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CHESNAIS Patrick

Interview Patrick CHESNAIS

Rappels magazine, novembre 2010

PATRICK CHESNAIS
Avant même de le rencontrer, on a l’étrange impression de déjà connaître Patrick Chesnais. Certainement parce que son air désabusé et son humour pince-sans-rire inspirent une sympathie immédiate. Mais aussi parce que, en quarante années de carrière, il a tout joué.
Pourtant, Patrick Chesnais trouve encore le moyen de nous surprendre. Entretien.

Rappels. En prélude à votre carrière très remplie, vous avez été, dans les années 1960, l’un des plus jeunes élèves du Conservatoire d’Art Dramatique…
J’étais le benjamin du Conservatoire, oui. J’ai même eu droit à une dispense exceptionnelle pour pouvoir y entrer, parce que j’étais trop jeune! Quand j’ai été reçu, je n’avais que 17 ans alors que, à l’époque, il fallait en avoir 18 au minimum. Les premiers mois, d’un point de vue administratif, je suivais donc les cours comme simple “auditeur”. Je ne suis devenu officiellement élève du Conservatoire que le jour de mes 18 ans!...

Qu’est-ce qui vous a amené vers le théâtre aussi tôt ?
Je crois que tout m’a amené vers le théâtre. A sept ans, j’avais construit un théâtre dans ma chambre, j’écrivais des pièces que je mettais en scène avec ma cousine ou des copains. En vacances au camping avec mes parents, j’organisais des spectacles autour des feux de camps. J’avais un petit matériel de cinéma, une petite caméra avec laquelle je bricolais des petits films que j’intégrais à ces spectacles. C’était très enfantin, des trucs un peu con-con, mais je n’arrêtais pas!

Avec le recul, savez-vous d’où venait ce désir de jeu et de spectacles?
Non, pas vraiment. Je savais que ma mère voulait être actrice. Elle avait même pris des cours avec Georges Chamarat qui était un grand sociétaire de la Comédie-Française. Mais ses parents le lui avaient interdit: c’était un métier de pute, comme chacun sait. Le théâtre n’était donc pas tout à fait étranger à ma famille.
Pourtant, pendant très longtemps, j’ai voulu faire tous les métiers du monde sauf acteur! Ça me semblait totalement incongru de m’imaginer devenir acteur alors que j’habitais Rouen. Tout ça me paraissait impossible. Par contre, je voulais être explorateur, chirurgien, footballeur professionnel aussi, bien sûr, comme la plupart des acteurs d’ailleurs. J’ai été international cadet quand même! Une fois seulement, pour un match qui se jouait à Rouen justement. J’étais le régional de l’étape en quelque sorte… Mais bon, j’ai vite éprouvé mes limites de footballeur!...
Non, ce que je sais c’est que, un matin, vers 16 ans, je me suis réveillé et j’ai dit à ma mère que je voulais être acteur. Evidemment, elle n’a pas du tout pris cette sentence au sérieux. Pourtant, j’avais eu une sorte d’appel divin! C’était vraiment Jeanne d’Arc écoutant les voix de l’archange Saint-Michel lui ordonnant d’aller bouter les Anglais hors de France!
Je m’étais couché la veille avec des rêves de footballeur et je me suis levé avec la certitude de vouloir devenir comédien.

A partir de cette révélation, il vous a fallu moins de deux ans avant d’intégrer le Conservatoire: c’est une réussite insolente…
J’ai d’abord commencé par me présenter au Conservatoire de Rouen. Il fallait passer une fable de La Fontaine, mais j’avais tellement le trac que j’ai mis des semaines avant d’oser y aller. Je trouvais des excuses bidon pour me défiler. Jusqu’au jour où, la peur au ventre, j’ai présenté Les Animaux malades de la peste que j’avais évidemment répétée tout l’été et que je connaissais par cœur. Une fois sur scène, je me suis senti à l’aise, les gens riaient quand il fallait, j’ai très vite su que j’étais en train de réussir mon coup. A la fin, il y a eu un silence de mort, très long. Le prof s’est levé et a fait son speech devant les élèves: “Certains parmi vous se familiariseront avec les grands textes, certains continueront le théâtre en amateurs, quelques-uns, plus rares, feront carrière, et parfois, continuait-il, on tombe miraculeusement sur des gens qui feront une grande carrière, et Patrick Chesnais est de ceux-là”.  Autant vous dire que j’étais fier comme un “bar-tabac”! Je ne touchais plus terre. Ensuite, il a convoqué mes parents pour leur dire qu’il fallait absolument me laisser poursuivre dans cette voie. Un an après, je suis entré au Conservatoire… Le plus drôle dans tout ça, c’est que, jusque-là, j’avais toujours été un cancre terrible! Je m’étais arrêté en quatrième, je n’avais eu le certificat d’étude qu’en trichant honteusement…

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