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Anna Karénine 

Anna Karénine au Théâtre de la Contrescarpe
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Théâtre de la Contrescarpe

Classiques Contemporains Drame Mélodrame

De Léon TOLSTOÏ

HISTOIRE(S) DE FEMME(S) Et si Anna Karénine avait aimé une femme ? Une adaptation audacieuse qui propose une lecture contemporaine du roman de Léon Tolstoï ! Un amour passionnel ravagé par une... Lire plus

HISTOIRE(S) DE FEMME(S)

Et si Anna Karénine avait aimé une femme ? Une adaptation audacieuse qui propose une lecture contemporaine du roman de Léon Tolstoï !

Un amour passionnel ravagé par une société moraliste. Vronski devient Varinka et l’œuvre de Tolstoï se révèle d’une actualité saisissante.


« Cette femme est morte comme elle avait vécu,

lâchement et misérablement.
Anna Karénine – Léon Tolstoï

 

Anna Karénine, issue de la “bonne” société et mariée a un haut fonctionnaire, trompe son mari avec Varinka. Femme sincère en quête d’absolu, elle sacrifie tout à sa liaison avec sa maîtresse : sa vie de femme, sa vie d’épouse, sa vie de mère et sa réputation.


Vivant en marge de la société, Anna supporte difficilement les effets cette liaison. En proie aux plus vifs tourments, et prise dans un engrenage dont elle ne peut se délivrer, elle met fin à sa vie en se jetant sous un train.

 

Note d’intention de Laetitia GONZALBES :

 

Anna est-elle l’incarnation du péché ou celle de la liberté ? Décortiquer les rapports humains, questionner la morale et la liberté, démontrer que le bonheur d’un être ne peut pas reposer sur le sacrifice de ses besoins fondamentaux … voilà l’objet de cette adaptation. Avec au centre l’amour et l’étincelante pensée de Tolstoï.

 

Morale et liberté : une dichotomie inévitable ? La morale dont nous sommes pourvus, nous pousse naturellement à penser qu’Anna, du fait de l’adultère et « l’abandon » de son fils, serait l’incarnation du péché. Sa déchéance morale la conduit au suicide, rongée par les remords. Un soulagement pour le lecteur ?
Si on place, au contraire, Anna en symbole de la liberté, elle devient le miroir de nos propres questionnements et nous renvoie à nos choix, nos renoncements, nos lâchetés…

 

Toute la force du roman réside dans cette double interprétation du rôle d’Anna. J’aimerais plonger le spectateur dans pareille interrogation avec des dispositions analogues à celles de l’époque. C’est ainsi que l’adaptation s’est voulue contemporaine et qu’un regard sur l’homosexualité est survenu.

 

Une adaptation contemporaine – Un regard sur l’homosexualité. L’exclusion d’Anna est motivée par les vues que l’on portait sur le mariage et la position de la femme. La fin du XIXème siècle est une période délirante à l’endroit des femmes et la société s’introduit jusque dans leurs lits. Fort heureusement le « système » se veut moins violent aujourd’hui, du moins dans notre pays. Il subsiste tout de même un domaine du privé qui suscite encore malveillance et agressivité, nous y sommes confrontés quotidiennement, il s’agit du regard porté sur l’homosexualité. Vronsky, l’amant d’Anna dans le roman de Tolstoï, est devenu Varinka, la maîtresse d’Anna. En changeant le sexe de l’amant, tout ce que Tolstoï dénonçait à l’époque dans son œuvre devient malheureusement d’autant plus actuel. Notamment les agissements et regards haineux portés sur Anna du fait de sa conduite « condamnable » selon son entourage… Ce qui la mènera inévitablement vers l’isolement.

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Première

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Dernière

 : 

Mise en scène :

GONZALBES LAETITIA

Adaptation :

GONZALBES LAETITIA

Lumière :

HOVE CHARLY

Costumes :

Claire AVIAS

La presse parle de Anna Karénine

logo Echo Républicain

Quand Anna Karénine quitte son mari pour une femme... Du roman de Tolstoï, adapté sur la scène du Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, Laetitia... Lire plus

Quand Anna Karénine quitte son mari pour une femme...
Du roman de Tolstoï, adapté sur la scène du Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, Laetitia Gonzalbes a tout gardé... sauf que l'un des protagonistes a changé de sexe. Résultat, l'héroïne ne quitte plus son mari pour un homme, mais pour une femme. Audacieux, fort et poignant comme un cri du cœur. 


Pourquoi ce changement de sexe d'un personnage ? 
C'est pour retrouver la pleine puissance du texte dans une époque contemporaine. L'idée d'un adultère traditionnel, une femme de la haute société qui sacrifie tout pour un homme, fonctionnait moins. Je me suis dit que pour transmettre la force du texte, il fallait l'adapter à notre époque. L'histoire de Tolstoï en est d'autant plus puissante.

Est-ce une envie de sacrifier à l'air du temps ?
C'est bien plus fort que ça. J'ai envie de faire des pièces qui dénoncent des choses importantes. Je suis attachée à certaines valeurs républicaines. Pour moi, faire du théâtre, c'est faire de la politique. 

À l'heure du mariage pour tous, on pourrait penser que toutes ces histoires de mœurs et de choix de sexualité se sont banalisées. 
Étonnamment, on a des jeunes assez libérés sur certains sujets. En revanche, lorsqu'on rencontre les associations, on se rend compte que c'est pire qu'avant. Il se passe avec l'homophobie ce que l'on connaît aussi avec l'antisémitisme. Il y a un retour de la morale un peu judéo chrétienne.

 
Cette pièce contribue-t-elle, selon vous, à lutter contre l'homophobie ? 
J'espère, mais ce n'est pas une œuvre militante, au grand dam de certaines associations LGBT qui ont trouvé que je n'allais pas assez loin. Je n'ai pas voulu choquer, par exemple mettre deux femmes nues sur scène. En faisant une adaptation tout public, cela rend l’œuvre plus efficace. J'ai essayé de ne pas traiter directement du sujet de l'homosexualité car je reste dans l'histoire de Tolstoï. Je n'ai rien changé au texte.


Que voudriez-vous que l'on retienne de cette adaptation ? 
Que l'on sorte du théâtre avec l'envie de respecter davantage le droit à la différence. Comme Anna Karénine, certains (hommes ou femmes), se suicident car ils sont victimes des convenances, des préjugés d'une société conservatrice. Ils ont le sentiment d'être dans une époque qui ne les acceptent pas et le suicide est la seule issue. C'est valable en amour comme dans le milieu professionnel. J'aimerais que l'on soit plus respectueux, plus tolérant.

