas sans évoquer celui "papier glacé" des photos des années 70 d'Helmut Newton, avec des assises mêlant méridienne baroque et chaises napoléon façon Ghost starckien, les lumières crépusculaires que Charly Hove strie de traits de couleur vive avec un plafonnier en tubes diodes disposés façon Dan Flavin et les costumes confectionnés par Claire Avias qui, à l'exception du choix du blanc et de la dentelle vintage pour l'héroïne, s'inspire du style "new fetish" et de celui de l'heroic fantasy.

Ce qui immerge cette chronique d'une mort inéluctable dans une atmosphère d'étrangeté soutenue par la présence d'un énigmatique personnage surnuméraire campé par Samuel Debure à l'inquiétante placidité, narrateur intradiégétique, main du destin, ange de la mort et maître de cérémonie, une cérémonie à l'allure de sarabande orchestrée par Eros et Thanatos.

La mise en scène avisée de Laetitia Gonzalbes soutient ses parti-pris qui se traduisent dans un opus composé de scènes courtes et d'ellipses chorégraphiées scandées par la musique syncrétique deTim Aknine et David Enfrein et un jeu placé sous le registre du réalisme distancié godardien.

David Olivier Fischer, parfait en mari psychorigide et factotum des conventions sociales, et Maroussia Henrich, fascinante en maîtresse libertaire épargnée de l'opprobre par son statut d'artiste, entoure Lise Laffont lumineuse en ingénue mystique et sensuelle éprise de liberté qui se mue en femme fatale surtout pour elle-même qu'elle incarne avec une sensibilité à fleur de peau.

Un beau projet porté par la jeune et prometteuse Compagnie Kakuki.

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La grande parade

Léon Tolstoï au Théâtre : et si Anna Karénine avait aimé une femme ? Il fallait oser : adapter librement et de manière contemporaine, un classique de... Lire plus

Léon Tolstoï au Théâtre : et si Anna Karénine avait aimé une femme ?
Il fallait oser : adapter librement et de manière contemporaine, un classique de la littérature amoureuse : « Anna Karénine », du grand Léon Tolstoï, que l’on résume trop souvent à la femme adultère qui se suicide (pour expier ses pêchés) en se jetant sous un train…

Mais Laetitia Gonzalbes développe en décortiquant les rapports humains. Elle questionne la morale pour démontrer que le bonheur d'un être (d'une femme, en l'occurrence) ne peut pas reposer sur le sacrifice de ses besoins fondamentaux. Si l'amour est au centre du roman de Léon Tolstoï, la liberté est au cœur de l'Anna Karénine revue par Laetitia Gonzalbes. Elle questionne : la dichotomie entre morale et liberté est-elle inévitable ? Cette morale (religieuse la plupart du temps) pousse à penser qu'Anna Karénine, du fait de l'adultère et « l'abandon » de son fils, serait l'incarnation du pêché. Sa « déchéance » la conduit au suicide, rongée qu'elle est par les remords. Mais si on place, au contraire, Anna Karénine en symbole de la liberté, donc de la libération de la femme, elle devient le miroir de nos propres questionnements et nous renvoie à nos choix, nos renoncements, nos lâchetés...Toute la force du roman réside dans cette double interprétation du rôle d'Anna, superbement campée par Lise Laffont, parfaite en jeune ingénue, encore fragile sur ses patins, qui va se transformer en loque humaine ravagée par l'alcool. Finalement,l'homosexualité passe au second plan. On finit par l'oublier car ce sont les sentiments qui comptent. Malgré tout, on peut voir dans l'exclusion d'Anna Karénine (par la « bonne société), femme surveillée jusqu'à sa sexualité, le point de vue obsolète que l'on portait alors, au XIXe sicèle (et encore aujourd'hui, on croit rêver !) sur le mariage et la position de la femme (soumise, docile, dominée). En effet, il subsiste toujours une frange de la société, de l'Humanité, via la religion, qui entend imposer ses vues dans le domaine du privé (la sexualité).
L'homosexualité suscite encore des  actes de malveillance et d'agressivité́. Nous y sommes confrontés quotidiennement. En ce sens, cette mise en scène résolument moderne d'Anna Karénine décuple la force du sujet : l'amour n'a pas de sexe. Tous les interprètes sont excellents. Les costumes (de Claire Avias) sont parfaits. Léger bémol sur l'éclairage (Charly Hove) et la musique (Tim Aknine et David Enfrein) peut-être trop présents... Affaire de point de vue. Le texte ayant un peu vieilli, Laetitia Gonzalbes modernise, « déringardise », avec de la danse (ça le fait) et les apartés du narrateur masqué (clin d'œil au Bel-Ami de Maupassant et aux poèmes et partitions de Jean Fournée ?), pour combler le caractère tragico-dramatique de ce classique indépassable. Mais parfois plombant. Cela reste un spectacle rythmé et émouvant pour qui aime l'amour, toujours !

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Le Bonbon

On se fascine pour la pièce Anna Karénine Dans cette adaptation de Laetitia Gonzalbes, Anna Karénine, issue de la "bonne" société et mariée a un... Lire plus

On se fascine pour la pièce Anna Karénine

Dans cette adaptation de Laetitia Gonzalbes, Anna Karénine, issue de la "bonne" société et mariée a un haut fonctionnaire, trompe son mari avec Varinka. Une adaptation encore plus intemporelle et criante de modernité, à découvrir dès le 29 octobre au Théâtre de la Contrescarpe.

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Résolument moderne, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est aussi finement ciselée que l’adaptation qu’elle a réalisée du chef-d’œuvre... Lire plus

Résolument moderne, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est aussi finement ciselée que l’adaptation qu’elle a réalisée du chef-d’œuvre de Léon Tolstoï. Le scandale est décuplé.

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53 avis

Les avis des spectateurs sur ANNA KARÉNINE

Anonyme
Anonyme 5

Belle adaptation du roman de Tolstoï. Le comédien jouant la mort est épatant et profond. Il nous entraîne dans cette histoire adaptée par Laetitia Gonzalbes.

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Anonyme
Anonyme 5

Bouleversant ! Merci pour cette adaptation !

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Calendrier et tarifs - ANNA KARÉNINE

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