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L'OPPOSITION MITTERRAND VS ROCARD 

L'OPPOSITION MITTERRAND VS ROCARD au Théâtre de l'Atelier
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Théâtre de l'Atelier

Contemporains

De Georges NAUDY

Courant 1980, Mitterrand et Rocard se sont rencontrés rue de Bièvre pour « s’entendre » sur celui des deux qui représentera le parti socialiste en 81 pour la présidentielle... Duel féroce à fleurets certainement pas... Lire plus

Courant 1980, Mitterrand et Rocard se sont rencontrés rue de Bièvre pour « s’entendre » sur celui des deux qui représentera le parti socialiste en 81 pour la présidentielle...
Duel féroce à fleurets certainement pas mouchetés...

C’est de la fiction mais l’entretien entre les deux a bien eu lieu et cela a permis à l’auteur d’en imaginer sa teneur en allant piocher chez l’un et l’autre tous les écrits, interviews, déclarations qui ont nourri les dialogues de la pièce. Tous les mots prononcés l’ont été mais en d’autres lieux et en d’autres circonstances... Et c’est au talent de l’auteur que nous devons cette reconstitution à la langue riche, incisive et percutante.

Ce qui est beau au théâtre, c’est l’affrontement. C’est la possibilité pour des comédiens d’interpréter des personnages complexes dans des situations riches et là, nous sommes servis. Si l’issue nous en est connue, le suspense et l’intérêt ne faiblissent jamais et le chemin qu’emprunte chacun des adversaires pour arriver à ses fins nous surprend à chaque instant. Nous sommes dans les coulisses de la politique, souvent cachées, où les destins se nouent, les ambitions s’expriment et les caractères se cristallisent.

Éric CIVANYAN 

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Première

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Dernière

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Distribution :

Philippe MAGNAN Cyrille ELDIN

Mise en scène :

Eric CIVANYAN

La presse parle de L'OPPOSITION MITTERRAND VS ROCARD

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L’opposition à l’Atelier, Mitterrand ressuscité

Georges Naudy a composé un texte précieux servi par deux acteurs formidables. Captivé, le public se retrouve transporté dans le temps, au centre de l’alcôve diabolique qui lors d’une soirée secrète décida de nos vies.  Par David Rofé-Sarfati Courant... Lire plus

Georges Naudy a composé un texte précieux servi par deux acteurs formidables. Captivé, le public se retrouve transporté dans le temps, au centre de l’alcôve diabolique qui lors d’une soirée secrète décida de nos vies. 

Par David Rofé-Sarfati

Courant 1980, Mitterrand et Rocard se sont rencontrés rue de Bièvre pour  s’entendre  sur celui des deux qui représentera le parti socialiste en 1981 pour la présidentielle. Le duel sera une féroce dispute entre deux narcissismes. La soirée est inventée par l’auteur  tandis que sa  teneur colle à la vérités des deux hommes.  Tous les mots prononcés l’ont été mais en d’autres lieux et en d’autres circonstances. Georges Naudy a pioché dans leurs nombreux écrits, interviews, déclarations et à partir de leurs mots prononcés ça et là mais tous authentiques, il a construit un dialogue acéré, sans  bavardage. La rhétorique devient une arme redoutable dans les mains du  machiavélique Mitterrand.  L’homme expérimenté laissera le jeune ambitieux se fatiguer. Par ses mots au fiel acide, il pèsera de tout le poids de sa condescendante et sa suffisance. Il accusera Rocard de complaisance avec la droite, évacuera d’un revers de manche ses propres manquements dont les exécutions en Algérie, dont son amitié avec Bousquet que l’on découvrira plus tard.  

 

Les deux comédiens sont épatants. La pièce consiste a la fois en la reconstitution d’un épisode de l’histoire nationale et en une leçon de politique pour nous aujourd’hui. Philippe Magnan a déjà eu l’occasion de jouer le rôle de François Mitterrand, dans Changer la vie de Serge Moati . Il ressuscite ici le sphinx, un monument politique croyant à la force des pierres et des arbres, ne comprenant rien à l’économie, une sorte de Melenchon mais calme, voulant naïvement extraire la France du capitalisme tout en taxant un des effets de ce dernier : les riches . Cyrille Eldin incarne avec vérité un Michel Rocard  au socialisme froid mais réaliste, un Macron avant l’heure, un suppôt de l’économie de marché à la sauce sociale démocrate.