Ce que vous faites avec Tolstoï, vous auriez pu le faire avec un autre auteur, un autre texte ? 
Je ne sais pas, mais Anna Karénine est une œuvre qui m'a profondément touchée. J'ai eu envie que l'on comprenne mieux le message d'un auteur qui a inspiré Gandhi.

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Il y a quelques semaines, nous avons découvert la pièce Anna Karenine, adaptée de Tolstoï par Laetitia Gonzalbes. Eligible aux Molières 2019, cette... Lire plus

Il y a quelques semaines, nous avons découvert la pièce Anna Karenine, adaptée de Tolstoï par Laetitia Gonzalbes.
Eligible aux Molières 2019, cette pièce nous plonge dans un univers captivant, de part une mise en scène particulièrement soignée.On s’installe dans une ambiance sombre et mystérieuse. Tout est noir, et un personnage très étrange arrive … Il nous parle. Nous raconte. Nous met en garde … Puis s’efface dans le fond de la scène. Entre ensuite Anna, et Alexis. L’étrange personnage revient vers nous, nous raconte. C’est une voix off qui n’est pas si off que ça, mais dissimulé tout de même derrière un étrange masque et vêtu tout de noir. Il laisse planer une crainte sur la scène, sur les personnages. On sent que tout ne va pas vraiment bien se passer … ça va certainement mal finir.

La mise en scène de Laetitia Gonzalbes est particulièrement soignée, esthétique. Nous sommes en Russie au 19eme siècle, dans la belle bourgeoisie. Les costumes sont en velours blanc et grenat. Tout resplendit. Du 19eme siècle, on est directement projeté aux problématiques modernes. Oh non pas que l’homosexualité n’existait pas à l’époque, mais elle n’était pas mise en avant comme aujourd’hui. C’est ainsi que, en lieu et place d’un amant, Laetitia Gonzalbes attribue une amante à Anna. Et ça colle. On se prend de passion pour cette passion. Autant qu’Anna de Varinka. Les deux femmes sont belles, vraies, aspirent à la liberté. Malheureusement, les choses ne sont pas si simples.  Et ce mystérieux personnage sombre qui est-il ? Un confident pour Anna ? Un observateur de cette dangereuse relation adultère ? Ou encore la mauvaise conscience d’Anna personnifiée par ce masque terrifiant ? Autant de possibilités que le spectateur peut prendre la liberté de choisir. Et à voir sa présence parfois si proche d’Anna, qui survit à sa vie, en gardant une main sur sa cuisse, comme pour se rassurer de sa présence … 
Une belle réussite pour cette pièce.
Des personnages captivants et une atmosphère dont on ne sort pas vraiment indemne … 

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Transposer la fresque de Léon Tolstoï (1877) à la scène est un pari que beaucoup ont tenté de relever. L’originalité de Laetitia Gonzalbes vient du... Lire plus

Transposer la fresque de Léon Tolstoï (1877) à la scène est un pari que beaucoup ont tenté de relever. L’originalité de Laetitia Gonzalbes vient du fait qu’en plus d’en extraire l’essence, elle puise dans des textes de Maupassant pour souligner certains aspects de la relation Anna-Alexis et de Francis Fournée pour apporter une touche poétique.
Cette version du mythe repose en grande partie sur la présence d’un personnage masqué plutôt mystérieux, qui accueille les spectateurs et qui plane ensuite sur tout le spectacle. Est-ce un corbeau annonçant la mort ? Est-ce le narrateur ? Est-ce la conscience des personnages ? Est-ce tout cela à la fois ? Toujours est-il qu’en tant qu’annonceur de la tragédie, il ajoute à l’ensemble une note angoissante.
Quant à la trame du roman, elle y est : Anna épouse Alexis après avoir dansé avec lui au bal, mais les voyages de son mari suscitent ennui et distance au point de le tromper. Contrairement au roman, l’épouse ne tombe pas amoureuse du Comte Vronski mais d’une femme. De l’envoutante Varinka, l’amie du mari, une femme artiste libre et indépendante.
Ce parcours de l’amour à la folie en passant par la passion se donne dans un décor et des costumes très travaillés, néobaroques, à la limite du gothique : c’est presque un clip de Mylène Farmer ! Sous les lumières de plusieurs couleurs et au gré des musiques les personnages se livrent à un ballet fatal qui, outre les sentiments et leurs conséquences, n’omet pas les références concernant la place de la femme dans la société ainsi que l’importance du regard des autres et des convenances. Si les puristes attachés au texte original pourraient s’en trouver contrariés, ceux qui sont en faveur de (re)toucher les œuvres d’art pour les rendre accessibles et contemporaines s’en trouveront satisfaits, d’autant que les comédiens sont véritablement habités par leurs personnages.

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En allant voir Anna Karenine au théâtre, je dois avouer que je ne connaissais absolument rien du roman, étant peu attirée par les pavés romans fleuves... Lire plus

En allant voir Anna Karenine au théâtre, je dois avouer que je ne connaissais absolument rien du roman, étant peu attirée par les pavés romans fleuves russes en général et par Tolstoï en particulier (et pour prévenir toute critique : j’ai essayé avant de renoncer). J’étais en revanche enthousiaste à l’idée de pouvoir découvrir l’histoire de cette femme que je devinais tourmentée par les affres du choix amoureux sans avoir à parcourir 900 pages en très petits caractères. J’avais aperçu mais sans y prêter attention que cette adaptation libre s’inspirait également de Maupassant. Et cee croisement des influences est une belle idée.

Mais plus encore que le recours à ces deux illustres auteurs, l’originalité de cette Anna Karenine revisitée est de moderniser considérablement l’histoire. Dans le roman originel, Anna, mariée à Alexis Karénine, s’éprend du comte Vronski et sombre dans une liaison passionnelle qu’elle confessera à son mari. Ici, le scandale arrive par l’intermédiaire d’une femme, qui conduira progressivement Anna à être charmée par sa culture et son indépendance, et à se laisser séduire lors des fréquentes absences d’Alexis, qui découvre leur aventure en rentrant de voyage plus tôt que prévu. Il décide de pardonner à celle qui porte alors son fils, Serge, tout en exigeant le départ de l’intruse. La passion va bien entendu se révéler plus dévastatrice que la raison….

