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Fin de partie 

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Théâtre Essaïon

Contemporains Comédie dramatique

De Samuel BECKETT

« Réfléchissez, réfléchissez… Vous êtes sur terre, c’est sans remède ! » Aveugle et cloué à son fauteuil, Hamm n’a d’autre jeu que tyranniser son esclave Clov. Près d’eux, ses parents n’en finissent pas d’interroger leurs souvenirs. Un univers... Lire plus
« Réfléchissez, réfléchissez… Vous êtes sur terre, c’est sans remède ! » Aveugle et cloué à son fauteuil, Hamm n’a d’autre jeu que tyranniser son esclave Clov. Près d’eux, ses parents n’en finissent pas d’interroger leurs souvenirs. Un univers lugubre où l’absurdité et la vanité de notre monde sont si éloquemment mis à nu qu’à la fin du spectacle on se sent comme exorcisé. Fermer

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Mise en scène :

Jean-Claude SACHOT
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La presse parle de Fin de partie

La presse en parle

C’est dans l‘une des salles du Théâtre Essaïon que l‘on peut ressentir au plus près la représentation. Salle intimiste, proximité... Lire plus

C’est dans l‘une des salles du Théâtre Essaïon que l‘on peut ressentir au plus près la représentation. Salle intimiste, proximité scène-salle, imprégnée des voix, clameurs, émotions de comédiens et auteurs des spectacles précédents, le public reçoit « Fin de partie » comme  un boomerang. La langue résonne étonnement.

 Un rapport de force sadique

Dès le départ, le rapport de force est planté. Hamm, (Philippe Catoire)aveugle en fauteuil roulant, placé comme au centre il l‘aime, dirige son monde tel un despote. Clov,(Jerôme Keen) démarche claudicante, vouté, à la fois homme à tout faire et fils adoptif, s’affaire en répondant aux ordres de son maître qu‘il faut gérer, porter, nettoyer, soigner et en plus, lui donner la réplique.« il y a une chose qui me dépasse, je t‘obéis toujours, tu veux m ‘expliquer ça par pitié ».

On pourrait dire qu’ils habitent une haute tour, avec des  ouvertures si perchées, qu’elles nécessitent l‘usage de l’escabeau sur lequel Clov monte et descend d’un côté puis de l‘autre et inversement, chute aussi, afin de donner des nouvelles du monde extérieur.

Qu’est-ce-qui pousse un homme à obéir sans broncher aux ordres d’un tyran, même si ce dernier est son père adoptif ?(c’est moi qui t ‘ai servi de père, ma maison de home, sans moi, pas de père, sans Hamm , pas de home). Pourquoi ne se rebelle-t-il pas ? Bien que Clov soit un peu simple d’esprit mais plein de bon sens et  Hamm use et abuse d’une attitude tantôt paternaliste, tantôt vocifératrice, cela ne suffit pas pour justifier la léthargie du jeune homme. Est-ce toujours le cas de ceux qui sont sous domination, osons le mot, sous colonisation ?Alors on peut se demander pourquoi le colonisé se déplace vers le pays du colon ?

Il y a bien un lien avec les formes d‘esclavage que les hommes au cours des siècles, reproduisent à l‘envi au delà de la couleur de la peau, du Nord au Sud, du sud au sud …. Y compris dans les familles avec les personnes plus âgées.

 

  • C’est une fin de journée comme les autres n‘est-ce-pas Clov, ? va t - en, je t ‘ai dit de t ‘en aller …
  • J’essaie , depuis ma naissance.

 Bien sûr, il y a les solitudes qui pèsent sur le dos des personnages, il y a la peur de se retrouver sans rien, sans but, sans raison de vivre, la peur de l‘inconnu même si Hamm et Clov sont étrangers l‘un à l‘autre. (C’est mon rêve, un monde où tout serait immobile et silencieux. A quoi je sers ? dit Clov).

