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MOREL François

Interview François MOREL

Rappels magazine, avril 2010

Ses spectacles oscillent sans cesse entre l’absurde et le touchant, le grave et la drôlerie. Acteur et auteur de talent, François Morel multiplie les expériences avec une gourmandise réjouissante. Quand il nous parle de lui, il parle forcément de théâtre…

Quand et comment vous est venue la vocation?
Je l’ai depuis toujours, je crois. C’était d’ailleurs la scène qui me faisait envie, plus que le théâtre particulièrement. J’avais envie d’être dans le poste de télévision, dans les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier. Puis je suis allé voir des chanteurs. Je me rappelle, par exemple, Georges Moustaki. Après, je voulais devenir Georges Moustaki. Puis j’ai vu Le Bourgeois Gentilhomme avec Louis Seigner…

Et ça vous a donné envie de devenir Monsieur Jourdain?
Plutôt d’être Louis Seigner! En le regardant, j’ai compris que quand on jouait, on vivait plus. Alors j’ai commencé à jouer. Modestement. En fin d’année scolaire, j’imitais mes professeurs. C’était magique. Je pouvais me moquer et tout le monde riait. Personne ne me punissait. C’est là que je me suis rendu compte que j’adorais être sur scène. J’aimais l’idée d’avoir peur avant et de dépasser cette peur. Depuis, je cherche juste à multiplier ces moments-là.

On sait maintenant d’où vous vient le goût du jeu. Mais à quand remonte celui de l’écriture?

Je crois que j’ai commencé à écrire à l’adolescence. Des choses plutôt drôles parce que c’est ce qui me rend heureux. J’aime l’absurde de Bernard Haller ou de Jean-Claude Carrière. Dire des choses et en même temps, en comprendre d’autres. Mais surtout, être drôle. Faire rire les gens. Donc, comme je n’étais pas du tout matheux et en même temps plutôt bon en rédaction (j’allais dire en français, mais en fait, l’orthographe ce n’était pas exactement ça non plus), j’ai fait une maîtrise de lettres à Caen. Puis un peu de théâtre à l’université. C’est là que j’ai vraiment compris: il fallait que je sois sur les planches. Alors je suis parti à Paris pour intégrer l’école de la rue Blanche. On était en 1981, j’y suis resté trois ans.

Gardez-vous de bons souvenirs de ces années d’apprentissage?
Oh oui ! Pour la première fois, j’y rencontrais des gens qui avaient la même passion que moi. On a passé des mois à répéter un spectacle qui ne s’est finalement jamais monté, mais on prenait un plaisir extraordinaire. Puis il y a eu la première mise en scène de Michel Cerda. On jouait des sketchs pour les comités d’entreprise. Au même moment, Guy Bedos jouait son spectacle au Gymnase. On lui avait envoyé une lettre pour lui dire que nous ne comprenions pas que, bien qu’on ait joué devant plus de seize personnes la veille à Saint-Georges-Des-Groseillers, nous n’ayons toujours pas été invités à son spectacle. Quelques jours plus tard, sa secrétaire nous a appelés pour nous dire qu’on l’avait fait beaucoup rire et on a eu nos invitations.

Au-delà de cette superbe réussite, est-ce que ce n’était pas difficile de jouer devant si peu de monde?
Je me suis toujours pensé comme un vin de garde. Je n’ai pas un physique qui s’étiole. Alors j’étais content, j’apprenais mon métier. D’ailleurs, ça énervait mes camarades car, quand j’appelais les salles pour vendre mon spectacle, je disais que j’étais élève comédien. Ils me disaient que ce n’était pas avec ce genre d’arguments qu’on allait y arriver. Mais c’est comme ça que je me sentais.

 

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