Le travail d’écriture de la pièce force l’admiration, et permet de découvrir les poèmes de Jean Fournée qui sont absolument magnifiques et contribuent pleinement à l’émotion que l’on ressent en découvrant ces personnages. Le parti pris d’un narrateur masqué est également osé et donne lui aussi du relief à cette pièce qui n’en manque déjà pas. Et les costumes d’Anna sont absolument superbes. Surtout, il est important de souligner le talent des 4 comédiens et leur capacité à nous emporter dans leurs tourments. Samuel Debure impressionne par sa carrure ou sa voix grave et affirmée, David Olivier Fischer par la façon dont il fait vivre l’ambivalence d’Alexis, Maroussia Henrich par son aura et Lise Laffont par son mélange de fragilité et de détermination. Toute la troupe nous offre un moment rare de théâtre qui mérite bien leur récente éligibilité aux Molières.

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artistikrezo.com

Transposer un classique de la littérature russe en pièce de théâtre est un projet ambitieux. C’est pourtant le pari que s’est lancé Laetitia... Lire plus

Transposer un classique de la littérature russe en pièce de théâtre est un projet ambitieux. C’est pourtant le pari que s’est lancé Laetitia Gonzalbes, en adaptant au théâtre Anna Karénine de Léon Tolstoï, une œuvre complexe de plus de huit cents pages. Pari réussi ?
 
Le roman de Tolstoï transposé sur scène
Publié par Léon Tolstoï en 1877, Anna Karénine est un chef-d’œuvre  de la littérature russe et, à plus grande échelle, de la littérature européenne. Tout comme dans le roman, la comédie dramatique se déroule en Russie, dans les années 1870. Anna Karénine (Lise Laffont) est mariée à Monsieur Karénine (David Fisher), homme de haut rang. Il se veut intègre, mais est aveuglé par la morale et le maintien de sa réputation. Délaissée et incomprise, Anna ne tardera pas à entreprendre une liaison . Liaison qui détruira son mariage et sa vie entière. Si la pièce, qui se joue en ce moment au Théâtre de la Contrescarpe, est différente du roman en bien des points, elle en conserve pourtant l’essence.
Une réadaptation libre et intelligente
Gonzalbes a en effet effectué quelques changements. D’abord, l’amant d’Anna n’est pas le comte Vronski. En fait, l’amant d’Anna n’est pas un amant tout court, mais une amante. Celle-ci répond au doux nom de Varinka (Maroussia Henrich). Aussi séduisante que libre, cette femme n’a que faire des convenances. Seulement, tout comme Anna, elle ne sera pas épargnée par l’intensité et le danger de leur relation.
Puis, la metteuse en scène a choisi d’emprunter des extraits aux œuvres de Guy de Maupassant (auteur adulé par Tolstoï) et des poèmes à Jean Fournée. Choix approuvé, puisque la pièce n’en ressort que plus profonde et poétique.
 
Une intrigue rythmée par un personnage étonnant
Dès le début, le spectateur est surpris, car la pièce s’ouvre sur un personnage mystérieux. Celui-ci, debout dans un coin, entame un discours sur les dangers de la passion. Il s’agit là de « l’homme sans nom » (Samuel Debure). Toujours habillé de noir, son visage reste masqué tout du long. D’ailleurs, il semble constamment s’exprimer de manière étrange et solennelle.
Mais qui est vraiment cet homme ? Est-ce un narrateur omniscient ou une allégorie de la Mort ? Est-ce Tolstoï  lui-même ou Lévine ? Ou bien est-ce tout cela à la fois ? Quoi qu’il en soit, c’est lui qui rythme l’intrigue. « L’homme sans nom » est à la fois la particularité de cette adaptation et l’âme de l’œuvre de Tolstoï.
Une mise en scène originale et innovante 
Toute l’atmosphère du roman est retranscrite sur scène, aussi grâce au décor : une méridienne baroque, une table et des chaises en plexiglas, etc. Laetitia Gonzalbes explique ce choix : « La méridienne évoque la bourgeoisie, les plaisirs, les échanges. Les éléments en plexiglas, la rudesse et froideur russe ».
Il y a la musique et des danses transcendantes, des plafonniers néon qui changent sans cesse de couleur. D’ailleurs, ceux-ci forment des croix, tel un signe de mauvais augure qui planerait au-dessus des protagonistes. Enfin, la compagnie Kabuki se démarque grâce à son jeu remarquable, son ton juste, ou encore sa manière d’occuper la scène.
 
Une histoire intemporelle…
L’histoire d’Anna Karénine n’a ni âge ni époque, peu importe l’adaptation. Celle-ci dépeint l’évolution de deux relations malsaines. La première est l’union sacrée entre un homme et une femme, une relation inégale et étouffante. La seconde est une liaison, passionnée mais interdite. Les deux – Anna en est le dénominateur commun – se détériorent à un moment donné.
C’est donc une histoire qui traite d’une femme tiraillée entre morale et liberté, mais également celle d’un homme trahi et seul face à son désarroi. La réadaptation de Gonzalbes montre parfaitement comment la passion peut se transformer en souffrance, puis en folie, et comment la folie peut mener à la mort.
… et moderne
Cependant, avec cette liaison homosexuelle, la pièce de théâtre ne traite pas d’un adultère commun pour l’époque. Cette relation prend alors encore plus de sens. La souffrance mise en scène n’en est que d’autant plus grande. En effet, au-delà, se cache la volonté de mettre en lumière un sujet malheureusement toujours problématique dans notre société actuelle : « L’objectif est toujours de parler à toutes les générations et de traiter des sujets de fond », justifie la metteuse en scène.
 
«  Les montagnes russes  »
Ainsi, même si cette pièce semble située à une époque définie (au XIXe siècle) et à un endroit précis (la Russie en plein Empire), elle nous présente un sujet à la fois intemporel et moderne. Le spectateur en ressort plongé dans une réflexion sur sa vie personnelle. Et nous, si nous avons été si bouleversés, c’est bien parce que la pièce nous a fait voyager d’une émotion à une autre : le désir, la peur, la colère, les larmes… Ce n’est pas pour rien que Laetitia Gonzalbes surnomme son œuvre « les montagnes russes ».