Ce qui est beau au théâtre, c’est l’affrontement, prévient Éric Civanyan, le metteur en scène. Sa pièce est en cela très belle. Elle est captivante aussi par le combat des mots, et par  le KO de Rocard prononcé par Mitterrand lui même,  lumineux et habile intriguant bientôt président. La pièce est un délicieux moment de théâtre à ne pas rater.

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La pièce gagnante de Georges Naudy

PORTRAIT - Ce passionné de théâtre, instituteur bordelais, est l’auteur de Mitterrand VS Rocard, une pièce mise en scène par Éric Civanyan jouée au théâtre de l’Atelier. Une reconnaissance. Par Philibert Humm Georges Naudy, instituteur bordelais de 57 ans,... Lire plus

PORTRAIT - Ce passionné de théâtre, instituteur bordelais, est l’auteur de Mitterrand VS
Rocard, une pièce mise en scène par Éric Civanyan jouée au théâtre de l’Atelier. Une
reconnaissance.
Par Philibert Humm

Georges Naudy, instituteur bordelais de 57 ans, n’oubliera pas ce jour où son téléphone a
sonné. «J’étais en classe. Je ne devrais peut-être pas le dire mais j’ai décroché.» À l’autre bout
de la ligne, Éric Civanyan, metteur en scène connu et reconnu sur la place de Paris, lui fait part
de son enthousiasme: «J’ai lu votre pièce et nous allons la monter.»
Vingt ans que Georges Naudy attendait ce coup de fil. Après s’être essayé sans succès au roman
puis à l’écriture de chansons, ce passionné de théâtre s’était mis en tête d’écrire entre ses heures
de cours des pièces, à raison d’une ou deux par an. L’Autruche et la Taupe, Fric-Froc, Meurtres
en ré mineur… Les titres en témoignent, Georges Naudy ne prétendait pas composer de la
grande tragédie.
Mais, les années passant, l’instituteur en vient à nourrir l’espoir d’être un jour monté à Paris,
dans l’un de ces théâtres qui font la réputation de la capitale. Hélas, c’est là qu’est l’os, il ne
connaît personne. Courriers, mails, coups de téléphone, rien n’y fait, on l’envoie toujours
balader. «Le plus difficile, se souvient-il, c’est d’être lu. La plupart du temps, on ne vous répond
même pas.» Alors Georges Naudy décide de mettre gracieusement ses pièces à disposition sur
internet. De temps à autre, une troupe amateur fait appel à lui. Quand elles se déclarent à la
SACD, Naudy touche une cinquantaine d’euros, «peut-être soixante», par représentation. Pas
de quoi décrocher la lune.
Un auteur tenace
Pas de quoi non plus entamer sa détermination. Petit à petit, à force d’insistance, l’auteur
aspirant glane des adresses qu’il consigne dans un petit carnet bleu. «L’expérience m’a montré
qu’il faut frapper à cent cinquante portes pour que trois s’ouvrent. Et encore, les bons
jours…» Mais le Bordelais est tenace. Et parce qu’il mise beaucoup sur sa dernière production
- un huis clos politique entre deux figures de la gauche -, Naudy l’adresse en pièce jointe à la
dizaine de metteurs en scène que compte désormais son carnet. Éric Civanyan est l’un d’eux. Il
se souvient avoir ouvert le message dans la foulée: «J’ai très vite senti qu’il y avait là matière
à faire quelque chose. Ce n’était pas complètement abouti mais déjà très prometteur.» Comme
tous les auteurs du monde, l’instituteur a fait trop long. Sa pièce en l’état dure trois heures. Il
faut raccourcir de moitié, prévient Civanyan, éliminer quelques scories et deux ou trois facilités.
Après six mois de travail, le résultat est là. «La principale différence entre un bon et un mauvais
auteur, analyse le metteur en scène, c’est que le premier sait réécrire. Georges a su faire preuve
d’humilité et se retrousser les manches. C’est un bosseur. Et aux bosseurs, tout est permis.»
À condition bien sûr d’être patient. Aujourd’hui qu’il est «arrivé», Naudy admet regretter que
le monde du théâtre fonctionne souvent en circuit fermé: «Ne serait-ce qu’à la télé, je trouve
qu’on a tendance à inviter un peu toujours les mêmes. C’est dommage. De même qu’on ne prête
qu’aux riches, on braque les projecteurs sur ceux qui sont déjà dans la lumière.» Éric Civanyan
tempère: «Je ne crois pas beaucoup aux chefs-d’oeuvre inconnus. Quand une pièce est très
forte, elle finit toujours par émerger.» Mais le metteur en scène lui-même reconnaît que l’effort
de faire circuler est lourd, quels que soit d’ailleurs les galons qu’on a sur les épaules: «C’est
aussi une question de modes et d’époques. La grosse comédie par exemple semblait démodée
ces dernières années, et elle revient en force. Les auteurs sont aussi tributaires de l’air du
temps.»
L’avenir nous dira si les portes restent ouvertes à Georges Naudy. Ou si, à peine entrebâillées,
elles lui claquent au nez. Reste que le «petit instit’ bordelais», comme il se décrit, aura connu
une fois au moins la chaleur des feux de la rampe. Comme le veut l’usage, le soir de la grande
première, les comédiens l’ont fait monter sur scène au salut. «D’un coup, raconte Georges
Naudy, j’ai vu tous ces visages qui semblaient heureux. Ce n’était plus de la blague. Je me suis
dit: “Mon vieux Georges, ces gens-là te font un joli cadeau…” J’ai peut-être contribué à leur
procurer un peu de bonheur. Ce n’est pas rien dans une vie.»