 

Sans compter Nell(Marie Henriau) et Nag,(Gérard Cheylus)  mère et père de Hamm martyrisés, infantilisés, enterrés vivants, condamnés « à entendre l‘histoire », à vivre mi-corps visibles dans d’atroces poubelles et immondices.

 « Et toute la vie on attend que ca vous fasse une vie ».

 Mais, peu à peu au cours du spectacle, la situation va s’inverser.

Clov commence à mentir, parle de lui et dit qu‘il aimerait bien le tuer, qu‘il aimerait partir « même s’il n ‘a pas la clé du buffet », répond, riposte tandis que Hamm minaude, supplie, craque, réclame son calmant sans cesse.

- « il y a une goutte d’eau dans ma tête… »répète-t-il .J’ai mal aux jambes….Bientôt je ne pourrais plus penser ».

 Et puis il y a «  cette chose » :

  • cessons de jouer
  • jamais , mets-moi dans un cercueil 

   -  Il n ‘y a plus de cercueil

   -  Alors qu‘on en finisse » .

 La dernière image de Clov apparaît dans l‘embrasure de la porte de la cuisine, il est habillé en homme, un homme debout, tient une valise, son heure de partir a sonné. Sa vie à lui va pouvoir commencer.

 La mise en scène de Jean-Claude Sachot est remarquable de sobriété et de justesse, avec un jeu de lumières efficace, un espace gris sans relief, propice à être empli par sa créativité, une direction d’acteurs qui valorise chacun, des accessoires du quotidien, des costumes disloqués, l‘ensemble traduit comme l‘aurait sans doute souhaité Samuel Beckett lui-même, cette fin de monde annoncée qui ne plaît pas beaucoup et que nul ne veut entendre.  

 Djalila Dechache

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Jean-Claude Sachot opte pour le registre de la tragi-comédie et force est de constater que cela fonctionne bien, pour le meilleur et pour le rire. Avec une direction d’acteurs au... Lire plus

Jean-Claude Sachot opte pour le registre de la tragi-comédie et force est de constater que cela fonctionne bien, pour le meilleur et pour le rire. Avec une direction d’acteurs au cordeau et une distribution émérite, il donne à (ré)entendre Beckett – 

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Interprétation de qualité. Une mise en scène efficace, profonde et caustique à souhait, qui n'oublie pas la drôlerie de Beckett. Cette "fin de partie" en est une... Lire plus

Interprétation de qualité. Une mise en scène efficace, profonde et caustique à souhait, qui n'oublie pas la drôlerie de Beckett. Cette "fin de partie" en est une belle - le 2 mars 2013
 

Superbe texte pour une magnifique interprétation. Mise en scène poignante. - le 12 mars 2013

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L’interprétation donne ainsi à voir de son excellence tout en se mettant au service du texte, tout comme la mise en scène conjuguant habilement l’absurde, le... Lire plus

L’interprétation donne ainsi à voir de son excellence tout en se mettant au service du texte, tout comme la mise en scène conjuguant habilement l’absurde, le terrible et le burlesque

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Philippe Catoire interprète avec une belle truculence ce Hamm dictateur, pitoyable et émouvant pitoyable et émouvant. Jérôme KEEN exprime remarquablement un... Lire plus

Philippe Catoire interprète avec une belle truculence ce Hamm dictateur, pitoyable et émouvant pitoyable et émouvant. Jérôme KEEN exprime remarquablement un CLOV inquiétant, intérieur, qui s’oppose à l’extravagant HAMM . Jérôme Keen exprime remarquablement un Clov inquiétant, intérieur,  Marie Henriau, Nell et Gérard Cheylus, Nagg, comme deux vieux jumeaux dans leurs tonneaux, sont spectaculaires.

