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Rencontre avec Luq Hamett, acteur, metteur en scène et directeur du Théâtre Edgar

Interview

Certains Théâtres Parisiens Associés, notamment le Théâtre Edgar dirigé par Luq Hamett qui nous a fait le plaisir de nous accorder cet entretien, étudient la faisabilité d’une ouverture estivale, très attendue par tous ! Mais tant que les mesures ne sont pas annoncées officiellement et sans savoir si elles permettront un remplissage de salle satisfaisant le suspense reste entier.

Vous êtes aujourd’hui acteur, metteur en scène et directeur du Théâtre Edgar. Quel a été votre parcours ?

Cela fait 40 ans que je fais ce métier. J’ai commencé à 16 ans, au Havre puisque je suis un provincial monté à Paris !

 

J’ai fait les premières parties de Roland Magadane au Havre avec un one man show. J’avais écrit mon premier sketch en cours de maths. Je n’étais pas très matheux, mais plutôt littéraire. Je m’ennuyais donc en cours de maths et j’avais écrit un sketch qui s’appelle « La prof de maths » où je me fichais copieusement de ma prof qui avait un cheveu sur la langue, d’ailleurs à ce niveau là ce n’était pas un cheveu mais une perruque !

 

Je suis ensuite monté à Paris et, après une audition au Point-Virgule à 20 ans, j’ai commencé à jouer mon spectacle « Moi je craque, mes parents raquent ». Le spectacle est resté à l’affiche pendant 3 ans, ça a été le démarrage de tout.

 

Je suis ensuite rentré à Récré A2, programme jeunesse pour lequel j’ai été co-animateur jusqu’en 1996 tout en continuant à faire du théâtre. En 1987,j’ai fait ma première tournée théâtrale où je remplaçais Stéphane Hillel dans « Les voisins du dessus » avec Marthe Mercadier et Pierre Doris.

 

C’était mon rêve d’enfant de faire du théâtre. Quand j’avais 10 ans je regardais l’émission « Au Théâtre ce soir » jusqu’à la mire. J’ai découvert tout un répertoire qui m’a vraiment donné envie de faire ce métier. Quand on me demandait « Qu’est-ce que tu veux faire mon petit gars plus tard ?» je répondais « Comédien de théâtre ! ».

 

Les années ont passé, j’ai fait du théâtre, de la télévision et beaucoup de doublage : je suis Marty McFly dans Retour vers le futur, je suis Mozart dans Amadeus et Brandon Walsh dans la série Beverly Hills ! J’étais d’ailleurs directeur artistique du doublage de Beverly Hills ce qui a été pour moi un préambule à la mise en scène. J’adore diriger les acteurs, c’est extrêmement intéressant et enrichissant.

 

Vous avez fait l’acquisition du Théâtre Edgar, pourquoi ce choix ?

J’ai appris en 2014 que le Théâtre d’Edgar était en vente.

Le Théâtre d’Edgar, comme le Café de la Gare, est le berceau du café-théâtre, il a ouvert en 1977 et pour m’inscrire dans la continuité j’ai conservé le nom du théâtre en supprimant juste le « d’ ».

 

A l’époque il était composé de deux petites salles: le Théâtre d’Edgar et le Café d’Edgar. Après une rénovation complète le lieu est devenu un vrai théâtre de 132 places et n’a plus rien à voir avec ce qu’il était. Ce fut un investissement de 450 000 euros et des travaux énormes, mais au bout de 5 ans nous pouvons dire que le pari est réussi.

 

Avant cet épisode terrible de la crise sanitaire notre cinquième année a été exceptionnelle avec notamment le grand succès de la pièce de Feydeau « Ciel ma belle-mère » adapté par ma femme Emmanuelle Hamet.

L’équipe de « Ciel ma belle-mère »

 

Nous étions sept sur le plateau d’un théâtre de 132 places et j’en suis très fier. Ce succès a été rendu possible grâce au Fond de Soutien du Théâtre Privé, sans l’aide duquel nous n’aurions pas pu monter le spectacle. Ce spectacle a également marqué mon retour sur scène puisque cela faisait 6 ans que je n’avais pas joué car je me consacrais pleinement à la direction de mon théâtre.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur la programmation de votre Théâtre ?

Ce qui a toujours été mon moteur en temps qu’acteur, metteur en scène et producteur c’est la comédie « dans tous ses états ».

 

Je suis très fier de faire des choses très différentes au Théâtre Edgar. J’ai par exemple fabriqué avec Jacques Pessis « le Schmilblick » à partir d’un ensemble de textes de Pierre Dac.