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La Parisienne Life

En 1877, Léon Tolstoï publie « Anna Karénine » et quelques années après, le roman fait entrée la littérature... Lire plus

En 1877, Léon Tolstoï publie « Anna Karénine » et quelques années après, le roman fait entrée la littérature russe dans la culture européenne.

Incarnation de l’incrédulité, du péché mais également de la liberté et de la modernité, Anna Karénine traverse les époques comme par magie et l’adaptation libre de Laetitia Gonzalbes le montre bien.

L’auteure qui signe également une mise en scène brillante offre une relecture novatrice, originale et inattendue de ce classique.
Dans cette version moderne et audacieuse qui n’est absolument pas linéaire, le spectateur est captivé et totalement emporté par ce qui se joue devant ses yeux.

Sur scène, Lise Laffont, Maroussia Henrich, David Olivier Fischer et Samuel Debure incarnent avec force et conviction leurs rôles et ils font entrer le public dans une ronde où la passion côtoie la folie et la mort.
Durant 1h30, on assiste à la grandeur et à la décadence d’Anna Karénine et on en ressort subjugué.

Ne manquez pas cette fabuleuse adaptation qui ne manque pas de sensualité et dans laquelle vous retrouverez également du Maupassant, des passages chorégraphiés travaillés, un esthétisme dingue et des compositions musicales originales de Tim Aknine et David Enfrein qui habillent magnifiquement l’œuvre.

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Des mots pour vous dire

C’est à la première seconde que nous plongeons dans le froid intense de cette pièce de théâtre à l’accent russe. « L’Homme... Lire plus

C’est à la première seconde que nous plongeons dans le froid intense de cette pièce de théâtre à l’accent russe. « L’Homme sans nom » (incarné par Samuel Debure), de noir vêtu, au masque de la mort, se tient déjà devant nous et nous explique les arcanes de la passion irrépressible vouée inéluctablement à l’irréparable.
Mais le feu, pour la minute, est sous la glace et, Anna (Lise Laffont), rayonnante, patine sur scène quand le comte Karénine (David Fischer) la remarque et accroche son regard. Il ne tardera pas à l’épouser et à la présenter innocemment à son amie de toujours Varinka (Maroussia Henrich). La morgue aristocratique d’Alexis Karénine, plus préoccupé à remplir les obligations de son rang qu’à pallier les attentes d’affection de sa femme, jettera Anna dans les bras de Varinka. Elle deviendra sa maîtresse et la suivra jusqu’à quitter son époux et son fils Serge…
L’adaptation libre de Laetitia Gonzalbe ne nous éloigne pas pour autant de l’univers de Tolstoï et de la complexité de ses personnages qui oppressent le spectateur comme ils le feraient pour le lecteur. Chacun suit le déroulement de l’histoire avec ses valeurs et… celles de son époque. Si le XXIe siècle pose un regard plus clément sur l’adultère, il est encore sévère sur l’homosexualité : la metteuse en scène a choisi d’éclairer ce sujet non évoqué par l’écrivain par des jeux de rôle parfois sans entrave (Lise Laffont se dénude à demi), et dans une expression artistique multiforme (danse…).

Les scènes rythmées et très courtes accélèrent le temps de ce très gros et grand roman sans en perdre sa profondeur. Les transitions entre elles sont ponctuées par des effets de lumières et musicaux qui œuvrent en poésie. Aussi quand des pétales rouges s’échappent d’un petit ballon pour évoquer le sang qu’Anna perd quand elle accouche, ou quand la fumée blanche du train de la gare où Anna se suicide s’évapore jusqu’au premier rang. Le noir s’épaissit. Les applaudissements retentissent.

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Anna Karénine, un chef d’œuvre de la littérature russe de Léon Tolstoi (1877). C’est au Théâtre de la Contrescarpe que nous assistons à... Lire plus

Anna Karénine, un chef d’œuvre de la littérature russe de Léon Tolstoi (1877). C’est au Théâtre de la Contrescarpe que nous assistons à sa mise en scène conduite par Laetitia Gonzalbes avec Maroussia Henrich, Lise Laffont, David Olivier Fischer et Samuel Debure.

C’est l’histoire d’une femme aux traits bovariens, mariée à un homme dont elle n’est pas amoureuse, Alexis Karénine. Une liaison monotone les berce jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre du Comte Vronsky dont elle tombe instantanément et intensément amoureuse et dont elle portera l’enfant.
De prime abord, nous sommes tentés de nous attendre à une représentation fidèle au roman et de retrouver tous les personnages de Tolstoi ainsi que la même évolution du récit dans la représentation. Surprise ! La metteure en scène s’est bien prêtée à nous surprendre. En effet, une démarche atypique qui s’aligne intelligemment et avec subtilité avec la contemporanéité des thème abordés. En gardant le fond et les lignes de force du texte original, elle décline d’une manière nouvelle ce croisement classique de la morale et des normes sociales, de la passion destructrice et de la religion. Un magnifique tableau psychologique des quatre personnages présents qui représentent un microcosme de la société.
En libre adaptation du roman, Laetitia Gonzalbes transgresse toutes les formes antérieures de représentations théâtrales et cinématographiques car fait coïncider l’histoire d’Anna Karénine avec l’actualité du débat autour de l’homosexualité et de l’homophobie et des violences que subissent plusieurs personnes.
C’est ainsi que la Anna imaginée par la metteure en scène n’a pas un amant (le Comte Wronsky) mais une amante (Varinka), pour qui elle éprouve un amour fougueux et ravageur. Choix franchement inattendu mais qui répond au final au même message : l’interdit, l’inconvenable, l’adultère, etc.
Le personnage d’Anna a grandement été interprété par la belle Lisa Laffont. Tout en finesse et en sensibilité, la comédienne a su rendre compte du mysticisme et la soif de liberté qui anime le personnage. Face à elle et dans le rôle de Varinka, Maroussia Henrich en artiste et femme fatale avec un charisme et une présence remarquable. Alexis Karénine est interprété par David Olivier Fischer qui a bien su souligner le côté froid et détaché du personnage, quoiqu’un peu plus de nonchalance aurait été peut-être plus adapté au caractère sage et religieux du personnage. Enfin, la présence de l’homme masqué, ténébreux et mystérieux a fait son effet. La réalité de la mort et de la fatalité, qui entourent le récit est justement représentée sur scène et prend forme humaine à travers Samuel Debure qui a excellemment transmis par la qualité de son jeu et de ses interventions la peur, l’angoisse, l’étrangeté mais surtout le mauvais présage.