La mise en scène de Jean-Claude Sachot est juste et saisissante

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Le texte est bien mis en valeur. Le jeu fait ressortir les différents domaines – de l'intellectuel au charnel, de la fausse rivalité à la vraie pudeur –... Lire plus

Le texte est bien mis en valeur. Le jeu fait ressortir les différents domaines – de l'intellectuel au charnel, de la fausse rivalité à la vraie pudeur – vers lesquels l'auteur se tourne pour exprimer son monde et la dimension absurde, donc comique, d'icelui [...]
On se promène sans cesse entre des ambiances inattendues, philosophiques ou naturalistes. Ce cocktail a quelque chose de fort, étrange et drôle, comme la promenade dans un labyrinthe. La surprise est toujours là, intimement mêlée à des répétitions, et mène régulièrement à une vue absurde ou furtivement drôle de l'existence. 
 28 janvier 2015

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Ainsi, Philippe Catoire donne meilleur de lui-même. Il est impressionnant. Hamm devient alors un clown tragique, cabotin, qui, derrière sa cruauté, cache sa peur de... Lire plus

Ainsi, Philippe Catoire donne meilleur de lui-même. Il est impressionnant. Hamm devient alors un clown tragique, cabotin, qui, derrière sa cruauté, cache sa peur de mourir. De sa démarche claudicante, le dos tordu, portant sur lui à la fois la misère de sa condition et l’espoir de s’en sortir, Jérôme Keen, épatant, incarne un Clov désarmant. 11 février 2015

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Ce qui donne de la force au spectacle plongé dans la noirceur de l’absurde, le rend sensiblement différent des autres Fin de partie qu’on a pu voir, c’est une forme de clarté et d’énergie qui se dégage du jeu des comédiens. Il n’y a pas là le timbre atone qu’on entend souvent dans l’interprétation des textes de Beckett. 

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Le texte de Beckett est sublimé par des acteurs complètement pénétrés par cette farce tragique qui met en scène le dessein fatale de la vie [...} Du... Lire plus

Le texte de Beckett est sublimé par des acteurs complètement pénétrés par cette farce tragique qui met en scène le dessein fatale de la vie [...} Du théâtre brillant et intemporel, superbement représenté par la compagnie Toby or Not 

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Philippe Catoire  exécute le rôle de Hamm avec excellence ; beaucoup de charisme et une interprétation parfaite. Jérôme Keen porte, sous sa peau, toute la contradiction de l’être et arrive à communiquer tous les états d’âme que Beckett confie à son personnagel. Une superbe présence qui traduit les douleurs nouées et les tentatives rompues

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Ce qui donne de la force au spectacle plongé dans la noirceur de l’absurde, le rend sensiblement différent des autres Fin de partie qu’on a pu voir, c’est une... Lire plus

Ce qui donne de la force au spectacle plongé dans la noirceur de l’absurde, le rend sensiblement différent des autres Fin de partie qu’on a pu voir, c’est une forme de clarté et d’énergie qui se dégage du jeu des comédiens. Il n’y a pas là le timbre atone qu’on entend souvent dans l’interprétation des textes de Beckett. 

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Pièce d’attente & de ressassement, elle ouvre des gouffres sous les pieds des personnages (& les nôtres) Une seule solution pour le spectateur, rire les dents... Lire plus

Pièce d’attente & de ressassement, elle ouvre des gouffres sous les pieds des personnages (& les nôtres) Une seule solution pour le spectateur, rire les dents serrées, attentif au travail remarquable du metteur en scène et des acteurs car c’est une pièce d’acteurs : faute d’une continuité psychologique (et logique) habituelle, c’est à chacun d’inventer

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51 avis

Les avis des spectateurs sur Fin de partie

DANIELLE
DANIELLE - membre depuis 19  mois 5

On ne sort pas indemne de Fin de Partie, ni d'aucune pièce de Samuel Beckett. Le texte est magnifique avec parfois des envolées poétiques dans l'absurdité de ce désespoir profond. Le lieu du Théâtre Essaïon se prête remarquablement à la pièce. Sous la direction juste et précise de Jean-Claude Sachot, les comédiens sont tous formidables. C'était un bonheur de ressentir la respiration attentive d'une salle remplie, notamment par de jeunes spectateurs, dont des touristes. Beckett, l"irlandais avait choisi le français comme espace de sa liberté et il rend honneur à la France.

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