 

J’aime aussi proposer des comédies débridées, comme en ce moment « De quoi je me mêle ? » ou « Dîner de Famille » qui poursuit sa carrière au « Café de la gare » et qui est un grand succès, du one man show avec par exemple Jean-Yves Lafesse qui est un ami de longue date et l’année dernière j’ai proposé un Feydeau, « Ciel ma belle-mère ».

 

L’ambiance au Théâtre Edgar est très familiale, c’est un lieu d’échange et pas seulement un lieu de consommation de spectacles !

« Le Schmilblick » au Théâtre Edgar

 

Quelles seront les nouvelles pièces à découvrir lors de la réouverture ?

Si tout va bien, le théâtre Edgar va réouvrir en milieu d’été avec une pièce de Jérôme Paquatte qui s’appelle « Amant à mi-temps » et qui après avoir rencontré un énorme succès en province va faire son entrée à Paris au Théâtre Edgar.

 

Nous reprendrons « De quoi je me mêle » qui a été arrêté à cause de la crise sanitaire et j’ai choisi de continuer à proposer  « Inch’Allah chez les Bourgeois » les dimanches et lundis à partir de 20h.

« Inch’Allah chez les bourgeois » au Théâtre Edgar

 

A la rentrée je compte monter une pièce d’un des auteurs de « La troupe à Palmade » que j’aime beaucoup et qui s’appelle Jean Gardeil. Le spectacle s’appelle « Le parasite ». Il est question d’un emmerdeur en puissance : tout ce que j’aime ! C’est l’histoire d’un homme d’affaires qui s’est absenté pendant 6 mois pour son travail et qui trouve à son retour un SDF installé chez lui. Ce dernier est un homme adorable, relogé chez lui par sa fille qui en est amoureuse...

 

Avez-vous une anecdote autour du théâtre à partager ?

Oui ! Je vais vous parler de la première de « 3 hommes dans un bateau sans parler du chien » de Jérôme K.Jerôme au Théâtre Edgar avec Philippe Lelièvre, Sören Prevost et Pascal Vincent. C’était ma première production, programmée pour l’ouverture du théâtre Edgar le 28 novembre 2014.

Plus spécifiquement, la veille de la première, le 27 novembre 2014, quand toute l’équipe est venue pour la première fois car ils avaient répété dans un autre lieu. Les comédiens sont donc arrivés la veille au soir de l’ouverture au public dans un théâtre où nous étions encore en train de peindre en noir le plafond, où les sièges étaient en train d’être boulonnés et étaient recouverts de housses plastiques, avec toute l’équipe technique en train de continuer à mettre les ponts pour fixer les projecteurs.

 

Toute ma vie je reverrai le regard des trois acteurs. Il y avait ces deux pensées dans leurs regards : « Comment allons-nous faire pour jouer demain soir ? » et « Ce mec est fou, c’est un grand malade ».

 

Et moi je leur disais tout en passant un coup de balai au milieu d’une poussière épouvantable et en courant partout : « Ne vous inquiétez pas, nous allons jouer demain ! ».

 

Le lendemain ils sont arrivés à 17h pour jouer à 21h. J’avais toujours un torchon à la main et je nettoyais tout y compris les vitrines du Théâtre pour qu’elles soient rutilantes. A 21h, magie du spectacle, nous avons fait la première de la pièce et c’est un souvenir extraordinaire !

 

Vous avez proposé des spectacles en streaming pendant le confinement, qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Nous voulions garder le lien avec nos spectateurs. Nous avons beaucoup de spectateurs très fidèles au Théâtre Edgar, des gens qui viennent voir toutes nos pièces et c’était une manière d’entretenir la relation. Nous avons eu un nombre de vues et de remerciements extraordinaires !

 

Et nous sommes du coup en train de travailler sur une manière de réaliser des captations pour garder un souvenir en vidéo de l’ensemble de nos spectacles.

 

Voir « Le Schmilblick »

Voir « La croisière ça use »

 

Le mot de Luq Hamett aux spectateurs du Théâtre Edgar :

Nous avons très envie de vous revoir ! Nous allons tout faire pour que les spectateurs puissent revenir dans les meilleures conditions et nous espérons qu’ils seront au rendez-vous. Nous avons un système de renouvellement d’air très performant qui prend de l’air à l’extérieur du théâtre dans la cour et qui le rejette sur le boulevard. Nous avons maintenant la climatisation également !

 

Un grand merci à Luq Hamett pour cette interview et pour l’annonce de la programmation prévue pour la réouverture tant attendue du théâtre Edgar.

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