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L’Opposition, la souricière à la mode socialiste

CHRONIQUE - En 1980, Mitterrand reçoit Rocard rue de Bièvre pour s’accorder sur le futur candidat du parti à la présidentielle. On connaît la suite mais moins la tenue de cette rencontre qu’Éric Civanyan imagine saignante. Par Marin de Viry Philippe Magnan et Cyrille Eldin, tous... Lire plus

CHRONIQUE - En 1980, Mitterrand reçoit Rocard rue de Bièvre pour s’accorder sur le futur
candidat du parti à la présidentielle. On connaît la suite mais moins la tenue de cette rencontre
qu’Éric Civanyan imagine saignante.
Par Marin de Viry


Philippe Magnan et Cyrille Eldin, tous deux formidables dans leur incarnation de Mitterrand
et de Rocard. Pascal Victor/ArtComPress


Quelques mois avant la présidentielle de 1981, assis à son bureau de notable, rue de Bièvre, un
homme lit intensément La Mort de Socrate de Lamartine, dans une édition rare. On ne dérange
pas François Mitterrand pendant la lecture d’un poème. Quelqu’un ose toutefois déroger à la
règle. On sonne à la porte. Il continue sa lecture. On sonne à nouveau. Ayant terminé sa strophe,
il va ouvrir, de très mauvaise humeur, à Michel Rocard. On comprend qu’il a fait exprès d’être
dérangé dans sa lecture, pour mieux mobiliser sa méchanceté contre son visiteur. Il en aura
besoin pour soutenir ses autres facultés de combat, car ce n’est pas un petit rendez-vous: Rocard
et lui doivent s’accorder, s’ils le peuvent, pour décider lequel des deux se présentera à l’élection
suprême. Jacques Attali a organisé la rencontre. Cela fait partie du piège: Rocard ne pourra en
effet pas se dire que c’est Mitterrand lui-même qui avait ressenti le besoin de le voir. Quand il
ferme son livre, Mitterrand se souvient que son ambition de chaque instant est de devenir
président de la République. Et quand il se dirige vers la porte pour ouvrir à son rival, il a déjà
gagné. C’est l’autre qui attend. C’est l’autre qui passera après.
C’est le bureau de Mitterrand qui inspire la mise en scène d’Éric Civanyan. La bibliothèque est
immense et monte à des hauteurs inhabituelles: une colonne de livres semble toucher au ciel de
l’esprit. Un canapé accueille les hommes fatigués, et peut-être les femmes défaillantes. On ne
voit pas la porte, comme s’il s’agissait d’un antre, d’une grotte, du terrier de quelque animal
dangereux et solitaire. La table de travail sent son propriétaire foncier ou son notaire, représente
la province et ses profondeurs mauriaciennes. Un fauteuil à bras, très rembourré, accueille de
longues séances de lecture et d’écriture du tribun.
Nous sommes chez un bourgeois maurrassien ayant viré de bord à gauche pour prendre le cap
du pouvoir
Le plateau rempli de bouteilles d’alcool endort la méfiance, ajoute une touche de fausse
convivialité. C’est le quartier général d’un homme seul. Quiconque y pénètre devient un
étranger en situation d’infériorité, une proie potentielle. Nous sommes chez un bourgeois
maurrassien ayant viré de bord à gauche pour prendre le cap du pouvoir. Dans l’esprit du maître
des lieux, c’est Machiavel d’abord, et beaucoup plus bas, les idées de gauche. Mitterrand
concassera Rocard, le distraira, lui provoquera la berlue, le snobera, plantera des banderilles