La mise en scène est une réussite assurée qui passe par le caractère moderne-traditionnel du décor, des magnifiques costumes qui nous renvoient tantôt à la société russe de ces temps-là, tantôt aux belles robes des temps présents, mais aussi par le choix de la musique et des pas de danses qui rapprochent et éloignent les comédiens. Un travail remarquable et atypique qui a conquis le public et qui aura assurément des échos positifs et encourageants.

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Une version moderne d’Anna Karénine Sur la scène du Théâtre de la Contrescarpe se joue une adaptation d’Anna Karénine de Léon... Lire plus

Une version moderne d’Anna Karénine
Sur la scène du Théâtre de la Contrescarpe se joue une adaptation d’Anna Karénine de Léon Tolstoï. Des enjeux contemporains ont été insufflés à l’histoire et le public se passionne pour ce drame. 
 
Publié en feuilleton dans Le Messager russe, le grand public découvre pour la première fois Anna Karénine en 1877. Dans ce chef-d’œuvre littéraire, l’auteur raconte l’histoire de deux couples. Il y a d’un côté Lévine et Kitty Stcherbatskï qui incarnent le ménage honnête. De l’autre, Alexis Vronski et Anna Karénine qui incarnent la passion dévastatrice. 

À l’origine, Anna Karénine est une épouse aimante et fidèle à son mari. Mais un jour, alors qu’elle se rend chez son frère à Moscou, elle rencontre le comte Vronski et tombe folle amoureuse de lui. Ne pouvant lutter contre cette passion dévorante, elle finit par s’abandonner dans les bras de cet officier frivole.

Un drame qui subjugue
Sur la scène du Théâtre de la Contrescarpe, Laetitia Gonzalbes propose une relecture subtile du texte de Tolstoï. Ainsi, Vronski devient Varinka et l’histoire d’Anna Karénine prend un tout autre sens. Par amour pour cette femme, elle sacrifie tout : sa réputation, mais aussi sa vie de mondaine, d’épouse et de mère. De sa première rencontre avec Alexis Karénine à sa mort, son histoire est retracée. L’adaptation de Laetitia Gonzalbes permet d’actualiser Anna Karénine en proposant une réflexion sur notre société moderne et la place qu’elle accorde à la femme, à la liberté et à l’homosexualité.

Anna Karénine est une pièce émouvante et impressionnante. L’ambiance (éclairage, son, décor, costume, chorégraphie) permet aux spectateurs de suivre avec passion et empathie la vie d’Anna Karénine. L’interprétation puissante et juste des comédiens, ainsi que le rythme impulsé par la mise en scène happent le public dans une histoire bouleversante. L’adaptation d’Anna Karénine par Laetitia Gonzalbes est donc sublime et permet de redécouvrir un classique de la littérature.

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L'Évasion des Sens

Le théâtre de La Contrescarpe présente une adaptation très libre de Laetitia Gonzalbes du célèbre roman « Anna Karénine » de... Lire plus

Le théâtre de La Contrescarpe présente une adaptation très libre de Laetitia Gonzalbes du célèbre roman « Anna Karénine » de Léon Tolstoï.

Un spectacle rythmé, un amant devenu amante, un personnage inédit d’une formidable présence, une mise en scène évoquant à la fois le 19ème siècle de Tolstoï et notre 21ème siècle.
Sur scène : une méridienne baroque, une table, des chaises et des cubes de plexiglas, des diodes électroluminescentes…
Fidèle au thème du roman, Laetitia Gonzalbes nous confronte à la place de la femme dans la société (« Oui, mais les femmes qui ont des ombres finissent mal en général »), au choc des convenances (« Tu t’es tenue de façon inconvenante. Je désire que cela ne se reproduise pas») et nous entraîne dans d’inattendues embardées : références à Tolstoï, emprunts à d’autres auteurs, création musicale contemporaine, homosexualité, lugubres ponctuations par l’homme sans nom…
Dans son journal rédigé en 1854, Léon Tolstoï s’interroge sur son identité « Que suis-je ?… Je suis laid, gauche, malpropre, sans vernis mondain. » Pour Tolstoï, l’écriture est un cheminement vers la connaissance de soi.
À travers la vie d’un couple et le destin tragique d’Anna, l’auteur jette un regard critique sur la noblesse russe et aborde les questions existentielles et politiques qui lui tiennent à cœur (le sens de la vie, la vérité et la religion, le mariage et l’amour, le travail de la terre et l’oisiveté, les questions ouvrière et agricole, les droits des femmes).
Laetitia Gonzalbes fait affleurer la richesse de ses pratiques artistiques (danse, chant, théâtre) et nous livre une adaptation libre et exaltante de la quête et du désordre émotionnel décrits par Tolstoï.
Bref, propulsez-vous jusqu’à ce théâtre intimiste niché à deux pas de la chaleureuse place de la Contrescarpe !

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Sous une forme théâtrale à la fois méditative et très vivante Laetitia Gonzalbes  met en scène Anna... Lire plus

Sous une forme théâtrale à la fois méditative et très vivante Laetitia Gonzalbes  met en scène Anna Karénine de Tolstoï au Théâtre de la Contrescarpe. 

Ecrit en 1877, ce roman,  l’un des plus connus de Tostoï,  concentre sans doute bon nombre d’interrogations cruciales chez les auteurs dramatiques dès la fin du XIXe siècle. Dans Anna Karénine, on évoque ouvertement le poids des conventions sociales, celui du rôle restrictif dévolu aux femmes (même issues de la haute société),  la place de l’argent dans le couple  ou encore la culpabilisation féminine dans ses dimensions amoureuses et éducatives. En cela Anna Karénine a beaucoup de points communs avec d’autres œuvres phares du théâtre européen  comme Une Maison de poupée (1879)  du Norvégien Ibsen,  Gertrud (1906) du Suédois Söderberg ou La Peur (1913) de l’Autrichien Zweig.

Sans cesse réinventée, selon le style, le talent et la nationalité de chaque auteur, c’est toujours la même histoire : celle d’une femme de bon milieu, écartelée entre un confort bourgeois illusoire et une passion fugitive et dévorante, situation d’autant plus éprouvante pour les personnages féminins qu’ils sont la plupart du temps confrontés au rejet de la société et victime doublement (du mari et de l’amant). Tragique par son dénouement Anna Karénine est l’histoire d’une femme (Anna Karénine) mariée à un haut fonctionnaire de la haute société pétersbourgeoise découvrant l’amour auprès d’un brillant officier (Vronsky). Par le menu le roman de Tolstoï nous conte le long pourrissement de ce couple – à la suite de la révélation de l’adultère – et ses continuels atermoiements ainsi que la fuite des amants jusqu’au suicide de son héroïne.