dans sa confiance en lui-même et en son projet ; puis, quand il sera bien mort, fera semblant
d’être compatissant. Philippe Magnan incarne ce Mitterrand qui conjugue l’étrangleur ottoman,
le dispensateur de vacheries assassines de salons, le catcheur au long cours, et le bourgeois
dérangé dans ses plans: formidable!
Face à ce menteur hiératique, Rocard, incarné par Cyrille Eldin, ne démérite ni par le texte ni
par l’interprétation. Cet albatros mazouté va à la bataille avec plus d’idéal, mais moins d’envie
personnelle et beaucoup moins de préparation du terrain. Le rôle et son interprétation pourraient
toutefois insister sur la névrose, l’agitation, l’intensité des contradictions, les éruptions du
subconscient et ces accès de sincérité et de sentimentalité qui sont, pour un vieux lutteur comme
Mitterrand, autant de prises pour le mettre à terre et à mort… Les derniers vers de La Mort de
Socrate: On n’entendait autour ni plainte, ni soupir!… C’est ainsi qu’il mourut, si c’était là
mourir!
Excellente soirée que l’on doit au texte vif de Georges Naudy. On y voit se préparer quatorze
ans pour rien, et s’annoncer le culte futur d’une personnalité à triple fond : l’immobilisme,
l’ambiguïté, et l’hédonisme.

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Les avis des spectateurs sur L'OPPOSITION MITTERRAND VS ROCARD

Anonyme
Stephanie 5

La subtilité et la justesse des dialogues nous font passer un superbe moment. 1h25 d'intensité duelle et politique !

Les acteurs incarnent à merveille leurs rôles et interprètent extrêmement bien cet échange tenace.
La décoration est soignée, mais sobre, ce qui sert, de ce fait, très bien la narration, notamment avec la bibliothèque géante de Mitterand.

Entre les faits historiques et la fiction, l’auteur a su s’approprier cet entretien, faisant de Mitterand un homme d’un humour réthorique piquant, et de Rocard, un homme courageux, battant mais aussi entêté, déterminé.
L’opposition et la différence entre les deux personnages fonctionnent extrêmement bien, d’un côté l’ésotérisme de Mitterand et de l’autre le cartésianisme de Rocard.

L’écriture est une vraie réussite, le dialogue est fin, étincelant et ne nous laisse pas le temps de décrocher. Aucun temps mort...

Je conseille à tous les amateurs de théâtre d’aller sans hésiter voir cette pièce, vous nous serez pas déçus !!

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Juliette
Juliette - membre depuis 1  mois 5

Pièce subtille et actuelle sur la politique. Les dialogues sont percutants et très bien écrit. Capable d'intéresser même les moins de 26 ans

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Anonyme
Jean-Michel 3

Spectacle vu le 25/01/2020. Pièce intéressante sur une des grandes rivalités de notre vie politique du XXème siècle, très bonne performance d'acteurs sur un texte qui ne doit pas être si facile à mémoriser (Philippe Magnan en particulier est très convaincant dans l'habit de Mitterrand). L'ensemble présente toutefois quelques longueurs et peine un peu à captiver pleinement le public. Peut-être un décor plus riche et une mise en scène plus enlevée auraient pu faciliter les choses.

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