À la fois romantique et sombre, la symbolique d’Anna Karénine nous parle de passion amoureuse et d’individus rejetés par la bonne société sous couvert de bonne conscience. Sans en esquiver la dimension étouffante, la libre adaptation et mise en scène de Laetitia Gonzalbes se caractérise par une grande fluidité et une liberté au ton original autour de scènes rythmées et courtes. Les comédiens n’en font jamais ni trop ni pas assez. Ils sont pleinement présents à la scène, par l’élocution, par la manière de se déplacer, par l’émotion juste, par l’expressivité affichée de vêtements changeants. Le plateau scénique donne d’ailleurs le ton : une méridienne baroque, quelques cubes en plexiglas, une table et des chaises ; au plafond, des tubes de diodes électroluminescentes.

Tout cela oriente le spectateur vers une impression de volupté scandaleuse, de rudesse des temps, de labyrinthique dilemme amoureux… Dans cette adaptation Vronsky (l’amant) devient Varinka (l’amante), ce qui – au-delà de l’évidente connotation homosexuelle – contribue peut être à rendre plus compréhensible le décalage d’origine entre Anna Karénine et son mari. Quant à l’Homme sans nom, c’est un personnage masqué devisant avec les autres personnages et ne dédaignant pas de se promener dans la salle. Sorte de chef d’orchestre mortuaire, il participe pleinement au climat allégorique de cet excellent spectacle, qui dégage, entre autres, un fort parfum de mystère.

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Lesbien raisonnable ? Et si Anna Karénine était tombée amoureuse d’une femme ? Cela changerait-il le cours de son histoire d’amour ou au contraire,... Lire plus

Lesbien raisonnable ?
Et si Anna Karénine était tombée amoureuse d’une femme ? Cela changerait-il le cours de son histoire d’amour ou au contraire, lui apporterait-il encore plus de chair et de cœur ? Réponse dans cette mise en scène sobre et étonnante, pour un spectacle indispensable en ces temps où l’homosexualité est encore et toujours fustigée.
On connaît tous l’histoire d’Anna Karénine, considéré comme le chef d’œuvre de Tolstoï. La belle Anne qui épouse sans l’aimer vraiment, Alexis Karénine, avant de tomber éperdument amoureuse du Comte Vronski dont elle porte l’enfant. Leur passion ravage tout sur leur passage et finit par être trop lourde pour eux et Anna se jette sous un train. Des transpositions au cinéma, à la télévision, en ballet en au théâtre ont déjà eu lieu. Comment rendre actuelle une telle histoire, à l’heure où l’infidélité ne cause plus un tel opprobre ?

Laetitia Gonzalbes a trouvé la parade. On a récemment vu à l’œuvre la metteure en scène qui a remis au goût du jour Charles Péguy dans Péguy le visionnaire. Ici, pour sa version d’Anna Karénine, elle casse les codes et les conventions : Anna épouse bien Alexis, mais elle tombe amoureuse de Varinka, la meilleure amie de ce dernier. Une autre histoire d’amour impossible qui continue, malheureusement, de résonner avec l’actualité où l’homophobie continue de tuer et de blesser chaque jour de nombreuses personnes homosexuelles.

Pour appuyer son propos et sa mise en scène esthétique et sophistiquée, Laetitia Gonzalbes s’est adjointe la triste figure de la Mort en personne, ou plutôt de la Fatalité, qui s’invite aux discussions, interagit, sous son masque de mystère, avec les personnages, prodigue des conseils et des remontrances, tente d’alerter les funestes horizons et finit par s’en réjouir. Le décor oscille entre modernité et tradition, avec ses néons suspendus qui évoquent des épées de Damoclès, prêtes à fondre sur Anna et Varinka. Les costumes sont à l’avenant, entre habits de gala et froufrous érotiques. La bande son est remarquable, servant les comédiens qui parfois entament un pas de danse ou une chanson, avant de se laisser aller vers l’inéluctable…

L’histoire fonctionne justement parce ces quatre-là entament un ballet mortel avec autant de force que de sensibilité. Lisa Laffont campe une Anna éperdue entre sympathique pour son mari, amour pour son enfant et passion dévorante pour sa maîtresse ; Varinka, plus dure et plus sensée, est incarnée par une incandescente Maroussia Henrich. Chez les hommes, David Olivier Fischer fait un Alexis effacé très crédible, tandis que la figure allégorique du Destin prend corps et voix de Samuel Debure. On ne sait pas ce que Tolstoï aurait pensé de cette version 2018 ancrée dans son époque, mais force est de reconnaître que l’histoire d’amour tragique qu’il a imaginée fonctionne tout aussi bien que la version originale.

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Et si David Lynch s’installait dans un théâtre pour raconter la vie d’Anna Karénine ? Laetitia Gonzalbes donne une idée de ce que pourrait en être le... Lire plus

Et si David Lynch s’installait dans un théâtre pour raconter la vie d’Anna Karénine ? Laetitia Gonzalbes donne une idée de ce que pourrait en être le résultat au théâtre de la Contrescarpe.

Anna Karénine… le chef d’oeuvre de Tolstoï. Femme vertueuse mariée à un homme pieux et aussi respectueux des conventions et des apparences, Anna lutter contre, puis vivre, une passion chahutée avec un autre homme. Elle part avec son amant, ne supporte pas d’avoir abandonné son fils, met fin à ses jours. La passion vient de perdre contre la morale.

Dans cette version, Vronski est Varinka, l’amant est une amante. Une façon de rendre l’histoire plus actuelle. On est en 2018, j’ose espérer que personne ne sera ni surpris ni choqué.

La mort accueille le public, masque mi vénitien mi crane d’oiseau, habit noir, peau parcheminée. « Je vous observe depuis longtemps ». Anna arrive, l’histoire se déroule telle que Tolstoï l’a écrite – voire vécue, il y a de l’autobiographie dans cette histoire. Avec quelques inserts, Maupassant, Jean Fournée.

Dans son adaptation d’Anna Karanine, Laetitia Gonzalbes ose. Elle ose modifier le texte, elle crée un univers. Un univers visuel et auditif qui marche. Appuyé sur une distribution qui tient le choc, des costumes de grande qualité, une utilisation audacieuse de la lumière. Elle ne tombe pas dans le piège de la performance pour la performance, c’est du théâtre, des personnages sont là, bien là, ils prennent le temps de raconter leur histoire. Une histoire intemporelle, racontée d’une façon très actuelle.

Actuelle et élégante.

Anna Karenine, c’est la passion contre la morale, le sexe animal contre la religion torturée. Je me souviens de la scène où les corps d’Anna et de Varinka se mêlent dans une danse sensuelle. Je me souviens de l’accouchement d’Anna. Tout est là, animal, charnel, entre ombre et lumière, sans franchir les limites de l’élégance.

L’esthétique de son univers m’a rappelé celle de David Lynch. Oui, c’est ça. Costumes, lumières, place de la musique, utilisation de la danse, c’est l’âme russe transportée à Twin Peaks, émouvant, prenant, impressionnant.

Avec une mention particulière pour le jeu de Lise Laffont, que j’ai trouvée magnifique dans le rôle d’Anna Karénine.

Ça peut étonner. Déstabiliser. Ou emporter. J’ai été un peu surpris au début, puis curieux. Et puis je me suis laissé emporter.

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Une écriture précise, des comédiens investis et une mise en scène ingénieuse… Adaptation très originale qui saura changer votre regard sur... Lire plus

Une écriture précise, des comédiens investis et une mise en scène ingénieuse…

Adaptation très originale qui saura changer votre regard sur Anna Karénine…

L’amour ça ne se commande pas. Alors quand Anna se marie et tombe amoureuse d’une autre personne, elle va devoir faire face à un dilemme. Un choix impossible qui va la mener vers un destin funeste.

Laetitia Gonzalbes auteure et metteure en scène, décide de créer une version assez singulière d’Anna Karénine. Un défi de taille car adapter un roman russe riche de descriptions, une pièce d’1h30 dans un petit espace, se montrait difficile à relever. Pour donner plus de volume au récit, elle va également intégrer des références à Bel-Ami et Enragée ? de Guy de Maupassant et des poèmes et partitions de Jean Fournée. Mais grâce à une écriture précise, des comédiens investis et une mise en scène ingénieuse tout est possible. Ainsi notre jeune amoureuse prend vie et nous, les spectateurs, allons la suivre dans sa descente aux enfers.
Il faut prévenir le puriste, celui passionné par l’œuvre de Léon Tolstoï. Cette Anna Karénine est une libre adaptation du roman. Notre jeune écervelée ne tombe pas sous le charme du Comte Vronsky mais de Varinka, une femme passionnée, libre, au tempérament de feu qui ne rend de compte à aucun homme. C’est Alexi, le mari d’Anna qui les mettra en relation. Très vite un lien va se créer entre elles. Nous allons assister à une magnifique scène érotico-sensuelle entre Lise Laffont et Maroussia Henrich. C’est le moment de rupture car le secret va être découvert par un mari jaloux. Anna devra choisir entre son cœur et sa raison. Son cœur l’emportera mais sa raison va l’abandonner petit à petit. La folie va la gagner et la perdre.
Le choix qu’Anna aime une femme au lieu d’un homme ne change pas le message critique derrière. La société et les biens pensants jugent ceux qui ne choisissent pas le chemin dit classique. Alors ils sont persécutés, rejetés et parfois humiliés. Un texte qui raisonne toujours autant malheureusement à notre époque. Les quatre talentueux comédiens donnent fougue passion à cette histoire.

Maroussia Henrich interprète avec douceur et sensibilité cette femme libre qui sait aimer avec sincérité et raison. Son costume de saltimbanque donne un mélange entre rebelle et force. Une tenue qui lui va à merveille. Lise Laffont, elle campe Anna, cette innocente enfant qui découvre le sexe le jour de son mariage. « Un viol légal ». Elle découvre la vie dans sa complexité et son injustice. Son personnage qui semble si épanoui à la première scène sombre dans la folie. Elle tient une magnifique scène de fin où elle perd pied et se rend compte de la situation. Son regard se porte au loin derrière le public et la justesse du ton montre sa fragilité. Les hommes ne sont pas en reste. David Olivier Fischer tient avec cruauté son rôle d’homme, égocentrique et cruel. Le visage blanchit, tenu noir, il incarne l’élégance et l’autorité. On ne doute jamais qu’il est cet Alexi. Pour lui tenir compagnie, l’énigmatique Samuel Debure, caché sous un masque. Même si l’on ne le voit jamais son visage, il s’impose là, de façon charismatique. Sa voix un peu pincée, se veut juge et partie. Les costumes de Claire Avias sont vraiment très bien pensés. C’est un mélange subtil de plusieurs matières et style qui donne un côté intemporel. Tout comme la mise en scène, avec des décors qui font anciens qui se couplent avec des cubes de rangement en plastique et des tubes lumineux au plafond qui changent de teintes. La musique créée pour le spectacle se dirige vers la techno avec des sons répétitifs qui correspond totalement à l’ambiance.

Ne passez pas à côté de cette adaptation très originale qui saura changer votre regard sur Anna Karénine.

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Comédie dramatique conçue et mise en scène par Laetitia Gonzalbes, avec Lise Laffont, Maroussia Henrich, David Olivier Fischer et Samuel Debure. Ardue et... Lire plus

Comédie dramatique conçue et mise en scène par Laetitia Gonzalbes, avec Lise Laffont, Maroussia Henrich, David Olivier Fischer et Samuel Debure.

Ardue et téméraire s'avère la transposition théâtrale d'un texte littéraire et davantage encore quand le choix se porte sur un chef d'oeuvre de la littérature, comme en l'occurrence sur "Anna Karénine" de Léon Tostoï.

Et donc émérite se révèle l'entreprise de Laetitia Gonzalbes qui propose une partition singulière et atypique, à plus d'un titre et qui, pour le moins, ne peut encourir la critique de formatage à l'aune des codes de la jeune scène contemporaine mainstream.

En effet, resserrée sur le trio de l'adultère, instillée d'emprunts à d'autres textes et poèmes, dont le "Bel-Ami" de Guy de Maupassant, et retenant les lignes de force de l'opus original, avec l'inconciliable trinité raison/passion/foi, elle présente une variation contemporanéisée de ce drame de la passion, destructrice et autodestructrice, en déclinant celle-ci de manière saphique, tout en le plaçant sous l'obédience du romantisme noir pour rendre compte des tourments psychologiques du personnage-titre.

Et noir c'est noir, tant pour la dramaturgie que pour la scénographie "black cube" avec un esthétisme qui n'est pas sans évoquer celui "papier glacé" des photos des années 70 d'Helmut Newton, avec des assises mêlant méridienne baroque et chaises napoléon façon Ghost starckien, les lumières crépusculaires que Charly Hove strie de traits de couleur vive avec un plafonnier en tubes diodes disposés façon Dan Flavin et les costumes confectionnés par Claire Avias qui, à l'exception du choix du blanc et de la dentelle vintage pour l'héroïne, s'inspire du style "new fetish" et de celui de l'heroic fantasy.

Ce qui immerge cette chronique d'une mort inéluctable dans une atmosphère d'étrangeté soutenue par la présence d'un énigmatique personnage surnuméraire campé par Samuel Debure à l'inquiétante placidité, narrateur intradiégétique, main du destin, ange de la mort et maître de cérémonie, une cérémonie à l'allure de sarabande orchestrée par Eros et Thanatos.

La mise en scène avisée de Laetitia Gonzalbes soutient ses parti-pris qui se traduisent dans un opus composé de scènes courtes et d'ellipses chorégraphiées scandées par la musique syncrétique deTim Aknine et David Enfrein et un jeu placé sous le registre du réalisme distancié godardien.

David Olivier Fischer, parfait en mari psychorigide et factotum des conventions sociales, et Maroussia Henrich, fascinante en maîtresse libertaire épargnée de l'opprobre par son statut d'artiste, entoure Lise Laffont lumineuse en ingénue mystique et sensuelle éprise de liberté qui se mue en femme fatale surtout pour elle-même qu'elle incarne avec une sensibilité à fleur de peau.

Un beau projet porté par la jeune et prometteuse Compagnie Kakuki.

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La grande parade

Léon Tolstoï au Théâtre : et si Anna Karénine avait aimé une femme ? Il fallait oser : adapter librement et de manière contemporaine, un classique de... Lire plus

Léon Tolstoï au Théâtre : et si Anna Karénine avait aimé une femme ?
Il fallait oser : adapter librement et de manière contemporaine, un classique de la littérature amoureuse : « Anna Karénine », du grand Léon Tolstoï, que l’on résume trop souvent à la femme adultère qui se suicide (pour expier ses pêchés) en se jetant sous un train…

Mais Laetitia Gonzalbes développe en décortiquant les rapports humains. Elle questionne la morale pour démontrer que le bonheur d'un être (d'une femme, en l'occurrence) ne peut pas reposer sur le sacrifice de ses besoins fondamentaux. Si l'amour est au centre du roman de Léon Tolstoï, la liberté est au cœur de l'Anna Karénine revue par Laetitia Gonzalbes. Elle questionne : la dichotomie entre morale et liberté est-elle inévitable ? Cette morale (religieuse la plupart du temps) pousse à penser qu'Anna Karénine, du fait de l'adultère et « l'abandon » de son fils, serait l'incarnation du pêché. Sa « déchéance » la conduit au suicide, rongée qu'elle est par les remords. Mais si on place, au contraire, Anna Karénine en symbole de la liberté, donc de la libération de la femme, elle devient le miroir de nos propres questionnements et nous renvoie à nos choix, nos renoncements, nos lâchetés...Toute la force du roman réside dans cette double interprétation du rôle d'Anna, superbement campée par Lise Laffont, parfaite en jeune ingénue, encore fragile sur ses patins, qui va se transformer en loque humaine ravagée par l'alcool. Finalement,l'homosexualité passe au second plan. On finit par l'oublier car ce sont les sentiments qui comptent. Malgré tout, on peut voir dans l'exclusion d'Anna Karénine (par la « bonne société), femme surveillée jusqu'à sa sexualité, le point de vue obsolète que l'on portait alors, au XIXe sicèle (et encore aujourd'hui, on croit rêver !) sur le mariage et la position de la femme (soumise, docile, dominée). En effet, il subsiste toujours une frange de la société, de l'Humanité, via la religion, qui entend imposer ses vues dans le domaine du privé (la sexualité).
L'homosexualité suscite encore des  actes de malveillance et d'agressivité́. Nous y sommes confrontés quotidiennement. En ce sens, cette mise en scène résolument moderne d'Anna Karénine décuple la force du sujet : l'amour n'a pas de sexe. Tous les interprètes sont excellents. Les costumes (de Claire Avias) sont parfaits. Léger bémol sur l'éclairage (Charly Hove) et la musique (Tim Aknine et David Enfrein) peut-être trop présents... Affaire de point de vue. Le texte ayant un peu vieilli, Laetitia Gonzalbes modernise, « déringardise », avec de la danse (ça le fait) et les apartés du narrateur masqué (clin d'œil au Bel-Ami de Maupassant et aux poèmes et partitions de Jean Fournée ?), pour combler le caractère tragico-dramatique de ce classique indépassable. Mais parfois plombant. Cela reste un spectacle rythmé et émouvant pour qui aime l'amour, toujours !

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Le Bonbon

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On se fascine pour la pièce Anna Karénine

Dans cette adaptation de Laetitia Gonzalbes, Anna Karénine, issue de la "bonne" société et mariée a un haut fonctionnaire, trompe son mari avec Varinka. Une adaptation encore plus intemporelle et criante de modernité, à découvrir dès le 29 octobre au Théâtre de la Contrescarpe.

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Résolument moderne, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est aussi finement ciselée que l’adaptation qu’elle a réalisée du chef-d’œuvre de Léon Tolstoï. Le scandale est décuplé.

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Les avis des spectateurs sur Anna Karénine

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Marie-Ange 5

Magnifique !!!

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Anonyme 5

Belle adaptation du roman de Tolstoï. Le comédien jouant la mort est épatant et profond. Il nous entraîne dans cette histoire adaptée par Laetitia Gonzalbes.

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Anonyme 5

Belle adaptation du roman de Tolstoï. Le comédien jouant la mort survole la pièce et nous entraîne dans cette histoire adaptée par Laetitia Gonzalbes.

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Anonyme 5

Bouleversant ! Merci pour cette adaptation !

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